Bilan

MassChallenge couronne ses startups et dope l'économie suisse

Lancé l'hiver dernier en Suisse, l'accélérateur MassChallenge a couronné mercredi 2 novembre ses premières startups lauréates. En quelques mois, ce programme a permis aux jeunes pousses suisses et étrangères de grandir très vite, avec un impact notable sur l'économie romande.
  • Près de neuf mois après le lancement du programme MassChallenge en Suisse, le palmarès de la première édition a été rendu public mercredi soir.

    Crédits: Image: MassChallenge
  • Treize startups ont été récompensées mercredi soir, au terme de plusieurs mois au sein de l'accélérateur basé à Renens.

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  • Pendant plusieurs mois, les jeunes entrepreneurs ont bénéficié de l'accompagnement de MassChallenge.

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  • Experts, professionnels de différents secteurs, coachs et spécialistes de haut vol se sont succédé pour prodiguer leurs conseils aux entrepreneurs.

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  • Six startups vont recevoir un soutien en capital, tandis que les autres jeunes entreprises seront accompagnées dans les mois à venir.

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  • Au-delà de l'accompagnement prodigué par MassChallenge, les entrepreneurs se félicitent des échanges avec les autres startups présentes à Renens en même temps qu'eux et des apports mutuels.

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Début d'année 2016: MassChallenge, l’un des principaux accélérateurs d’envergure mondiale, annonce son implantation en Europe continentale, et choisit la Suisse (et plus précisément Renens comme toit dévolu aux startups) pour prendre pied sur ce sol. Après Londres quelques mois plus tôt, l'accélérateur né à Boston entend accompagner au plus près les startups ici, qu'elles soient suisses ou étrangères. Quelques mois plus tard, la première édition vient de livrer son palmarès: parmi les treize startups finalistes, six vont bénéficier d'un soutien en capital, et les autres et les autres seront hébergées et accompagnées dans leur développement par des experts, des coachs, des spécialistes du réseau de la Fondation Inartis, afin de continuer à croître et développer au mieux leur potentiel. «La Suisse est un pays qui a toujours été très porté sur l'innovation et qui compte nombre de belles réussites entrepreneuriales: ce sont des critères qui nous ont guidés quand nous avons cherché un lieu pour implanter notre accélérateur pour l'Europe continentale», rappelle Diane Perlman, chief marketing officer pour MassChallenge. Près de neuf mois après, elle ne peut que se féliciter de ce choix: «Les startups qui ont déposé leur candidature, celles d'entre elles qui ont été sélectionnées, et plus encore les lauréates, présentent quasiment toutes des potentiels très élevés et un impact très fort, qu'il s'agisse d'impact économique, social, disruption technologique,…»

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Mercredi soir sur le podium, dix des treize startups récompensées étaient suisses, et quatre d'entre elles ont bénéficié d’un soutien financier: Versantis (lauréate ex-aequo avec la jeune pousse française MachIQ) a reçu 100'000 francs, tandis que SwissDecode, TwentyGreen et Xsensio (trois autres startups suisses) se sont vu attribuer chacune 50'000 francs. La sixième lauréate, Taste of Kenya, qui a également bénéficié de 50'000 francs de capital, est une jeune entreprise britannique... mais elle a prévu de se relocaliser en Suisse! Et si cela peut sembler anecdotique de voir une toute jeune société déménager vers la Suisse, c'est en réalité un signe fort: voici trois ans, HouseTrip, l'une des pépites nées en Suisse, déménageait vers le Royaume-Uni et de nombreux observateurs dénonçaient un terreau suisse trop peu favorable à l'innovation et au développement des startups. Aujourd'hui, des transferts se font dans le sens inverse: la Suisse va bénéficier de la dynamique de jeunes compagnies pour renforcer son rôle de hub de l’innovation.

Des partenaires stratégiques en Suisse

Cette relocalisation n'est pas le fruit du hasard. Si la startup va implanter ses activités en Suisse, c'est notamment grâce à ces quelques mois passés à Renens, au sein de l'accélérateur MassChallenge. Au sein de cet environnement propice, l’équipe de Taste of Kenya a notamment pu profiter du réseau pertinent, stratégique et solide. «Quand MassChallenge a choisi la Suisse, ce n'était pas pour venir ex-nihilo: l'ambition était de s'appuyer sur des partenariats solides et ayant du sens. Nous avons ainsi pu compter sur des groupes aussi solides et intéressants que Nestlé ou Bühler pour accompagner les jeunes pousses, mais aussi une dizaine d'autres entreprises qui nous ont fait bénéficier de leur savoir-faire», souligne Juliette Lemaignen, operations manager pour la Fondation Inartis, partenaire opérationnel de MassChallenge en Suisse.

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Et tout au long de ces mois de soutien, ces startups, sélectionnées sur leur impact, leur faisabilité et leur réalisation ont pu lever des fonds, nouer des partenariats, améliorer leur positionnement, peaufiner leur stratégie, recruter les talents qui leur faisaient défaut, signer des contrats, trouver des clients, acquérir des savoir-faire, déménager leurs activités,... «Quinze startups nous ont confirmé avoir levé des fonds grâce aux contacts noués via MassChallenge Suisse, dont 11 suisses et quatre étrangères. Ce qui représente un total de 12,7 millions de dollars, dont 8,4 millions pour des jeunes sociétés suisses», détaille Juliette Lemaignen.

Impact pour les startups mais pour le tissu économique suisse également: cinq startups ont déjà entamé (ou vont le faire prochainement) une relocalisation de leurs activités vers le bassin lémanique, et 47 personnes ont été recrutées par les sociétés intégrées dans cette première édition de MassChallenge Suisse. 

Transmettre une mentalité d'entrepreneurs

De plus, les entreprises suisses ont également bénéficié du programme. «Nos équipes en charge de l'innovation et de la R&D ont pu suivre les recherches menées par certaines startups du programme, nous avons découvert des potentiels, des idées, des solutions auxquelles nous n'avions pas pensé. Cette mentalité de pionnier et ce regard neuf des jeunes entrepreneurs nous apporte beaucoup, tandis que nous aussi nous leur ouvrons des fenêtres vers des activités ou des partenariats qu'ils n'auraient pas imaginé», témoigne Stefan Dobrev, directeur du Portfolio Management Corporate Innovation chez Nestlé, séduit par ce programme piloté par une organisation qui «ne mélange pas les genres par rapport à d'autres initiatives où l'organisateur est aussi un fonds d'investissement; ici les rôles sont clairs».

Autre groupe suisse impliqué dans le programme: Bühler. Ce leader international de la construction de machines pour l'industrie basé dans le canton de Saint-Gall avait devancé le choix de MassChallenge en faveur de la Suisse: «Nous avions découvert MassChallenge à Boston et ce programme nous avait réellement impressionné. Nous avions donc envoyé des équipes outre-Atlantique pour passer quelques temps au sein de l'accélérateur. Avec MassChallenge Suisse, nous avons répété l'opération en l'amplifiant. Et nous avons vu revenir des collaborateurs avec une vraie mentalité d'entrepreneurs qui ont fait souffler un vent de fraîcheur et d'innovation sur l'ensemble des équipes», assure Ian D. Roberts, CTO de Bühler.

Au lendemain de la conclusion de cette première édition, le succès est donc indéniable. Les organisateurs et leurs partenaires sont donc d'ores et déjà impatients de lancer la deuxième édition. «Nous espérons attirer encore davantage de startups (NdlR: 450 ont déposé leur candidature pour la première édition, dont 130 sélectionnées par le jury au premier tour et 71 au deuxième tour), mais aussi monter encore en qualité avec des projets ayant toujours plus d'impact, même si nous avons déjà été impressionnés par la qualité de cette première édition», confie Diane Perlman. «Nous avons aussi dans l'idée de poursuivre et prolonger l'effet MassChallenge Suisse avec la constitution d'un réseau d'alumni, pour qu'un réseau durable se mette en place et donne lieu à des échanges fructueux pour tous», annonce Juliette Lemaignen. De quoi donner encore plus d'impact à l'accélérateur, pour les startups mais aussi pour l'écosystème de l'innovation en Suisse.

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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