Bilan

Les promesses de la nutrigénomique

Cette nouvelle science veut révolutionner alimentation, médecine et agroalimentaire. Elle passionne les géants Nestlé et Danone.
Les enjeux liés à la nutrigénomique sont au coeur des recherches effectuées au Nestlé Institute for Health Science à l’EPFL. Crédits: SALVATORE DI NOLFI/KEYSTONE

«Je mange et simultanément, je me soigne en fonction de mon génome», prophétise Walter Wahli, professeur au Centre Intégratif de Génomique de l’Université de Lausanne. Lors du BioAlps Networking Day 2013, à la fin novembre à Yverdon-les-Bains, il a présenté les enjeux lié à la nutrogénomique, une science qui étudie la relation entre nos gènes et notre alimentation. «Une forte interaction existe entre notre nutrition et nos gènes. Un ingrédient peut avoir un impact direct sur ces derniers.»

En s’appuyant sur les dernières avancées technologiques de la génétique et de la bioinformatique, la nutrigénomique a pour objectif de prévenir les maladies futures. «La nutrigénomique va révolutionner le monde de la médecine», estime Benoit Dubuis, président de l’Association BioAlps, (Association de promotion des sciences de la vie en Suisse occidentale). «Aujourd’hui, la médecine est dans une logique 100% médicamenteuse où l’on soigne le mal lorsqu’il est déjà installé. Dans le futur, l’objectif sera d’optimiser la prévention avec un apport nutritionnel personnalisé et, si besoin, un apport médicamenteux précis.»

Les dangers de l’obésité

Les orateurs se sont montrés unanimes. L’obésité progresse de façon alarmante à l’échelle planétaire avec comme conséquence une augmentation des problèmes sont associés, tels que le diabète, l’hypertension, les maladies cardiovasculaire ou encore les accidents vasculaires cérébraux. Ce phénomène serait fortement lié à la sédentarité et à la “mal-bouffe”. Notre mode de vie actuelle ne correspond plus au patrimoine génétique hérité de nos ancêtres.

«Mais une prise de conscience est entrain de s’opérer. On se dirige de plus en plus vers une alimentation santé», analyse Walter Wahli. Ces changements proviendront du travail commun “des professionnels de la santé, de l’industrie agroalimentaire et de la société en général. De grandes entreprises comme Nestlé ou Danone travaillent déjà dans cette direction».

Un marché prometteur

Si la nutrigénomique en est encore au stade expérimental, l’industrie agroalimentaire s’y intéresse de très près. Nestlé a commencé dès 2010 à réfléchir à des moyens pour prévenir l’obésité et les maladies chroniques en créant le Nestlé Institute for Health Science à l’EPFL. «Chacun est unique et possède un métabolisme spécifique qui va réagir différemment à la nourriture», explique Emmanuel Baetge, CEO de l’Institut. «Notre but est de comprendre ces différences pour développer des produits capables de prévenir des maladies du cerveau ou encore gastro-intestinales, grâce à une alimentation personnalisée».

Walter Wahli commente: «Les compagnies suivent le marché et savent leurs clients de plus en plus désireux de manger sainement.» L’industrie agro-alimentaire sait que des produits alimentaires dont les effets bénéfiques pour la santé seront prouvés vont au-delà d’un formidable succès.

Leila Ueberschlag

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