Bilan

Les drones livrent en Suisse faute de droits aux USA

La société américaine de drones Matternet va travailler avec La Poste et Swiss pour tester les livraisons par drones en Suisse, la législation américaine étant trop restrictive en la matière, selon la NZZ am Sonntag.
  • Andreas Raptopoulos et Matternet vont tester la livraison de colis par drones en Suisse, faute d'avoir le cadre législatif adéquat aux Etats-Unis.

    Crédits: Image: Barry J. Holmes/The Guardian
  • Matternet compte plus d'heures de vol avec ses drones que des géants comme Google, Amazon ou DHL.

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  • Dès le mois de juillet, les drones Matternet pourront livrer des colis de près d'1kg dans un rayon de 20km en Suisse.

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Les Etats-Unis, pays propice pour l'innovation et les expérimentations technologiques au coeur même de la société quotidienne? Pas dans les airs en tout cas, malgré les annonces d'Amazon quant aux livraisons par drones voici quelques mois: la société californienne Matternet vient d'annoncer que c'est en Suisse que les livraisons par drones seront expérimentées à grande échelle, via un partenariat avec La Poste et Swiss (en particulier Swiss WorldCargo), comme l'annonce son CEO Andreas Raptopoulos dans la NZZ am Sonntag ce week-end.

Dès le mois de juillet, les trois partenaires vont tester les livraisons par drones pour de petits paquets: les appareils développés par Matternet peuvent transporter des charges pesant jusqu'à 1kg sur une distance de plus de 20km. Si ces drones ont été testés avec succès dans des régions où le réseau routier est en très mauvais état (Bouthan et Haïti pour livrer des médicaments), c'est en Suisse que ces aéronefs pourraient éviter les nombreux lacets des routes de montagne ou le trafic chargé des routes urbaines et périurbaines.

Des drones dans des couloirs aériens

Créée en 2011 avec un budget de trois millions de dollars, Matternet a développé une compétence sans égal dans le domaine des drones, avec un nombre d'heures de vol pour ses appareils supérieur à ceux de géants du web, de la tech ou des livraisons comme Google, Amazon ou DHL. Et à la différence de la plupart de ses concurrents, Matternet ne fait pas voler ses drones de manière totalement autonome, mais sur des «couloirs aériens» situés entre des balises, ce qui permet de minimiser les risques de collision surtout avec les obstacles naturels (arbres, pylones, bâtiments,...).

Le choix de la Suisse, Andreas Raptopoulos ne l'a pas fait au hasard: le cadre législatif n'y est pas aussi contraignant qu'aux Etats-Unis. Là-bas, tout usage commercial des drones est actuellement proscrit. Et même la récente proposition de modification du cadre légal émise par la Federal Aviation Administration (FAA) prévoit une obligation pour les «pilotes» de drones de toujours conserver leur engin dans leur champ de vision. Seules deux exceptions ont été prévues: pour les appareils de surveillance des oléoducs et ceux qui inspecteront les voies ferrées.

Andreas Raptopoulos loue le cadre suisse

Mais Matternet ne peut envisager bénéficier d'une telle dérogation: «Nous n'avons pas la puissance financière suffisante pour orchestrer un lobbying efficace. C'est donc en Suisse, où l'OFAC a accepté les essais hors du champ de vision du pilote, que les livraisons vont débuter cet été. Ici nous pourrons prouver l'efficacité de nos services et en apporter la preuve aux autorités», assume l'entrepreneur d'origine grecque âgé de 41 ans.

«Les Suisses sont très avancés au niveau technologique et ont une recherche perpétuelle de l'excellence. Culturellement, nous sommes en phase avec cette mentalité», se réjouit le CEO, qui se dit «extrêmement excité» par la perspective des premières livraisons de paquets. Il ajoute qu'il n'aurait pu rêver de trouver un meilleur endroit au monde pour tester la technologie, son application dans la réalité et le cadre juridique qui vont entourer le mouvement.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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