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Les SMS reculent face aux apps de messagerie mobiles

Est-ce déjà la fin des textos? Le nombre de SMS envoyés depuis les téléphones mobiles de nombreux pays développés recule. Tandis que monte le nombre d'utilisateurs des messageries.
  • Les utilisateurs de smartphones font de plus en plus souvent appel aux messageries gratuites au lieu d'échanger des SMS.

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  • Les SMS traditionnels semblent avoir connu un pic en 2011-2012, mais subissent une érosion depuis lors.

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  • Les apps de messagerie qui ont fleuri ces dernières années constituent la principale concurrence pour les textos traditionnels.

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  • Les réseaux sociaux, qui permettent d'envoyer textes et images, vidéos et sons à un grand nombre d'interlocuteurs, ont aussi croqué une part du marché des SMS.

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Le SMS appartient-il déjà au passé? Pour Benedict Evans, analyst associé chez Andreessen Horowitz, c'est fort probable en tout cas que l'âge d'or des messages écrits proposés par les opérateurs téléphoniques soit passé, ainsi qu'il l'écrit dans un post de blog très détaillé mis en ligne ce dimanche 11 janvier.

L'expert compare les volumes émis de textos dans un certain nombre de pays développés et en développement au cours des dernières années, avec le nombre de messages envoyés par le biais de certains services et apps de messagerie en ligne comme WhatsApp.

Un pic des SMS en 2011-2012

Alors même que la startup rachetée pour 21 milliards de dollars par Facebook voici quelques mois a annoncé voici quelques jours avoir passé la barre des 700 millions d'utilisateurs mensuels, la plupart des pays voient le volume des messages échangés par voie traditionnelle se contracter. En 2013, seuls cinq pays sur les 17 pour lesquels des chiffres sont donnés ont vu le volume de SMS croître (France, Russie, Nigeria, Australie et Brésil).

Sur les cinq années écoulées, seuls trois pays ont vu le nombre de messages traditionnels baisser (Singapour, Corée, Espagne). Mais tous les marchés voient au moins un ralentissement de la hausse. Et la plupart des chiffres permettent de voir qu'un pic a été atteint en 2011 ou en 2012 (selon les pays) et que le nombre de messages a ensuite reculé.

L'aube de la décennie 2010 correspond également au boom des apps de messagerie: WhatsApp, Viber, WeChat, Kik, Line, Facebook Messenger,... mais aussi les apps de messagerie éphémère comme Snapchat ou Secret. Sans oublier que certains fabricants ont développé leurs propres systèmes de messages, comme Apple et ses iMessages, qui ne sont pas comptés dans le crédit SMS de l'utilisateur.

Les réseaux sociaux pour partager des informations

Pour Benedict Evans, le recul des SMS est aussi partiellement explicable par la montée des réseaux sociaux. Ce qui était envoyé auparavant à un destinataire peut l'être à un grand nombre de contacts, qu'il s'agisse de texte via des messages postés sur Facebook, Google+, Twitter, LinkedIn, mais aussi d'images (Instagram, Pinterest) ou de vidéos (Vine).

D'ailleurs, qui a eu à se plaindre cette année d'une saturation des réseaux le 1er janvier avec l'impossibilité d'envoyer des SMS de voeux juste après les douze coups de minuit? L'amélioration des réseaux est certes une explication. Mais la diversification des messageries explique également cette plus grande fluidité.

Benedict Evans se penche sur les comportements des utilisateurs de smartphones en Chine et y constate que les apps de messagerie qui y dominent le marché (WeChat, Kakao, Line) sont bien plus développées et utilisées que leurs homologues sur les marchés matures (Europe occidentale, Etats-Unis).

Sans prédire une disparition totale des textos, l'analyste estime que l'âge d'or des SMS est donc passé et que ce système de communication doit désormais se partager le marché des transmissions avec les messageries gratuites en ligne et les réseaux sociaux.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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