Bilan

Les podcasts francophones débarquent

Les émissions de radio en ligne ne sont plus l'apanage des stations: les maisons de production indépendantes, les sites d'info et les podcasteurs du dimanche partent à la conquête de nos oreilles.

La journaliste Lauren Bastide (Elle, Le Grand Journal) a co-fondé en 2016 le bien nommé studio “Nouvelles Écoutes” à Paris.

Crédits: DR

La révolution qui a bouleversé le paysage médiatique anglophone ces dernières années arrive dans nos contrées: lentement mais sûrement, le podcast francophone s'impose comme un nouveau format d'information et de divertissement.

De quoi s'agit-il? En 2017, le terme “podcast” ne s'applique plus aux seuls shows de radios “traditionnelles”. Il désigne également les émissions audio à streamer ou télécharger gratuitement sur des plateformes (iTunes, Soundcloud etc), produites par de nouveaux acteurs. 

Parmi les trois principaux, on trouve d'une part des studios indépendants produisant exclusivement des podcasts, de l'autre, les sites d'info et leurs nouveaux rendez-vous audio, et pour finir, les podcasteurs amateurs, qui sont au son ce que les YouTubeurs sont à la vidéo.Tous multiplient les initiatives pour se faire connaître, notamment en France, ces derniers mois.

Signe des temps qui courent: la journaliste Lauren Bastide (Elle, Le Grand Journal) a co-fondé en 2016 le bien nommé studio “Nouvelles Écoutes” à Paris. On lui doit déjà trois séries audio: l'une féministe (“La Poudre”), l'autre sportive (“Banquette”) et un documentaire en plusieurs épisodes sur l'abstention (“Parti pris”) qui débutera le 7 mai 2017. Notre consoeur Pascale Clark (France Inter, France 2) a quant à elle lancé en début d'année BoxSons.fr, un “pure player sonore”, qui propose des podcasts en ligne moyennant un abonnement de 9 euros mensuels.

L'été dernier, le pure-player Slate.fr avait déjà ouvert la voie en lançant son propre show audio, “Transfert”: des témoignages intimes d'anonymes. Chaque épisode totalise environ 30'000 écoutes: un résultat jugé encourageant. De quoi motiver les amateurs, armés de logiciels de montage: le collectif romand Podcast Suisse, créé en 2013, regroupe aujourd'hui pas moins de neuf émissions de radio à la demande, signées par des podcasteurs amateurs.

Grande liberté de ton

Plusieurs raisons expliquent ce regain d'intérêt. Grâce aux smartphones et tablettes, la radio à la demande n'a jamais été aussi simple d'accès. Les kits mains-libres nous laissent libres de nos mouvements, faisant du podcast le partenaire idéal de nos activités. Le journaliste jouit d'une grande liberté (en matière de ton, de durée ou d'angle), et l'auditeur est séduit par la variété qui lui est offerte.

Le financement de ces émissions de 20 à 60 minutes varie selon les équipes et les moyens. La plupart repose au moins en partie sur des partenariats avec des marques et sur des opérations de financement participatif en ligne.

S'il gagne du terrain, tout reste cependant à faire en matière de podcasts. En Suisse romande, l'accueil réservé au shows audios non traditionnels reste tiède, selon Ruxandra Stoicescu, animatrice du podcast amateur “Tales of the World” à Genève. “Sur notre plateforme, même les shows les plus populaires le sont surtout en France ou au Canada”, souligne-t-elle. Il y a fort à parier que cela aura changé d'ici quelques années.

Celia Heron

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