Bilan

Les lunettes augmentées se démocratisent

Les PME pionnières Laster, Lumus et Wuzix travaillent pour les militaires ou l’industrie. Les Google glass leur ouvrent le marché grand public.
Lunettes mises au point par Laster. Des images se surimposent sur les verres transparents. Crédits: Dr

Lorsqu’on demande à Thierry Penet, le directeur commercial de l’entreprise française Laster, à combien il estime sa start-up de 12 personnes, il s’exclame: «Si vous avez un milliard, on peut commencer à discuter.» Sa réponse n’est pas une boutade.

Comme Lumus en Israël et Wuzix aux Etats-Unis, cette PME vit un rêve éveillé depuis que Google a annoncé la commercialisation de lunettes qui augmentent le champ de vision avec des informations contextuelles, comme le nom des objets ou des personnes reconnues par une microcaméra et de fenêtres ouvrant sur l’océan numérique du web. 

Depuis 2005, dans le cas de Laster et Lumus et plus tôt encore dans celui de Wuzix, ces entreprises ont créé des technologies de capteurs mais aussi de projections afin de surimposer des images sur des verres transparents. Jusqu’à présent, elles avaient surtout pour clients les militaires qui équipent certaines troupes d’élite de «googles» affichant les informations des drones de reconnaissance et autres satellites.

«Certains de nos clients, comme Microsoft ou EADS, développent des applications permettant par exemple à un technicien de surimposer des informations et des menus de recherche sur l’ensemble des machines. Nos algorithmes interprètent les mouvements de sa main comme ceux d’une souris afin d’afficher un curseur. Il peut ainsi ouvrir le kit de réparation pièce par pièce d’un outil ou effectuer le montage étape par étape d’une machine qu’il ne connaît pas», ajoute Thierry Penet.

Le cloud est la limite

Dopés par les performances d’un smartphone relié par Bluetooth aux lunettes et aux capacités de calculs sans limites du cloud computing via la 3G ou la 4G, ces accessoires restent chers: environ 6000 francs. Mais les prix baissent rapidement. «D’ici à deux ans, nous serons sous les 1000 euros», prédit Thierry Penet. Laster lève des fonds pour passer à une capacité de production de 10 000 pièces.

Les échos sont les mêmes du côté de Wuzix et Lumus qui affirment être courtisés par les géants de l’électronique. Bardées de brevets, ces entreprises, qui végétaient dans une niche, ne voient pas dans Google un concurrent mais le sésame d’un gigantesque marché. 

 

Fabrice Delaye
Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Lui écrire

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

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