Bilan

Les automates gagnent du terrain

Caisses électroniques, guichets de paiement, bornes d’enregistrement se multiplient. Mais ce marché fragmenté est lui aussi confronté à la concurrence, celle des applis pour smartphones.

Migros a posé des bornes de paiement Subito dans près de 300 filiales, dont celle de Marin. 

Crédits: Yvain Genevay

Passer commande sur une borne au restaurant, acheter des meubles et régler à une caisse électronique, enregistrer ses bagages pour un vol via une machine, choisir et acheter sa place de cinéma ou sa chambre d’hôtel via un écran tactile: autant de possibilités désormais répandues en Suisse. Si les entreprises qui offrent ces services communiquent volontiers sur leurs fonctionnalités, peu révèlent le nom des fabricants de ces automates.

Pour cerner au mieux ce marché, c’est aux sous-traitants qu’il faut s’adresser, et notamment les intégrateurs de solutions de paiement comme Six ou CCV. «C’est un marché très fragmenté qui connaît une croissance régulière depuis des années», explique Hansruedi Nef, responsable des ventes et du marketing de CCV, filiale basée à Gland (VD) d’un fabricant néerlandais de terminaux de paiement. 

Parfois, certaines solutions sont développées en interne. Migros a ainsi intégralement conçu le logiciel installé dans ses caisses Subito («self-checkout» et «self-scanning»), présentes dans près de 300 de ses filiales. La plupart du temps, les fabricants de petits automates, notamment pour le parking, sont basés en Suisse. Mais «un grand nombre de sociétés sont aussi allemandes», explique Hansruedi Nef, notamment Scheidt & Bachmann, qui conçoit entre autres les automates des CFF. L’enjeu pour ces entreprises est de réussir à intégrer les nouveaux moyens de paiement, notamment le sans-contact. «D’après moi, dans quelques années, les guichets ou bornes automatiques n’accepteront plus d’argent liquide. C’est cher à la fabrication et exige aussi des coûts de manutention.» 

«Peu probable», estime au contraire Philippe Menoud, à la tête d’IEM, PME genevoise de 30 personnes spécialisée dans la fabrication d’horodateurs. «L’argent liquide ne va pas disparaître
de sitôt, le porte-monnaie électronique Cash qui a existé depuis de nombreuses années ne l’a jamais remplacé. Par contre, le paiement mobile connaît un vrai développement.» Une analyse partagée par Six Payment Services, l’un des douze autres fournisseurs de terminaux homologués en Suisse. «Nous observons en ce moment un très fort intérêt pour le paiement mobile, et ce dans tous les secteurs», assure Julian Chan, porte-parole de l’entreprise.

IEM teste d’ailleurs une solution de parking via une application web et mobile, déployée en Suisse en septembre. «Plusieurs moyens de paiement vont coexister pendant un certain temps, mais à long terme, la société n’emploiera peut-être qu’une poignée de personnes dédiées au développement d’applications mobiles», projette Philippe Menoud. 

Remplacer les employés?

Car l’autre dimension de l’automatisation, c’est son impact sur les emplois. Parmi les entreprises qui proposent ces services, aucune n’affirme ouvertement que leur but est à terme de remplacer des postes. Coop et Migros, toutes deux équipées de caisses automatiques ou de systèmes de «self-scanning» des achats, assurent chacun que l’objectif est d’apporter une solution de paiement complémentaire dans les magasins où cela fait sens pour les clients qui le désirent et de réduire le temps de passage en caisse. Ce qui dans certains cas permet d’augmenter le chiffre d’affaires.

Enfin, l’installation de systèmes automatiques suppose souvent l’apparition de nouveaux métiers. Ainsi chez McDonald’s, dont 120 restaurants sur 165 en Suisse sont équipés de bornes, utilisées pour 10% des commandes, de nouvelles compétences sont exigées. «Nous avons clairement besoin de plus de personnel orienté service, notamment pour conseiller nos hôtes aux bornes de commande», remarque Béatrice Montserrat, de l’équipe de communication de McDonald’s Suisse. Nouveaux outils, nouveaux usages, nouveaux métiers. 

Camille Andres

JOURNALISTE

Lui écrire

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."