Bilan

Les vélos pliables, la solution en ville

Pour se rendre sur son lieu de travail, Sulpiz Boisseréen'emprunte jamais le même itinéraire. Il le compose à son gré grâce à son fidèle compagnon: un vélo pliable. En quelques secondes, l'engin se transforme en bagage à main et en sens inverse retrouve son aspect fonctionnel. «Je pédale jusqu'à un arrêt de bus. Si l'attente est trop longue, je poursuis ma route en deux-roues. Quand il pleut, je plie mon vélo et saute dans le bus.»Passionné de vélos pliables depuis près de vingt ans, ce quinquagénaire d'origine allemande a d'ailleurs ouvert dans le quartier genevois de Carouge Bikes2fold,une boutique spécialisée. «J'ai déjà vendu 180 Brompton, ma marque fétiche. Malheureusement, le fabricant ne m'en livre pas assez. Seules 16 000 pièces sortent de cette usine anglaise chaque année alors que la demande dépasse les 45 000 au niveau mondial.» Un engouement que constate aussi Serge Gration, responsable d'atelier au magasin Hot Point à Genève. «A nos débuts, il y a cinq ans, nous comptions 2 clients par année. Aujourd'hui, nous en vendons 2 à 3 par mois!»Un bagage qui devient vélo en quinze secondesDéjà répandu en Angleterre, le vélo pliable trouve gentiment sa place dans les villes romandes. «Les progrès techniques réalisés au fil de ces trente dernières années sur le mécanisme de pliage expliquent le regain d'intérêt pour ces modèles, estime Jvan Aeberlide Dahon Suisse, qui importe depuis quinze ans des vélos pliables de la marque américaine du même nom. Et les vélos pliants pèsent aujourd'hui de 8 à 13 kg, ce qui représente une énorme diminution de poids par rapport aux premiers prototypes.»Un facteur déterminant pour un objet destiné à suivre l'usager tout au long de sa journée. Tel un bagage, il se transporte dans un ascenseur ou dans une rampe d'escalier. «Il suffit d'une quinzaine de secondes pour le plier ou déplier dès que l'on maîtrise les trois ou quatre mouvements nécessaires, explique Sulpiz Boisserée. Refermé, le vélo se range sans problème sous un bureau. En fait, son propriétaire ne s'en sépare jamais, même sur son lieu de travail, ce qui supprime tout risque de vol et de déprédation.» Autre atout, plus surprenant: certains modèles se transforment en caddie grâce à des petites roulettes installées près du porte-bagages. Lorsque la structure est pliée, celles-ci s'appuient sur le sol et le vélo glisse aisément sur une surface lisse.Pour un usage quotidien, l'avantage principal d'un deux-roues pliable demeure la facilité à combiner les modes de déplacements: il se charge dans un coffre de voiture ou il s'embarque librement dans le bus et dans le train. Les CFF, qui constatent l'arrivée de ces engins dans leurs wagons, acceptent leur présence gratuitement. «Pour autant qu'ils soient pliés et emballés, les vélos pliables peuvent être déposés sous et entre les sièges ou sur le porte-bagages», confirme le porte-parole Jean-Louis Scherz. Les bonnes questions à se poser Parmi les nombreux Suisses romands à se rendre à vélo au travail - en deux ans le nombre de cyclistes a augmenté de 30% à Genève et de 70% à Lausanne selon les chiffres de l'association Pro Vélo - de plus en plus optent pour la version pliable.Depuis trois mois, François Ferrari, enseignant de 50 ans, délaisse régulièrement sa voiture en faveur de son pliable. «Avant et après mon trajet en train depuis Genève, je pédale, même si mon lieu de travail se situe sur les hauteurs de Morges.»D'une utilisation quotidienne à de rares occasions, les constructeurs proposent des modèles adaptés à chaque environnement. Il faut alors se poser les bonnes questions avant d'investir. «Pour un emploi régulier dans les transports publics, il est indispensable de tenir compte du volume plié et du mode de pliage, qui doit être très facile, explique Marcel Mühlestein, organisateur de balades en vélos pliables. Ces éléments ont moins d'importance si l'usager le charge dans son coffre pour l'emmener en vacances par exemple.»«Il faut cependant se méfier des objets bon marché dont le système de pliage n'est pas suffisamment fiable», conseille Sulpiz Boisserée. Un guidon ou le cadre pourraient par exemple se replier en cours de route. Le spécialiste recommande encore de se pencher sur le fonctionnement de ce type de bicyclette pour mieux le comprendre et ainsi en profiter au maximum.Plusieurs initiatives sont d'ailleurs en train de se mettre en place afin d'offrir aux intéressés la possibilité d'apprendre à s'en servir. A Genève, Swiss folding society organise déjà une à deux fois par mois des «balades pliantes» et Plusvelo propose également un accompagnement. Objectif: aider les usagers à trouver les meilleurs itinéraires en combinant transports publics, vélo et voiture si nécessaire, tout en s'essayant à différents modèles. Quant au prix, il varie considérablement en fonction des modèles. «Pour un vélo de qualité destiné à un usage quotidien en ville, il faut compter entre 750 et 2000 francs, détaille Sulpiz Boisserée. Cela dépend de la marque, des matériaux et des accessoires.» Les sportifs qui souhaitent l'utiliser en montagne pourront opter pour un modèle à 24 vitesses. Le coût avoisinera dans ce cas-là les 3000 francs. «L'investissement initial semble élevé, mais ces vélos ont une longue durée de vie. La hauteur du guidon et de la selle se règle et s'adapte aussi à la taille d'un enfant et peut ainsi se transmettre de génération en génération.»démarche fait école.

Quel modèle pour quel besoinLes constructeurs proposent des vélos pour chaque environnement.Le compact Fabriqués en Grande-Bretagne de manière artisanale, les vélos pliables Brompton sont connus sur le marché comme étant les plus compacts. Recommandés pour les déplacements quotidiens en transport public. Dès 1330 francs pour un vélo à 3 vitesses.

Le moins cherL'américain Dahon est le plus grand constructeur mondial de vélos pliables. Son point fort: des prix très attractifs et un grand choix de modèles, dont certains adaptés aux femmes. Dès 800 francs.

 

 

Le confortable Fierté de la maison allemande Riese und Muller, le Birdy séduit pour sa polyvalence. Rapide et confortable, il convient bien à la ville, aux chemins et aux longues distances. Dès 2000 francs. Le sur-mesure La marque Bike Friday propose, entre autres, le modèle Tikit qui se plie extrêmement rapidement. Bel atout: il peut être fabriqué sur mesure en fonction de la taille, de la longueur des bras et des jambes de chacun. Dès 2000 francs. Le design Elu meilleur vélo pliable par la FRC, le Strida surprend par son look design. La taille et le poids de l'utilisateur sont limités (de 153 cm à 193 cm et 110 kg). Deux modèles sont disponibles: une vitesse à 940 francs, deux vitesses à 1300 francs.

 

 

 

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."