Bilan

Marché du fitness: la course à l’innovation

La start-up franco-suisse Auralys-Fit vient de lancer la commercialisation d’un appareil à la fois «esthétique et efficace». Elle pense pouvoir s’imposer, même si la concurrence est rude.
Abouka Moussa, fondateur d’Auralys, et le mannequin Xenia Tchoumitcheva présentent le modèle Cobra Royal. Crédits: Lionel Flusin

Les quelque 600 clubs de fitness de Suisse offrent peu ou prou les mêmes appareils de marque Technogym, Matrix, Cybex ou Precor. Chez Silhouette, l’un des leaders en Suisse, Technogym domine le parc de 2000 appareils. Alors que la plupart de ces marques appartiennent au mastodonte asiatique Johnson Health Tech (qui contrôle notamment Matrix, Vision et Horizon), un outsider gagne en puissance en Europe: l’italien Technogym, qui a réalisé des ventes de 478 millions de francs en 2011. 

Cela n’effraie pas une start-up qui entend bien se faire une place à la force du mollet: Auralys-Fit, installée à Genève l’été dernier. «Nous visons un objectif de 50 machines pour la Suisse d’ici à la mi-2014, sans tenir compte des ventes aux particuliers», indique Abouka Moussa, qui a fondé Auralys USA en 2009.

Ce passionné de sport vient de lancer en grande pompe la commercialisation de son premier modèle Cobra Royal, au cours d’une soirée de démonstration donnée au Grand Hôtel Kempinski de Genève avec comme partenaire le mannequin et businesswoman Xenia Tchoumitcheva. 

Ce patron de 34 ans s’est formé à Grenoble dans l’une des meilleures écoles d’ingénieurs de France. Après un passage chez Schneider Electric et chez Merrell France, il réalise son premier dessin industriel en 2002. Son futur prototype ne s’appelle pas encore Cobra Royal. Ce Touareg d’origine dépose trois brevets liés à des appareils de fitness et réalise en parallèle une étude de faisabilité. Il élabore et réalise un premier prototype, construit en Chine, en 2007.

Suivront deux autres prototypes, avant d’aboutir au premier modèle final. Un investissement de taille, 200 000 euros, qui a nécessité beaucoup de sacrifices et une bonne dose de patience. 

250 machines d’ici à deux ans

Abouka Moussa est convaincu de ses chances de succès: «Le marché du bien-être a progressé de 500% en huit ans. Malgré cela, il n’a guère bénéficié d’innovations durant ces quinze dernières années.» Un constat confirmé par un patron genevois de salles de fitness qui préfère garder l’anonymat. Bref, la clientèle ne demande qu’à être surprise avec des appareils encore plus efficaces, plus ergonomiques, voire plus esthétiques.

Autant de qualités que semble réunir le premier bébé aux lignes épurées de la jeune société franco-suisse.

Fabriqué en France, cet appareil fait travailler l’ensemble du corps. Il conjugue des efforts musculaires et cardiaques que l’on réalise en station debout. L’application My Auralys Cobra Royal permet de recevoir des données de clients ayant utilisé une machine Auralys n’importe où dans le monde. «Cela donne accès aux performances de la personne, mais aussi aux programmes d’exercices qu’un coach lui aurait concoctés, cela en l’espace de quelques secondes», observe son associé Mehdi Labidi.

Avant de proposer son Cobra Royal à la vente – 36 000 francs l’unité –, l’ingénieur l’a fait tester pendant une année au fitness du Grand Hôtel Kempinski de Genève. «Nous disposons d’un bureau avec deux collaboratrices à New York où nous visons la clientèle des 1700 clubs de fitness haut de gamme, sans parler de celle des Emirats arabes, de Monaco et Paris. Autrement dit, nous visons la vente de quelque 250 machines d’ici à deux ans.»

Leur ambition ne s’arrête pas là: «Nous comptons bien dominer ce marché dans les années à venir avec nos autres  brevets.» 

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

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Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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