Bilan

Les applis séduisent les entreprises

De plus en plus de sociétés développent des applications à l’interne. Une solution flexible et accessible, qui coûte de 20 000 à 80 000 francs.
  • Joanna van der Linden, retail communication manager chez Nespresso. La marque mettra des iPad à disposition des clients dans 300 boutiques. Crédits: Olivier Evard, Stephan Engler
  • Mathieu Fouvy et Philip Baertschi, codirecteurs de l’agence Creatives à Vevey. Crédits: Olivier Evard, Stephan Engler

Avec l’arrivée de l’iPhone, puis de l’iPad, des applications en tout genre ont fleuri. Un véritable flot, à la limite de l’overdose. Les développeurs se sont fait assaillir, notamment par les départements marketing des entreprises.

Aujourd’hui, les budgets doivent être plus conséquents si l’on veut que son application sorte de l’ombre, tant le marché est saturé. Depuis peu, ce sont les applications internes – donc non distribuées via l’App Store – qui cartonnent: organisation et communication des entreprises, département des ventes ou remplacement de bornes interactives.

L’agence de communication Creatives à Vevey, qui développe des applications pour ses clients depuis 2009, confirme le phénomène. «Sur toutes les applis que l’on développe, celles destinées à l’interne des entreprises représentent environ 70%, relève le codirecteur Mathieu Fouvy. Nous sommes encore tout au début. Le potentiel est énorme. Bon nombre d’entreprises ne pensent pas à cette solution, alors que, par exemple, beaucoup de processus papier pourraient être remplacés.»

Parmi les clients de l’agence vaudoise: Nespresso. La célébrissime marque de café a lancé un projet pilote en novembre 2012 dans une boutique de San Francisco. Le concept était de mettre des iPad à disposition des clients venus boire leur café. En prenant la tablette, ils découvraient une application spécifique à la marque et accessible exclusivement dans les boutiques-bars Nespresso.

«C’est une approche ludique de l’univers de la marque, explique Joanna van der Linden, retail communication manager. Cela permet aux clients de mieux connaître nos produits, et également d’accéder à des jeux élaborés pour la marque.» Le résultat de l’essai est si concluant que, d’ici à septembre 2013, environ 300 boutiques Nespresso seront munies de ces nouveaux joujoux destinés à accompagner les clients pendant leur pause-café.

La marque ne s’arrêtera d’ailleurs pas en si bon chemin. D’après Joanna van der Linden, des projets d’applications internes sont en cours du côté des ventes ou de la communication, par exemple pour des démos en magasin ou lors d’événements. «Selon certaines études, les gens préfèrent lancer une application plutôt que d’aller sur un site web», précise Philip Baertschi, codirecteur de l’agence Creatives. 

Le CHUV s’y met aussi

Autre exemple avec de grandes marques horlogères, qui ont bien compris les avantages de ce système. Les applications internes permettent en effet d’avoir sous la main un catalogue constamment mis à jour, de zoomer sur des pièces minuscules, etc. Un outil idéal pour les points de vente.

Sans oublier, dans un autre cas de figure, les possibilités de transformer les iPad en caisses enregistreuses, pour soulager l’impatience des clients dans les files d’attente de magasins, hôtels ou fast-foods. Et, selon Mathieu Fouvy, les gérances immobilières pourraient bientôt avoir leurs applis internes avec les dossiers, les photos des appartements et tout le nécessaire pour réaliser un état des lieux en bonne et due forme.

Dans le secteur médical, les applications internes semblent également une voie royale. Le CHUV à Lausanne, dont les informations cliniques des patients sont gérées par système informatique, prévoit pour la fin de l’année la mise en place d’une interface mobile (iPhone, iPad et Android). «Cela permettra de consulter les informations cliniques de manière flexible, précise le directeur des systèmes d’information Pierre-François Regamey. C’est aussi très pratique pour le travail des médecins de garde. Mais les tablettes vont cohabiter avec les laptops actuels, et non pas les remplacer.»

Le projet est de taille, puisqu’il s’agit d’équiper de tablettes quelques centaines, voire un millier d’employés, juste après un projet pilote touchant quelques dizaines de personnes. Et d’étendre la zone wi-fi à tous les bâtiments. Dans un tel domaine, la question de la confiden-tialité se pose forcément. Si, selon Pierre-François Regamey, les utilisateurs sont particulièrement enthousiastes, l’inquiétude est perceptible du côté IT et management.

La perte ou le vol d’un appareil arrive en effet plus facilement qu’avec un ordinateur classique. «On est en train de déployer un Mobile Device Management. Cela nous permettra de contrôler toutes les machines, et, par exemple, d’effacer les données confidentielles à distance.»

Camille Destraz

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