Bilan

Le recyclage, une mine d'or pour Apple

En recyclant ses iPhone, Apple n'agit pas seulement en faveur de l'environnement. La firme de Cupertino a déjà récolté plus de 40 millions de dollars grâce à la récupération des métaux précieux.
  • En recyclant ses appareils, Apple récupère les métaux rares qui sont utilisés pour les fabriquer et notamment l'or.

    Crédits: Image: AFP
  • Lors de la dernière keynote, Lisa Jackson, responsable des politiques environnementales chez Apple, a détaillé les processus de recyclage des appareils.

    Crédits: Image: DR

Il y aurait actuellement sur Terre près de huit milliards de smartphones pour plus de six milliards d'utilisateurs réguliers ou occasionnels. Or, la plupart de ces appareils sont hors service, seuls trois à quatre milliards d'appareils étant en usage, comme le constate le Mobility Report d'Ericsson fin 2015. Les autres sont des anciens téléphones mobiles relégués dans des tiroirs, des armoires ou dans des déchetteries.

Lire aussi: Le smartphone dépasse l'ordinateur pour surfer sur le web

Or, ces appareils, mais aussi les tablettes, les ordinateurs et tous les objets connectés sont composés de plastiques et PVC, de verre voire de cristal de saphir, mais aussi de métaux. Et notamment de métaux rares et précieux. Si la récupération des matériaux courants s'avère parfois plus coûteuse que leur valorisation ultérieure, il n'en va pas de même des terres rares. Extraction coûteuse, impact environnemental et (par ricochet) sanitaire, transports sur grandes distances,... la récupération des métaux rares et précieux dans les anciens appareils évite aux fabricants de nombreuses contraintes.

34 milligrammes d'or par iPhone

Ainsi, parmi les composants les plus emblématiques des smartphones figure l'or. Excellent conducteur et épargné par la corrosion, le métal jaune est notamment présent sur les circuits imprimés. Ainsi, chez Apple, chaque iPhone, iPad ou Mac contiendrait en moyenne 34 milligrammes d'or. Une quantité infime pour chaque appareil, mais une fortune à l'échelle de l'ensemble des centaines de milliers d'appareils siglés d'une pomme et abandonnés chaque année par des utilisateurs. L'once d'or fin (28 grammes) se négocie actuellement à plus de 1200$ à Wall Street.

Voici quelques mois, Apple a mis sur pied un nouveau programme de récupération et recyclage de ses smartphones. Un robot baptisé Liam démonte en un temps record les appareils et distribue les pièces et les composants pour les valoriser. Ce processus intégralement automatisé permet de décomposer un iPhone en quelques secondes. Une vaste palette d'actions a été mise en place dans le cadre du programme Apple Renew.

Si ces efforts pour trier et recycler de la manière la plus efficiente possible les smartphones, tablettes et autres appareils sont présentés comme une volonté écocitoyenne de la marque à la pomme pour préserver l'environnement, les avantages sont évidemment également conséquents sur le plan économique. Certes, Greenpeace a placé la firme fondée par Steve Jobs à la première place du classement Clicking Clean 2015, pour les entreprises de la tech les plus vertueuses sur le plan environnemental. Mais le gain financier est colossal.

Lire aussi: UBS investit dans le tri et le recyclage

Dans son dernier Environmental Responsibility Report, Apple a révélé avoir collecté 2204lbs d'or, soit 999,7kg d'or en 2015. Au prix du marché, cela revient à plus de 40 millions de dollars. Une somme impressionnante. Mais qu'il convient d'ajouter à l'ensemble des autres métaux précieux et terres rares récupérés par le processus de recyclage: 2999kg d'argent, 85'975kg de cobalt, 1'339'360kg de cuivre, 17'944kg de nickel,... de quoi diminuer les achats d'autant sur le marché. Et augmenter d'autant les profits de la société.

 

 

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

Du même auteur:

Offshore, Consortium, paradis fiscal: des clefs pour comprendre
RUAG vend sa division Mechanical Engineering

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

"Tout ce qui compte.
Pour vous."