Bilan

Les stars de la high tech promettent l'accès universel au web

Moteur de croissance en Occident et en Asie, le secteur technologique veut désormais s'attaquer aux zones mal connectées de la planète pour faire émerger les business de demain.

Offrir un accès à internet aux pays et régions du monde encore coupées du web figure dans les objectifs des géants de la technologie.

Crédits: Image: Sven Torfinn/Oxfam

Voici vingt ans, seules les grandes universités et quelques entreprises pionnières étaient connectées à internet. Deux décennies plus tard, des leaders de l'économie mondiale sont nés (Facebook, Google, Uber, Airbnb,...) ou ont grandi au point de prendre possession des premières places mondiales (Apple, Microsoft, Cisco,...).

Pourtant, de larges parties du monde restent à l'écart du web. Dans les déserts et montagnes d'Asie centrale, au coeur des forêts vierges d'Amérique du Sud et surtout dans de nombreuses régions d'Afrique, disposer d'une connexion de bonne qualité reste extrêmement compliqué voire utopique. Maintenant les populations de ces vastes secteurs à l'écart de la révolution technologique mondiale en cours.

Interrogés sur l'avenir de l'économie digitale au cours du World Economic Forum (WEF) de Davos, les dirigeants de plusieurs géants du secteur high-tech ont évoqué des projets et programmes pour étendre la couverture web à ces zones qui restent jusqu'à présent dans l'ombre au niveau numérique.

Des projets chez Google et Facebook

«Les réseaux sont les moyens d'introduire dans un pays l'information, l'éducation, la créativité, la croissance. Grâce à internet, des millions de gens qui ne pouvaient être entendus car ils ne vivent en démocratie ont une voix», affirme Eric Schmidt, chairman de Google. Celui-ci place d'abord le débat sur le plan de l'expression et des idées, avant même le business: «La technologie actuelle nous fait passer d'une ère des élites qui détiennent les clefs à une ère où chacun peut agir: grâce à internet, des millions de gens qui ne pouvaient être entendus car ils ne vivent en démocratie ont désormais une voix».

Même son de cloche chez Sheryl Sandberg, COO de Facebook: «Aujourd'hui, tout le monde peut poster et partager ce qu'il pense, crée, imagine: on donne la voix à tout le monde». Mais la directrice des opérations du plus grand réseau social au monde reconnaît que de nombreuses populations sont encore exclues de la toile. Et elle ne souhaite pas que cette fracture numérique subsiste: «Nous avons un projet chez Facebook pour fournir accès et datas dans des régions et à des gens qui en sont privés».

Initiative chez Facebook en ce sens, mais aussi chez Google qui a lancé depuis quelques mois un programme de satellites mis en orbite grâce à des ballons pour offrir une connnexion aux zones non-desservies jusqu'à présent. Un moyen qui a surpris nombre d'observateurs. Ainsi, Vittorio Colao, CEO de Vodafone, a presque eu du mal à y croire: «Quand j'ai entendu que Google allait lancer des ballons satellites pour connecter le monde, j'ai failli les appeler pour leur demander ce qu'ils avaient fumé», plaisante-t-il.

L'Afrique montre la voie

Au-delà de l'originalité du mode de mise en orbite, ce programme, comme celui de Facebook, s'inscrit dans un bouquet d'initiatives, privées et publiques, visant à raccorder au web des populations qui en sont privées. Pas de concurrence toutefois entre les différents projets, selon Eric Schmidt: «La combinaison de diverses formes d'accès à internet (câble, wireless, satellite) permettra à tous de se connecter, en tenant compte des possibilités et des entraves locales». Restera alors la question du prix des infrastructures. Car si Facebook et Google sont engagées dans une démarche philanthropique avec leurs projets, ce n'est pas le cas de tous les programmes. «La question est de savoir qui paie: il faut partager les coûts d'infrastructures pour baisser le prix final», avertit Vittorio Colao.

Mais ces nouveaux territoires semblent prometteurs. A l'image de pays en développement qui ont directement embrayé sur des technologies innovantes en zappant certaines étapes suivies en Occident. Eric Schmidt relève ainsi que «l'Afrique nous montre que le futur de la banque est sur le web et doit se penser en mobile», tout en citant les recherches menées par des sociétés basées en Occident, avec notamment «cette société suisse, Temenos, qui invente la banque de demain: ce qu'elle fait est réellement enthousiasmant». 

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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