Bilan

Les prothèses se dotent du sens du toucher

Les chercheurs développent des appendices mécanisés permettant non seulement la préhension, mais aussi des sensations tactiles.
La prothèse est directement connectée au système nerveux des personnes amputées. Crédits: Scuola Superiore Sant’Anna, Prof. Carrozza and Dr. Cipriani, Dr

Toute prothèse mécanique, aussi sophistiquée soit-elle, souffrira toujours d’un défaut rédhibitoire: elle ne permet pas à son porteur de recouvrer un réel sens du toucher. Lequel est pourtant essentiel pour s’assurer que la prise d’un objet est suffisante ou pour retrouver des émotions tactiles qui font partie de la vie quotidienne.

Or des résultats cliniques prometteurs, présentés à Boston lors de la réunion en février de l’American Association for the Advancement of Science (AAAS), laissent entrevoir de nouvelles possibilités pour les personnes amputées. Les travaux sont signés par Silvestro Micera, professeur associé au Laboratoire d’ingénierie neurale translationnelle de l’EPFL et à la Scuola Superiore Sant’Anna de Pise, et par son collègue italien Paolo Rossini.

En connectant directement au système nerveux des personnes amputées une prothèse hautement perfectionnée mise au point par un consortium de chercheurs international, les scientifiques sont parvenus à établir un flux d’informations sensorielles entre la prothèse et son porteur.

«Nous sommes sur le point de fournir des solutions cliniques inédites et efficaces», soutient à demi-mot Silvestro Micera. Le scientifique n’est pour l’heure pas plus disert, préférant réserver l’effet d’annonce pour des résultats encore plus probants, avec une nouvelle génération de prothèses qui sera dévoilée d’ici à la fin de l’année.

Réhabilitation sensorielle

Pour les chercheurs, la voie est toute tracée. Au lieu de miser sur le remplacement de membres par des appareillages assurant des fonctions de base – à l’image des lames en fibre de carbone du coureur Oscar Pistorius –, les ingénieurs tentent une approche globale visant à la réhabilitation à la fois motrice et sensorielle.

Plus tôt cette année, le Centre de neuroprothèses de l’EPFL avait démontré qu’il était possible de rétablir chez des rats paralysés un contrôle volontaire et adaptatif de la marche. Les scientifiques pensent ainsi trouver une réponse satisfaisante en combinant les sciences du vivant, les neurosciences et la bio-ingénierie. 

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