Bilan

Les smart contracts gagnent tous les secteurs

Grâce à ces protocoles, les transactions sont tracées, transparentes et irréversibles. Ils permettent également de tokéniser des objets ou des produits immatériels.

  • Yann Isola, product manager au sein de Swissquote.

    Crédits: Dr
  • Certains chats virtuels du jeu CryptoKitties se sont vendus plusieurs centaines de milliers de dollars.

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Des jeux vidéo à l’immobilier en passant par les stablecoins, les smart contracts sont à la base de nombreuses transactions. Ils définissent le protocole par lequel l’ordinateur va exécuter les ordres et appliquer les règles établies. «On peut, par exemple, imposer qu’une autorisation supplémentaire soit nécessaire pour un montant de transaction élevé, explique Adrien Treccani, CEO de la fintech Metaco. C’est l’élément le plus innovant de la blockchain aujourd’hui. Par définition, les smart contracts sont immuables et ne peuvent donc pas être altérés. Ils permettent aussi de créer des jetons, et donc de tokéniser des objets ou des produits immatériels, notamment financiers. Cela peut être un immeuble, un tableau ou un diamant», poursuit le CEO.

Divisibles, stockables et transférables

Comme une monnaie, les tokens sont divisibles, stockables et transférables. Les exemples pullulent, notamment dans le secteur de l’immobilier. «L’investissement dans l’immobiler gagne fortement à être tokenisé. Au lieu d’acheter un appartement, on peut acheter 1/1000e de cet appartement. C’est moins onéreux à acheter et plus simple à revendre», affirme Yann Isola, product manager au sein de Swissquote. Autre exemple: les jeux, tels CryptoKitties, développé sur Ethereum qui permet aux joueurs d’acheter et d’élever des chats virtuels, ou decentraland, lui aussi basé sur la blockchain Ethereum, dans lequel les utilisateurs peuvent acheter des parcelles de terrain.

L’un des objectifs affichés est d’éduquer le public à la blockchain et aux smart contracts. Que ce soit pour des chatons ou de l’immobilier, sur des blockchains comme Tezos ou Ethereum, les cas d’utilisation des smart contracts se développent. Parmi ceux qui s’attellent à les démocratiser, Fabio Bonfiglio et son projet de DAO neuchâteloise. Les citoyens inscrits pourraient intéragir via la plateforme sans devoir dévoiler toutes leurs informations comme aujourd’hui. Fabio Bonfiglio précise: «Si on doit prouver par exemple qu’on est résident, les autorités voient notre adresse et n’ont pas accès au reste des informations personnelles.» Adrien Trecanni donne quant à lui l’exemple d’une société anonyme: «Nous pouvons dire que quiconque a un token a un droit de vote pour élire le conseil d’administration.»

La question du droit

D’un point de vue législatif, tout n’est pas si simple. La Suisse a longtemps été pionnière en matière de régulation sur le secteur de la blockchain. Après avoir analysé les textes, le professeur Christoph Müller a publié un papier intitulé «Les smart contracts en droit des obligations suisse», où il relève qu’«un programme informatique n’est ainsi pas en mesure d’intégrer des notions juridiques indéterminées, de tenir compte des vices du consentement ou encore de tous les changements futurs de circonstances». Autrement dit, le code inhérent aux blockchains peine à intégrer toutes les nuances juridiques nécessaires.

Maître Vincent Mignon, avocat spécialiste de la blockchain au sein de Leax Avocats, confirme. «Un smart contract n’est pas un contrat au sens juridique du terme et n’est pas non plus intelligent, puisqu’il ne fait qu’exécuter de manière déterministe le code qui le gouverne. Cela ne signifie toutefois pas qu’un smart contract ne peut pas permettre de nouer des relations juridiques.»

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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