Bilan

Le Suisse qui a conquis le marché du jeu vidéo

«Le free-to-play doit offrir une vraie expérience», affirme le Valaisan Yannick Theler. A la tête du studio de jeux vidéo d’Ubisoft à Abu Dhabi, il connaît un succès planétaire.

CSI: Hidden Crime affiche déjà 10 millions de téléchargements. 

Crédits: Dr

En bon Suisse, le Valaisan Yannick Theler a la réussite modeste et travailleuse. A 40 ans, il dirige le studio de jeux vidéo d’Ubisoft à Abu Dhabi.

Son premier titre, CSI: Hidden Crime, a été lancé cette année sur iOS et Android. En à peine quatre mois, il affiche déjà 10 millions de téléchargements! Mais pour Yannick Theler, pas question de se reposer sur ses lauriers: «Nous devons optimiser notre jeu tous les jours, créer de nouveaux épisodes, penser à la suite et toujours sortir de notre zone de confort. Pas le temps de rêver.»

Avant le succès planétaire de son jeu, le Valaisan est littéralement parti de rien. «Quand je suis arrivé, il n’y avait que les murs! Il n’y avait même pas de plafond!» En trois ans de marathon, cet ancien hockeyeur installé au pays de l’or noir a réussi à mettre sur pied un studio qui tourne maintenant à plein régime: 40 employés de 20 nationalités différentes. «Notre jeu CSI: Hidden Secret est joué dans le monde entier. Il faut être présent vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour répondre aux questions.» 

20 milliards de chiffre d’affaires en 2017

Avant les premiers coups de crayon, l’équipe de Yannick Theler est passée par une longue phase de benchmarking pour connaître le marché. Pour un jeune studio, le choix du free-to-play est un pari gagnant.

«Le jeu vidéo est un marché mondial qui a fait 12 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2013 avec des projections pour 2017 à 20 milliards! Ni Ubisoft ni notre équipe n’avaient d’expérience dans le jeu mobile, mais j’ai pu voir en Chine que le trend du free-to-play est énorme, et c’est ce que j’ai voulu faire», explique Yannick Theler, avec un enthousiasme contagieux.

«Nous sommes donc passés par une phase de «metrics» avant de choisir un genre et un thème. Nous avons fait beaucoup de tests avant le lancement. Ubisoft a la licence CSI (Les experts, ndlr), ça a beaucoup aidé à rendre le jeu connu. C’était passionnant.»

Avant cela, Yannick Theler a fait ses gammes à Lausanne au service marketing d’Ubisoft. Un MBA en poche, il est ensuite parti à Shanghai pour diriger les RH du studio chinois, toujours chez Ubisoft. «C’est là que j’ai découvert tous les talents du jeu vidéo: des artistes, des musiciens, des programmeurs, des game designers, des concepteurs de niveaux. Toutes les pièces d’un puzzle qu’il faut rassembler et faire interagir.»

Cette riche expérience lui a permis de bâtir un studio à partir de rien au milieu du désert ou presque. «Yves Guillemot (le CEO d’Ubisoft, ndlr) avait des vues sur Abu Dhabi, car la région est en plein boom, mais pas encore totalement exploitée.»

Concernant les revenus issus de ce premier succès, il reste discret mais avoue qu’«ils ont été très bons, et on va continuer à en faire: les gens jouent plusieurs fois par semaine, une heure par jour.»

Quant à savoir si ce trend du free-to-play est une nouvelle bulle, Yannick Theler reste prudent: «Tout dépend de la manière de marketer. Il ne faut pas prendre les gens pour des vaches à lait, juste là pour payer, il faut offrir une vraie expérience. Nous considérons le free-to-play comme un service. En voulant juste générer à tout prix du revenu, sans contenu de qualité, le risque est de disparaître.»

La critique est à peine masquée à l’égard du californien Zynga, un des éditeurs phares du free-to-play sur Facebook, qui, après une explosion en bourse, cherche maintenant à vendre ses bureaux. La première victime devient maintenant une leçon pour les acteurs de ce jeune marché qui génère des milliards.

Didier Bonvin

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