Bilan

Lockheed Martin met au point le canon laser de Star Wars

Et si l'ère des explosifs traditionnels était révolue? La société américaine Lockheed Martin a mis au point un canon laser capable d'arrêter un véhicule sans le pulvériser ni tuer ses occupants.

Le laser développé par Lockheed Martin permet d'arrêter un véhicule sans le désintégrer totalement et sans tuer ses occupants.

Crédits: Image: Lockheed Martin

En 1977, George Lucas imagine dans Star Wars des batailles dans l'espace au moyen de vaisseaux équipés de canons laser qui peuvent au choix détruire totalement ou juste immobiliser un appareil adverse. Moins de quarante ans plus tard, la réalité pourrait rattraper la (science-)fiction: la société américaine d'armement Lockheed Martin vient de présenter un canon capable de stopper à courte et moyenne distance des véhicules sans les désintégrer ni tuer ses occupants.

Voici quelques jours, les ingénieurs américains ont organisé une démonstration des capacités de leur nouveau système ATHENA (pour Advanced Test High Energy Asset). Celui-ci associe un système de caméras perfectionnées avec un laser d'une puissance d'une trentaine de kilowatts (les pointeurs laser utilisés par des conférenciers sont doté d'une puissance de 2 milliwatts au maximum), sur un socle rotatif. Lorsque le tir est déclenché, le faisceau laser est dirigé pendant quelques courtes secondes vers le capot d'une voiture et fait fondre instantanément le métal et les pièces situées dans l'axe, soit le moteur, le rendant inutilisable et immobilisant le véhicule. Et ce à une distance de plus d'un mile (1609m).

Une photo terrestre et des vidéos navales

Aucune vidéo du tir n'a encore été diffusée publiquement mais uniquement quelques photos du capot de la voiture avec un trou béant causé par le tir laser. Certains observateurs ont témoigné de la précision et de l'efficacité du tir même à une distance respectable.

Cette efficacité, comme l'explique Lockheed Martin sur son site web, est permise par une technique baptisée «spectral beam combining» qui, comme son nom l'indique, combine un spectre de différents faisceaux lasers de longueurs d'ondes différentes mais précisément définies pour aboutir à un rayon d'une puissance ravageuse.

Si le dispositif reste actuellement au stade du prototype, il présente toutefois une évolution majeure et rapide par rapport à une variante présentée fin 2014 et qui permettait d'avoir un effet similaire sur des matériaux maléables: un canot peumatique avait été trouvé par un tir de laser, avec vidéo à l'appui de la démonstration de Lockheed Martin.

Pour des matériaux plus résistants que le PVC d'un canot pneumatique, le faisceau ne peut pas être aussi rapide que sur cette vidéo (où l'oeil humain ne peut quasiment pas détecter le tir). Mais des développements ultérieurs devraient accroître la puissance et l'efficacité de cette arme. Les ingénieurs vont aussi plancher sur sa miniaturisation progressive, car elle présente actuellement un encombrement qui interdit qu'elle vienne équiper des avions de chasse ou un drone par exemple.

Un coût infiniment moindre qu'un missile

Seuls des navires ou des unités fixes à terre pourraient actuellement être équipés de ce type d'armes. Mais elles représenteraient déjà un net avantage à ceux qui les détiendraient, en raison de leur précision et de leur puissance, comme cet autre vidéo d'une démonstration d'une série de tirs lasers embarqués tend à le prouver.

Cependant, les potentiels phénoménaux de ce type d'armes encouragent les sociétés d'armement et les états clients à poursuivre dans cette voie. Car les investissements dans la recherche pourraient être très rapidement rentabilisés: l'électricité requise pour un tir ne dépasserait pas 1$, contre 800'000$ à 1,4 million de dollars pour un missile d'interception classique, selon un rapport commandé par les services du congrès américain voici quelques mois. Aucun frais ou risque non plus avec le stockage ou le transport des munitions. Reste la question de l'alimentation en énergie et des batteries nécessaires pour actionner ce type d'armes. Mais cela devrait être compris dans l'enveloppe globale de 32 millions de dollars consacrée par l'US Navy au développement de cette arme nouvelle.

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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