Bilan

Les services: secteur miracle pour se relever de la crise ?

Digitalisation et technologie ont permis aux services de prendre l’ascenseur. Le Covid-19 a également poussé les entreprises et acteurs du monde économiques à se développer en ce sens. Le rapport Global Services Trade Revolution de Western Union Business Solutions attend une augmentation de 31% de la valeur des échanges internationaux en matière de services en 5 ans.

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La Suisse est souvent citée en tant que pays innovant. Plusieurs classements, à l’image de celui de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, saluent le terrain fertile mis à disposition des créateurs. Une étude de Western Union Business Solutions (WUBS) estime que la Suisse dépasse bien d’autres pays dans ses capacités à proposer des services innovants et technologiques.

Crédits: Western Union Business Solutions.

Beat Merkli, directeur Suisse de WUBS, explique ce classement à l’aide de plusieurs points. D’abord, la Suisse n’est ni un pays importateur ou exportateur, en comparaison avec ses voisins. La population d’environ 8,5 millions de personne ne représente pas les mêmes échanges de bien que celle d’un pays comme la France (67 millions) ou l’Allemagne (83 millions). «Nous sommes devenus un pays de services» explique le directeur. Son étude précise ce qu’elle entend par service. «Le secteur comprend une variété très riche d’activités économiques. Beaucoup n’ont que peu en commun outre le fait que les rendements principaux sont intangibles, plutôt que de véritables objets que vous pourriez tenir dans votre main. Les organisations de services sont aussi très variables en taille, des plus grandes compagnies aériennes et banques du monte à des petites et moyennes entreprises (PME) comme des coiffeurs et des restaurants.»

Un boom des services dans plusieurs domaines

Le B2B, le voyage et les transports sont les secteurs qui seront le plus touchés par ces innovations. Pour l’augmentation des services dans le B2B, les experts de WUBS évoquent l’externalisation de certaines tâches. Des entreprises délèguent les questions de financement et de logistique à des sociétés expertes. «La demande pour des services commerciaux extérieurs provient de la nécessité d’augmenter la flexibilité, d’améliorer la concentration sur le cœur de métier et de générer des économies de coûts, surtout lorsqu’il n’est pas économique ou pratique d’acquérir une expertise maison pour résoudre des problèmes spécifiques» souligne l’étude.

Pour ce qui est des voyages et transports, des plateformes comme Airbnb, Lastminute.com, Skyscanner et bien d’autres démontrent de l’intérêt des clients pour des solutions pratiques et centralisées. «Avant, vous alliez dans une agence de voyage pour prévoir votre séjour à l’étranger. Désormais vous ne réservez plus forcément à l’avance, et pouvez le faire depuis les grandes plateformes.» observe Beat Merkli. Cet exemple en est un parmi d’autres. L’étude estime que dans un avenir pas si lointain, un chiropraticien allemand pourra par exemple traiter un patient au Brésil. Les solutions de visioconférence ont démontré qu’il était possible de travailler à l’international, et des équipes du monde entier travaillent à améliorer ce type de services. Des outils comme la traduction instantanée ou des technologies comme la réalité augmentée peuvent briser les barrières qui se dressent encore entre les services de différents pays. La langue représente par exemple un obstacle de taille pour plusieurs sociétés.

La Suisse: le pourquoi du comment

La présence de grands groupes informatiques sur le territoire amène son lot d’innovation dans le secteur. Google, Microsoft, IBM développent des solutions, de même que les instituts financiers qui innovent dans la gestion des biens. La blockchain, très concentrée à Neuchâtel, Zoug ou encore Genève, représente un potentiel de choix dans le développement de services. Cela s’explique notamment par les lois autour de cet écosystème. «La législation suisse sur la blockchain a deux ans d’avance sur celle d’Allemagne» précise Beat Merkli. Autre avantage du pays au drapeau rouge et à la croix blanche: la stabilité politique. Cette dernière représente une véritable force pour des entrepreneurs qui souhaitent s’établir à un endroit.

La Suisse, pays d'excellence en matière d'innovation selon l'OMPI.

Quant aux coûts de la main d’œuvre suisse, elle n’est pas un frein dans le classement général. «Pour un travail d’une telle qualité, la Suisse n’est pas trop chère» affirme Beat Merkli. Mandater le travail informatique à des sociétés roumaines, bulgares ou même indiennes est une pratique courante pour de multiples entreprises, mais toutes les tâches ne sont pas réalisées dans ces pays-là. «Les technologies de l’information et de la communication sont très développées en Inde, mais l’innovation elle-même a plutôt lieu en Suisse» confie l’expert.

En guise d’infrastructures bénéfiques pour le développement de services, la Suisse peut compter sur un bon réseau. Le rapport de l’Organisation mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI - WIPO en anglais) le montre: les scores sont élevés dans la création de biens et de services. Le domaine du divertissement et le marché des médias (7.2.4) compte une note record.

Crédits: OMPI.

L’accès aux technologies de l’information et de la communication est lui aussi facile. Une grande partie de la population dispose d’une connexion au réseau et d’outils informatiques. La 5G est une grande inconnue pour de nombreux pays. L’étude - de Western Union Business Solutions - s’attend à un investissement global à hauteur de 900 milliards de dollars dans le monde entier, pour développer la 5G entre 2020 et 2025. Ce n’est pas pour tout de suite, et d’autres changements sont imminents. «La digitalisation des pratiques de travail est déjà en cours, combinée à un changement d’attitude envers le travail en ligne dû à la pandémie, va probablement modifier presque chaque industrie dans l’ère post-pandémie. Les entreprises reconnaissent que leur survie dépendra de la vitesse à laquelle elles adoptent ces nouvelles technologies et états d’esprits.» tranche l’étude.

Crédits: OMPI.
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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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