Bilan

Les dessous du géant Netflix

Le service de streaming a su adopter une position dominante dans le monde. La société américaine compte des millions d’abonnés et pléthore d’exclusivités dans son catalogue. Ce qui ne l’empêche pas d’être un peu bousculée.

TOU DOUM. Un son que beaucoup d'internautes reconnaissent.

Crédits: DR

Il est loin, le temps où Netflix louait des bons vieux DVDs. Aujourd’hui, le géant du streaming s’est invité dans bien des foyers. Il suscite bien des questions, tant au niveau de l’acquisition des droits que de son fonctionnement réel. Netflix dispose de différentes armes pour lutter contre ses adversaires, de plus en plus nombreux.

«Vous passez quand cette série?»

Question redondante si vous suivez un compte Netflix sur Twitter, le fameux «vous passez quand la saison 2 de telle série?». La réponse est souvent «dès qu’on le peut.» Pour améliorer son catalogue, le géant américain doit négocier les droits. Le contenu «Netflix Original» est souvent une acquisition de droits. La série ou le film en question n’est pas produit pas les équipes de la plateforme de streaming, mais cette dernière achète les droits pour la diffuser en exclusivité.

Comme le rappelle Forbes, Netflix a dépensé 13 milliards de dollars sur son contenu en 2018. «Avec 85% de nouvelles dépenses marquées pour les originaux.» estime le journal économique. Exemple concret: la série documentaire Our Planet dresse un état des lieu de la Terre. Des jungles aux océans en passant par les déserts, l’œuvre démontre les effets de la pollution et du changement climatique sur les différents écosystèmes. Pour réaliser ce documentaire, trois entités ont collaboré durant quatre ans. Netflix, bien sûr, mais aussi Silverback Films et le WWF. La liste des personnes qui ont participé au tournage est longue.

Le WWF indique sur son site que «quatre année à le réaliser, le projet révolutionnaire Our Planet a été filmé dans 50 pays à travers le monde, et dans chaque continent. Plus de 600 membres de l’équipe sont venus aider à capturer tous les magnifiques plans en utilisant les dernières technologies de caméra 4K requises pour faire de Our Planet une réalité.»

Un projet d’envergure donc, qui se chiffre en millions, même si Netflix refuse de parler du prix de ses productions. A titre de comparaison, les experts du site Untamed Science estiment le coût d’un épisode de BBC Planet Earth à 2,2 millions de dollars pour un épisode, soit environ 40’000 dollars la minute.

Pour les plus anglophones, l’un d’entre eux détaille les salaires d’une équipe.

Netflix Original

Le catalogue Netflix compte cependant bien plus que ses propres productions. Les équipes démarchent les réalisateurs pour s’octroyer des droits exclusifs. Un article du Business Insider relate les difficultés de Craig Atkinson avec le géant américain du streaming. Il y est question de lutte de pouvoir et de négociations serrées. Le journaliste raconte que Netflix a proposé une somme à six chiffres en plus d’une enveloppe de 70’000 dollars pour les potentielles retouches en post-production. Une somme qui a rendu incertain le réalisateur.

Dans un questions-réponses, Netflix s'explique. Crédits: Netflix.

Acquérir les droits représente une part importante du budget de la plateforme. Son rapport financier de 2018 montre des investissements à hauteur de 13 milliards pour le contenu.

Le rapport financier 2018 de Netflix détaille les opérations. Crédits: Netflix.

Il suffit de voir ce qui a été ajouté en février et en mars pour savoir que les enjeux sont grands. Les films du studio Ghibli, très connus pour Le Voyage de Chihiro ou encore Mon Voisin Totoro, ont fait leur entrée dans le catalogue. The Witcher, la série inspirée d’un roman - lui-même décliné en jeux vidéo très populaires - a déchaîné les passions dès sa parution en décembre.

Dans sa lettre aux actionnaires, Netflix parle d’une audience 76 millions de ménages qui ont regardé la série après quatre semaines. Les personnes qui ont fréquenté certaines sphères sur les sites Twitter ou Reddit peuvent en témoigner: difficile d’éviter l’hymne de la série «Toss a coin to your Witcher». Et ce, dans bien des langues.

Par contre, les médias l’ont bien souligné: le meilleur démarrage de l’histoire de Netflix bénéficie d’une nouvelle manière de compter l’audience. Une personne qui a regardé une série, c’est depuis quelques mois quelqu’un qui l’a cherchée et en a visionné deux minutes. Auparavant il fallait avoir regardé 70% d’un épisode pour que Netflix considère que c’était regardé.

Ce changement a drastiquement modifié l’audience globale. «Cette métrique est en moyenne 35% plus élevée que l’ancienne» précise la lettre de Netflix à ses actionnaires. Our Planet compte ainsi 45 millions de spectateurs au lieu des 33 millions comptabilisés selon l’ancienne méthode.

Proche du public, proche du cœur

Parler de l’aura de Netflix sans parler de ses community managers serait dommage. Celui qui gère le compte @netflixfr est une référence en la matière, à l’image de Yann, de Decathlon. Plusieurs médias recensent les meilleurs tweets du compte francophone. Entre questions philosophiques et informations utiles:

Twitter est la plateforme la plus en vie pour les informations, mais le compte principal se décline aussi sur Instagram. Encore une manière de rester proche de ses fans, à la recherche d'indices sur les prochaines sorties et séries.

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Mais surtout, Netflix tente d'être le garant de la culture. Non seulement à travers ses productions et acquisitions, mais aussi en envoyant les gens à l'école.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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