Bilan

L’habitat devient de plus en plus connecté

Plusieurs startups romandes proposent des solutions technologiques liées aux logements: gérer la consommation d’électricité, piloter le chauffage, la buanderie, l’éclairage ou remplacer la gérance.

  • Plusieurs startups romandes proposent des solutions technologiques liées aux logements: gérer la consommation d’électricité, piloter le chauffage, la buanderie, l’éclairage ou remplacer la gérance.

    Crédits: Dr
  • Eeproperty, à Pully, a lancé un système de gestion automatisé des buanderies.s

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Les innovations touchent le secteur immobilier, pourtant très conservateur. Plusieurs startups proposent des solutions pour réduire la consommation d’énergie des locataires, mais aussi simplifier le travail des gérances ou celui des promoteurs immobiliers Applications mobiles, conclusion automatique du bail, communication sur le réseau électrique… les propositions romandes ne manquent pas.

Parmi elles, la société eSmart se démarque. Fondée en 2011 par Laurent Fabre et Fabrizio Lo Conte, cette entreprise vaudoise a développé des modules capables de piloter le chauffage, les stores, l’éclairage ou le vidéophone d’un logement, directement sur son smartphone, sa tablette ou un écran tactile dévolu, placé dans son habitation. Le système permet également de suivre et gérer sa consommation d’électricité en temps réel. L’entreprise lausannoise a fusionné en avril dernier avec la société zurichoise digitalStrom, qui développe aussi des systèmes de communication sur le réseau électrique pour les maisons individuelles. La nouvelle entité se nomme Aizo. «Nous devenons ainsi le leader européen de la communication sur le réseau électrique», affirme Fabrizio Lo Conte qui assure le rôle de directeur général d’Aizo. La solution d’eSmart ne nécessite aucun câblage spécifique. Le système, né en 2009 dans les laboratoires de l’EPFL, passe par le réseau électrique.

Pointant une hausse du chiffre d’affaires de 419%, le Financial Times a récemment sélectionné eSmart comme étant l’une des 1000 entreprises européennes à la croissance la plus rapide entre 2015 et 2018. Elle figure aussi parmi les lauréats du palmarès «30 Fabulous Companies of the Year 2020» regroupant les meilleures sociétés sélectionnées par le magazine américain The Silicon Review, spécialisé dans les nouvelles technologies.

Pour les locataires, quels sont les avantages de la solution développée par eSmart? «Ce contrôle a un effet immédiat sur la consommation énergétique. Les occupants d’un logement peuvent économiser près de 150 à 200 francs par mois sur leurs charges», affirme Fabrizio Lo Conte.

Du côté des régies, le système permet de réduire les coûts d’exploitation, de numériser la gestion technique ainsi que la facturation. «La connectivité simplifie la gestion des immeubles. Aujourd’hui, la plupart des locataires appellent leur régie lorsqu’ils rencontrent un problème. Avec notre solution, il suffit de le signaler sur l’application, ajoute Fabrizio Lo Conte, dont l’entreprise travaille avec UBS, CS Immobilier, Patrimonium ou Losinger Marazzi. Nous couvrons désormais près de 10% des nouveaux logements réalisés en Suisse. Notre solution est proposée dans plusieurs écoquartiers, à l’exemple de celui d’Eikenott à Gland ou dans le Greencity de Zurich.»

Désormais, Aizo Group, qui compte 80 collaborateurs, souhaite croître dans le nord de l’Europe, mais aussi en Asie. A cet effet, la société peut compter sur le soutien d’Aglaia Kong, ex-CTO (chief technical officer) de Google et Cisco, qui vient de rejoindre le conseil d’administration.

Gestion immobilière simplifiée

D’autres startups romandes proposent des innovations technologiques consacrées à l’habitat. Parmi elles, on peut citer la vaudoise Tayo, dans laquelle Romande Energie a pris une participation. Issue de l’EPFL, cette jeune société propose une plateforme de gestion immobilière qui met en relation aussi bien les propriétaires, les gérants, les locataires, les copropriétaires, les concierges que les prestataires de services (plombiers, électriciens, chauffagistes…). Elle permet de centraliser la gestion des demandes de services et de travaux ou les annonces d’incidents.

La startup Ebail à Cully (VD) a développé, pour sa part, une application de gestion immobilière qui permet aux propriétaires de se passer des services d’une gérance. Les aspects liés au contrat de bail, la gestion technique, la comptabilité ou le décompte du chauffage passent par cette application. «Nous proposons tous les services de la régie immobilière», précise Julian Bruno, fondateur d’Ebail, qui peut déjà compter sur 150 utilisateurs.

Citons encore l’exemple de Locatee à Zurich qui vient de lever 4 millions de francs. Sa technologie permet de fournir aux gestionnaires de l’immobilier d’entreprise des données sur l’utilisation des bureaux en temps réel à des fins d’optimisation: combien de personnes sont présentes, quels sont les espaces qu’elles occupent, quand et où ont lieu les pics d’utilisation, etc.

Enfin, mentionnons la startup Eeproperty, à Pully (VD). Elle a démarré ses activités en lançant un système de paiement et de gestion automatisé des buanderies d’immeubles. Près de 1000 bâtiments en Suisse sont déjà équipés par son système. Un appareil avec écran tactile fixe est installé dans la chambre à lessive. Celui-ci est relié à une plateforme accessible depuis internet qui permet de payer pour ses lessives via son compte personnel de manière instantanée ou encore de réserver sa plage horaire. La monnaie ou les cartes à recharger chez le concierge deviennent ainsi superflues. «Désormais, nous développons une solution similaire pour les bornes de recharge de véhicules électriques que l’on trouvera de plus en plus dans les garages des immeubles», s’enthousiasme Christophe Haldi, fondateur d’Eeproperty. Il vient également de signer un partenariat avec la startup genevoise E-nno qui a développé un boîtier intelligent installé dans les chaufferies des immeubles. Cette technologie permettrait de réaliser jusqu’à 30% d’économies sur les dépenses de chaleur d’un bâtiment.

Bloch Ghislaine NB
Ghislaine Bloch

Journaliste

Lui écrire

Ghislaine Bloch a découvert le monde de la vidéo et du reportage dès son adolescence. Après l'obtention d'un master à la Faculté des Hautes Etudes Commerciales de l'Université de Lausanne, elle démarre sa carrière à L'Agefi où elle effectue son stage de journaliste. Puis elle rejoint le quotidien Le Temps en 2004 où elle se spécialise dans les sujets liés aux start-up, à l'innovation, aux PME et à la technologie. Des thématiques qu'elle continue de traiter chez Bilan depuis 2019.

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