Bilan

Les Google Glass interdites de cinéma en Grande-Bretagne

Face aux menaces de piratage et de diffusion des films à peine sortis en salle, les cinémas anglais veulent interdire les Google Glass dans lors des diffusions de longs métrages. Google proteste et demande le même traitement que les smartphones.
  • Les Google Glass pourraient être interdites dans les salles de cinéma en Angleterre.

    Crédits: Image: Stephen Lam/AFP
  • Les Google Glass peuvent filmer jusqu'à 45mn, ce qui fait craindre aux gérants de salles de cinéma que des pirates se relaient pour pirater les films à peine sortis en salles.

    Crédits: Image: Andrew Burton/AFP
  • Les premières Google Glass ont été mises en vente voici quelques jours au Royaume-Uni.

    Crédits: Image: Chris Jackson/AFP

Verra-t-on bientôt des cinéphiles expulsés des salles obscures pour avoir porté des Google Glass? Cela pourrait être le cas au Royaume-Uni, où les exploitants de salles de cinéma ont annoncé qu'ils allaient prochainement afficher des interdictions de port des lunettes connectées à l'entrée des salles de projection.

C'est la principale association d'exploitants de salles de cinéma qui mène le combat: la Cinema Exhibitors' Association, qui réunit les neuf dixièmes des salles du pays, a fait savoir récemment qu'une mesure d'interdiction allait être prise. «Il sera demandé aux spectateurs de ne pas en porter dans les salles de cinéma, qu'un film soit en cours de projection ou non», a précisé Phil Clapp, directeur général de l'association.

90% des films piratés avec des smartphones

La crainte des gérants réside dans les risques de piratage permis par les lunettes connectées de Google: l'autonomie des Google Glass permet de filmer jusqu'à 45 minutes. En s'associant à deux ou trois, il est donc possible de capter un film diffusé en salle de manière bien plus discrète qu'avec un smartphone (plus de 90% des versions piratées des films sont réalisées avec des smartphones ou des mini-caméras). D'où cet avertissement qui sera prochainement placardé à l'entrée des cinémas du pays.

Cependant, deux semaines après le lancement de la commercialisation des Google Glass en Grande-Bretagne pour 1000£ auprès des Explorers (développeurs), cette annonce ne réjouit pas le concepteur du produit. Alors que certaines rumeurs annoncent des ventes moins importantes que prévues, selon le quotidien The Independant, Google a rapidement tenté de calmer le jeu. Il ne faudrait pas «créer des règles spécifiques aux Google Glass», affirme un porte-parole de Google qui recommande d'appliquer à cet appareil les mêmes règles que celles prévues pour les smartphones.

Un code de bonne conduite signé Google

Selon lui, il est même plus aisé de détecter un cinéphile qui enregistre un film à l'aide de ses Google Glass qu'un autre qui le ferait avec son smartphone ou une petite caméra embarquée, car une lumière s'allume sur la branche quand l'enregistrement est en cours. Ce qui n'est évidemment pas très discret dans une salle plongée dans l'obscurité. D'autant plus que, pour éviter toute distorsion de l'image captée, ces pirates s'assoient en général au centre de la salle et tous ensemble.

Google rappelle aussi qu'un code de bonne conduite est diffusé avec ses lunettes, recommandant aux utilisateurs d'éteindre les lunettes dès que cela leur est demandé. Ceci afin de ne pas passer pour un «Glasshole» (contraction de Glass et d'asshole), un néologisme qui désigne les personnes suspectées de violer l'intimité des gens qu'ils côtoient avec les lunettes connectées qu'ils portent.

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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