Bilan

Le spin-off dont rêvent les ingénieurs suisses

Issu de l’Ecole polytechnique de Zurich, le fabricant de capteurs Sensirion s’est hissé parmi les entreprises les plus attractives pour les jeunes talents.
Felix Mayer et Moritz Lechner. Les deux co-CEO donnent leur chance à tous les talents. Crédits: Dr

«Sensirion, c’est vraiment la boîte que se disputent nos jeunes ingénieurs pour décrocher leur premier job.» Dans un pays où les opportunités ne manquent pas en raison du faible taux de chômage, cette remarque de Martin Vetterli, le nouveau directeur du Fonds national pour la recherche, ne laisse pas d’intriguer. 

Certes, créé il y a quinze ans sur la base de technologies développées dans le cadre des laboratoire de microtechnique de l’ETHZ, Sensirion est devenue une véritable petite multinationale des capteurs. On retrouve ses instruments de mesure de l’humidité ou de la température dans le dernier Samsung Galaxy ou dans Nest, le thermostat vedette de l’internet des objets.

Mais Sensirion est discrète. C’est un OEM. Elle vend ses composants à des grandes marques qui s’en servent pour accroître la valeur de leurs produits sans préciser qu’il y a du Sensirion «inside».

Dix mille candidatures pour 200 places

Malgré cette absence d’image de marque, Sensirion magnétise les talents. L’an dernier, l’entreprise a reçu 10 000 candidatures pour 200 nouveaux postes à pourvoir. Il faut dire qu’elle est en pleine croissance. L’effectif a doublé en deux ans pour atteindre 500 personnes, et les embauches se poursuivent. 

Le chiffre d’affaires de 87 millions de francs suisses l’an dernier est attendu à 140 millions pour 2013. Et la multiplication des objets connectés pour la domotique, le «wearable computing» (iWatch et autre Google Glass) ou le «quantified self» (bracelets Jawbone, balances Withings, etc.) promettent de relayer la demande des smartphones et de l’automobile pour les capteurs. 

Reste que la concurrence pour les talents des technologies de l’information est rude. Le labo de Google à Zurich emploie plus de 1000 personnes. Que fait Sensirion pour drainer les cerveaux vers son siège de Stäfa? 

A côté de la cool attitude en vigueur dans la boîte – douches et vestiaires pour les cyclistes et joggeurs du matin, boisson et nourriture gratuites, apéros du vendredi sur la terrasse du siège, distribution de glaces pour les «Sensis» à Davos – Peter Kosel, le vice-président employer branding & recruting, met en avant «la volonté des deux co-CEO Felix Mayer et Moritz Lechner de communiquer leur état d’esprit.

Ils mettent tout sur la table, avec tout le monde, toutes les deux semaines. En plus, même les derniers arrivés prennent des responsabilités dans les projets avec des clients comme Samsung», explique ce directeur des ressources humaines qui a séparé son dicastère en deux unités: une pour le recrutement et l’autre pour le développement.

Fabrice Delaye
Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Lui écrire

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

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