Bilan

Le stéthoscope connecté Stethup remporte le Prix Start 2017

Vieux de 200 ans, le stéthoscope reste un instrument de base pour les médecins. Une équipe d'étudiants lausannois a imaginé de moderniser cet outil afin de faciliter le diagnostic. Leur projet, baptisé Stethup, vient de remporter le prix Start 2017.
  • Le projet Stehup a remporté le concours START avec son idée de stéthoscope connecté.

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  • Le stéthoscope connecté permet une auscultation cardio-pulmonaire à distance entre patient et médecin.

    Crédits: Image: Mathilde Crettaz/CSEM
  • Le président de START Nicolas Cornebise se félicite du succès de cette édition et du fait que ses équipes ont réussi à rehausser le niveau général des projets présentés.

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  • L'équipe LYF, finaliste du concours et vainqueur du prix du public, a présenté un projet de drones pour aider à secourir les victimes d'avalanches.

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  • L'équipe du shop du mobilier LSM, finaliste du concours et vainqueur du prix coup de coeur du jury, a imaginé une plateforme en ligne pour concevoir des meubles sur mesure selon les souhaits des clients, réalisés par des designers et confectionnés par des menuiseries locales, avec d'anciens chômeurs.

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C'est l'un des instruments les plus emblématiques de la médecine. Plus encore que les seringues ou le bistouri, le stéthoscope symbolise l'activité du docteur, via sa capacité à établir un diagnostic, l'ausculation cardio-pulmonaire. Or, le stéthoscope vient tout juste de fêter ses 200 ans: le 8 mars 1817, le Français René Laennec publiait la première description de cet outil qu'il avait imaginé et conçu dans les mois précédents. Progressivement amélioré au fil des décennies, l'appareil n'a cependant plus évolué depuis le début des années 1960.

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En 2017, à l'heure des consultations médicales par écrans interposés et du séquençage de l'ADN, la consultation avec auscultation cardio-pulmonaire par le médecin de famille reste un rituel incontournable requérant la présence physique dans un même lieu du patient et du praticien, dans le cabinet de ce dernier ou au domicile du premier. D'où l'idée de jeunes étudiants lausannois de proposer une solution en phase avec les avancées technologiques actuelles. Le principe? Un dispositif permettant au patient de mesurer depuis chez lui les premiers symptomes en cas d'infection des voies respiratoires (bronchite, pneumonie,...) et de disposer d'une première forme de diagnostic très rapidement.

Venir en aide aux médecins

Ses concepteurs, des étudiants de la faculté des HEC en partenariat avec un diplômé de la faculté de médecine et de sciences informatiques de l’Université de Genève, n'entendent pas remplacer le diagnostic du médecin, mais venir en aide aux praticiens, en apportant une aide aux patients, en leur évitant d'aller à la pharmacie et de dépenser des sommes inutiles avec des médicaments pas toujours adéquats sur la base d'impressions erronées. Avec Stethup, le patient peut écouter son organisme, guidé par les instructions de l'appareil. Les données collectées sont analysées et l'application web fournit ensuite des pistes permettant des choix judicieux. Le patient peut aussi s'appuyer sur les données collectées et leur analyse par Stethup pour appeler son médecin de famille et bénéficier de son analyse éclairée sans encombrer son cabinet et sa salle d'attente.

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Le concept de ce stéthoscope connecté a séduit le jury du concours START. Lors de la cérémonie finale qui s'est tenue mercredi 26 avril à Lausanne, animée par Fabrice Leclerc, entrepreneur et ancien CEO de Haagen Dazs, les jurés ont donc couronné ce projet qui a remporté les 30'000 francs mis en jeu. Deux autres projets, Broke'n'Roll et LSM, ont reçu des prix d'encouragement du jury. Le premier propose d'améliorer les béquilles pour personnes blessées avec des petites roues permettant d'accélérer la marche. Le second propose de mettre les clients souhaitant acheter un meuble en contact avec des étudiants en école de design afin d'avoir un produit sur mesure, et qui plus est réalisé par une menuiserie locale avec une démarche d'insertion pour un ancien chômeur. Enfin, LYF a séduit le public avec son projet de secourir les victimes d'avalanche avec des drones.

Au terme de ces huit mois d'organisation, les équipes de START se félicitent de ce succès. De l'avis de tous les participants et du jury, le niveau des projets présentés a été rehaussé par rapport aux années précédentes. «Le jury a été assez indécis presque jusqu'à la fin, avec des projets qui ont bien été développés tout au long du processus. Pour nous autres organisateurs qui avons assisté aux pitchs, nous avons pu voir les projets évoluer tout au long de l'année, être approfondis ou même pivoter. Et nous avons été impressionnés par le niveau final», confie Nicolas Cornebise, président de START Lausanne.

L'importance de l'impact social et environnemental

Quant au lauréat, sans révéler la teneur des débats au sein du jury, Nicolas Cornebise confie que l'impact social a été important: «On arrive à la fois à avoir un impact positif du côté du patient, en lui apportant des éléments de nature à le rassurer et à la conseiller, et à la fois un impact sur les professionnels de santé qui peuvent donc consacrer davantage de temps aux pathologies graves plutôt qu'à des affections bénignes», souligne le président.

Un président d'autant plus fier que la cérémonie a pu bénéficier de la participation et du soutien de plusieurs entrepreneurs renommés et expérimentés comme Guillaume Morand (Pump it up et Pompes Funèbres), Pascal Meyer (QoQa) ou encore Fabrice Leclerc, qui a délivré une présentation sur les impacts environnementaux et écologiques de l'innovation. Une notion de l'impact qui correspond finalement précisément à la tendance actuelle, confirmée par le palmarès 2017.

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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