Bilan

Le premier espace de bio-hacking de Suisse ouvre à Lausanne

Le nouvel espace de co-working baptisé g-60 fait la part belle aux projets créatifs qui détournent les technologies du vivant. Plein d'idées passionnantes. C'est par ici.
  • Le lounge du g-60 s'inspire de l'Anticafé à Paris, un bistro où l'on paye au temps passé et pas pour les consommations qui sont à volonté.

  • L'artiste bio-hacker Lia Giraud cultive des algues dans des boites de petri pour réaliser des images.


  • g-60, un nouvel espace de co-working à Lausanne mets les sciences du vivant à la portée des créatifs.

Les recherches en biologie ne se pratiquent plus uniquement dans le cadre universitaire ou dans celui des entreprises pharmaceutiques. Comparable au mouvement des hackers dans l’informatique, le bio-hacking fait émerger des innovations ou des œuvres d’art à partir du vivant en réinventant ou en détournant les biotechnologies et leurs outils.

Parti des Etats-Unis avec l’ouverture d’espaces dédiés comme Biocurious dans la Silicon Valley puis relayé en Europe par des lieux comme La Paillasse à Paris ou le Biogarage à Munich, cette «do it yourself biology » n’avait pas de lieu véritablement consacré en Suisse. Même si L’Eprouvette, le laboratoire public de l’UNIL ou la plateforme web Hackteria et quelques travaux en marge des FabLab allaient dans cette direction.

Un rejeton du mouvement des «makers»

L’ouverture de g-60 le 17 mars prochain dans un garage de 650 mètres carré au 60 de la rue de Genève à Lausanne va donc permettre à la communauté émergente des bio-hackers suisses de s’ancrer dans un lieu équipé de matériel récupéré auprès des nombreux laboratoires de la région. «L’idée est de rendre accessible ces techniques à des artistes, des designers et des créatifs en les faisant collaborer avec des chercheurs en biologie dans des projets que leurs institutions d’origine ne financeraient pas ou jugeraient trop éloignés de leurs vocations de base», explique Yann Heurtaux, un consultant en dynamique communautaire qui porte ce projet avec Luc Henry, un chercheur de l’EPFL. L’encre conducteur (biologique et non chimique) développé par La Paillasse ou bien encore l’utilisation d’algues pour capturer des images photographiques développée par l’artiste Lia Giraud () donne une assez bonne idée du genre de projets qui pourraient sortir de telles collaborations.

Le nouvel espace lausannois accueillera aussi des projets hors biologie ainsi qu’un lounge sur le modèle de l’Anticafé - un bistro  où l’on paye pour le temps passé et pas pour ce que l’on y consomme à volonté. Il s’inscrit dans une dynamique qui voit actuellement se multiplier les espaces de travail collaboratifs en Suisse romande. Dans la foulée des Fablab de Neuchâtel, Fribourg et Genève ou de La Muse et de L’Eclau, deux espaces de ce type viennent ainsi d’ouvrir dans la région lausannoise : Numero 3 et le FabLab Chene 20 . Un troisième est en préparation sur la Côte.

Cohérent avec le développement de la classe créative en Suisse romande et donc de la demande, ces «tiers lieux » fonctionnent plus en réseau qu’ils ne se font concurrence. G60 ne dispose cependant que de onze mois avant la démolition prévue de son immeuble pour démontrer que la rencontre de la culture des «makers » avec les nombreux talents des sciences du vivant de l’arc lémanique est aussi fructueuse qu’espérée. 

Fabrice Delaye
Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Lui écrire

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

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