Bilan

Le Romand qui concurrence Pokémon Go

Avec Opticale, Soufian Mahlouly, fondateur de la start-up Furinkazan à Lausanne, a développé une alternative sophistiquée au jeu basé sur la réalité augmentée et la géolocalisation du géant Nintendo. Le trailer en exclusivité.
  • A la différence de Niantic, le spin-off de Google qui a développé Pokémon Go pour Nintendo, Soufian Mahlouly n’a pas eu un budget estimé à 30 millions de dollars mais des fonds collectés auprès de sa famille et d’amis.

    Crédits: Image: Furinkazan
  • Outre 71 monstres, le jeu Opticale comprend dix zones différentes (glace, jungle, etc.) soit autant d’écosystèmes à découvrir à partir de septembre en Suisse romande.

    Crédits: Image: Furinkazan

Quelques jours après le lancement du jeu Pokemon Go et son succès phénoménal, le magazine Rolling Stones écrivait qu’à la différence des jeux mobiles à succès qui sont systématiquement déclinés dans une myriade de copies, celui-ci avait bien peu de chance d’être reproduit rapidement à cause de sa complexité technique. C’est faux ! Un concurrent de Pokémon Go associant chasse aux monstres en réalité augmentée et course d’orientation géolocalisée via les smartphones sortira dès septembre. Qui plus est ce jeu vient de Suisse. Il s’appelle Opticale. Et il vient de dévoiler son trailer.

Un univers profond

Derrière cette initiative on retrouve un jeune entrepreneur vaudois, Soufian Mahlouly, qui en a eu l’idée en 2009 déjà. «Je me suis demandé s’il existait des mondes parallèles aux nôtres.» Vieille interrogation que l’on retrouve de Platon aux Chroniques de Narnia, mais qui chez ce jeune homme (29 ans aujourd’hui) va s’incarner dans les dernières technologies de réalité virtuelle. Après un passage par une agence de communication à Paris, il démissionne il y a deux ans de son poste dans le marketing digital d’un groupe hôtelier suisse et fonde le studio Furinkazan pour se consacrer entièrement au développement d’Opticale.

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A la différence de Niantic, le spin-off de Google qui a développé le jeu pour Nintendo, Soufian Mahlouly n’a pas eu un budget estimé à 30 millions de dollars mais des fonds collectés auprès de sa famille et d’amis. Il a aussi le désavantage de ne pas avoir dès le départ une franchise puissante comme celle créée en 1995 par Satoshi Tajiri. «Nous compensons cela par la profondeur de l’univers parallèle que nous avons créé », explique-t-il.

Un business model prometteur

Baptisé Atlas cet univers parallèle est, en effet, très complet. Outre 71 monstres à ce jour, il comprend dix zones différentes (glace, jungle, etc.) soit autant d’écosystèmes à découvrir à partir de septembre en Suisse romande – en trouvant par exemple le monstre du Léman Grifftilon - et progressivement dans le reste du monde. Très scénarisé, Opticale est partie de l’idée que son univers parallèle découvert par des scientifiques et accessibles par la magie du smartphone a bien quelques fondements puisque les monstres qui le peuplent – dragons, yéti-big foot, etc. – se retrouvent dans différentes cultures.

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Avec l’aide d’une équipe d’une trentaine de personnes fonctionnant par mandat et de son principal développeur, Philémon Favrod, recruté depuis par Microsoft, Soufian Mahlouly a aussi mis au point un système de points d’expériences (d’explorateurs) et d’objets que les joueurs acquièrent au fur et à mesure de leurs découvertes. Mais ils peuvent aussi les acheter pour accélérer leur découverte des monstres (pay per win). Pour le reste le jeu sera gratuit.

Cependant, « il y a d’autres pistes possibles pour monétiser de tels jeux, relève Ryan Wang fondateur de la plateforme de streaming de contenu en réalité virtuelle Vipr Interactive et  capital-risqueur chez CLI Ventures où il s’apprête à lancer le premier fonds dédiés exclusivement à la réalité virtuelle et augmentée. « La géolocalisation offre en particulier un énorme potentiel aux marques. Par exemple un site touristique, un hôtel ou un centre commercial pourrait parfaitement sponsoriser la présence d’un monstre sur leur site afin d’y attirer des visiteurs. » Vu les rushs frénétiques que l’on voit quand est géolocalisé un Pokémon cela ressemble en effet à un bon moyen d’attirer des hordes de consommateurs.

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Fabrice Delaye
Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Lui écrire

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

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