Bilan

Les antennes suisses imprimées en 3D à l'assaut de l'espace

Et si les satellites se couvraient d'antennes suisses? Une startup de l'EPFL, Swissto12, a séduit l'Agence spatiale européenne avec ses antennes imprimées en 3D qui améliorent les transmissions.
  • Les antennes de Swissto12 imprimées en 3D en plastique et couvertes d'une couche de métal ont séduit l'Agence spatiale européenne.

    Crédits: Image: Swissto12
  • Alessandro Macor et Emile de Rijk, deux des confondateurs de Swissto12.

    Crédits: Image: DR
  • Imprimées en 3D avec des matériaux polymères, les antennes de Swissto12 sont ensuite couvertes d'une couche métallique qui leur confère des qualités permettant d'arriver à des performances similaires à celles des antennes métalliques traditionnelles.

    Crédits: Image: Swissto12

Selon les chiffres de la NASA, il y aurait actuellement plus de 3000 satellites actifs autour de la Terre, sur plus de 24'000 objets de fabrication humaine en orbite. La quasi-totalité de ces satellites a besoin de communiquer avec la Terre ou avec d'autres satellites et émet donc des signaux. Pour envoyer et capter ces ondes, des antennes équipent les satellites. Or, la plupart d'entre elles sont en métal, donc lourdes et coûteuses.

Et si une startup suisse parvenait à révolutionner ce secteur? Créée en 2011 au terme de cinq ans de recherche par Emile de Rijk (désormais CEO), Alessandro Macor et Jean-Philippe Ansermet, Swissto12 s'est spécialisée dans le développement d'antennes en plastique métallisé. Imprimées en 3D avec des polymères de haute performance, elles sont ensuite couvertes d'une couche de métal fine qui offre des performances égales aux antennes métalliques traditionnelles jusqu'à des fréquences de 110 GHz. Mais le mode de production (l'impression 3D) et les matériaux utilisés (des polymères) permet de réduire largement les coûts.

Des satellites équipés d'antennes de Swissto12

Cette solution semble avoir convaincu l'Agence spatiale européenne (ESA): avec le soutien du Swiss Space Office, l'ESA et Swissto12 ont signé récemment un contrat qui va permettre d'équiper de nombreux satellites conçus et développés par l'agence européenne avec les antennes suisses. «Ce premier pas dans le monde du spatial ouvre des perspectives majeures pour SWISSto12, et fait de nous un acteur d’un nouveau type sur le marché des télécommunications satellitaires», se réjouit Emile de Rijk, CEO de Swissto12.

Une première étape: c'est donc ainsi que le CEO voit ce contrat qui permet à la startup vaudoise de prendre pied dans un secteur au potentiel extraordinaire. En effet, l'ESA s'est lancée dans un vaste projet de déploiement d'un réseau de satellites qui permettront de renforcer la couverture en accès internet haut débit sur de larges zones de la planète, afin de permettre aux personnes en déplacement (train et voiture, mais aussi avion et bateau) de bénéficier d'une connexion de qualité optimale.

Présent au salon du Bourget

Avec des antennes jusqu'à dix fois moins lourdes que les produits concurrents en métal, Swissto12 peut légitimement nourrir de grandes ambitions dans le domaine spatial où le poids constitue une donnée cruciale. Mais la startup se développe également dans d'autres directions: ses antennes peuvent équiper des véhicules ou des appareils de la sécurité civile, de l'automobile, du ferroviaire ou de l'aéronautique. Une délégation de l'entreprise était d'ailleurs présente voici quelques jours à Paris pour le salon du Bourget, le rendez-vous phare de l'aéronautique en Europe.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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