Bilan

Le monde devient un écran large

Un secteur émergent de l'image qui prépare une vaste offensive de séduction envers les consommateurs pour la seconde moitié de cette année. On trouve deux bons exemples européens de ce qui se trame avec la société britanniqueLight Blue Opticset Lemoptixen Suisse romande.Projecteurs miniaturisésComme d'autres concurrents en Asie et aux Etats-Unis, ces deux start-up s'apprêtent à commercialiser des dispositifs miniaturisés capables de projeter des images en haute définition et en grand format. Pour y parvenir, toutes deux utilisent le laser, une source lumineuse devenue bon marché après la chute des prix.Premier avantage, le laser ne nécessite pas de focale. L'image est nette à toute distance et sans réglage. Second avantage, il permet de miniaturiser à l'extrême le projecteur et donc de l'embarquer dans d'autres objets comme le tableau de bord d'une voiture pour projeter des images dans le coin du pare-brise afin d'«augmenter» le nombre d'informations utiles à un voyage ou encore dans un téléphone portable pour projeter sur un mur des séquences reprises sur Internet.La vraie révolution ne réside cependant pas dans cette technologie mais dans son usage. Le système développé par LighTouch de Light Blue Optics n'est ainsi pas seulement connecté par wi-fi ou Bluetooth à Internet, mais elle est interactive grâce à une trame infrarouge invisible qui est projetée en même temps que l'image. Les ruptures de cette trame avec les doigts sont interprétées comme autant de commandes. En d'autres termes, LightTouch projette un écran mais aussi un clavier virtuel luminescent pour écrire un courriel ou surfer sur le Web.La miniaturisation extrême et l'embarquement du projecteur dans un téléphone mobile réalisé par Lemoptix laissent aussi entrevoir de nouvelles applications. On peut par exemple ajouter sur la réalité visible une couche d'informations projetées, soit en transparence, soit comme des fenêtres.De la science-fiction au concretSixième Sens, un projet du Medialab au MIT, en donne une idée futuriste. Un téléphone, caméra ouverte en permanence, reconnaît (grâce aussi à son GPS et à son compas) non seulement le lieu où il se trouve mais les objets que rencontre son utilisateur. Quand ce dernier touche l'un de ces objets, le projecteur affiche une fenêtre avec des menus et des hyperliens vers toutes sortes d'informations complémentaires.En associant interactivité et miniaturisation, nous allons donc pouvoir manipuler des objets informatiques projetés sur un mur, une table ou ailleurs. On ne parle pas là de science-fiction à la Minority Report mais déjà de priorités, un brin secrètes, pour les laboratoires de recherche des Nokia, Motorola et Apple.

LE BILANOMETER Des sites utiles pour creuser le sujet www.worksnug.com Une application de réalité augmentée directement utilisable pour tous les «road warriors».www.pranavmistry.com/projects/sixthsense Le site du projet Sixième Sens au Medialab.www.space3dsolutions.ch Le leader du genre en Suisse romande.

Tech SUPPORTQuestions à Tamara Roukaerts, directrice de la communication de Light Blue OpticsQ Les images projetées par vos picoprojecteurs interactifs sont-elles limitées aux surfaces blanches?R Non, à cause de la très forte luminosité du laser. Il est vrai que la définition est pour le moment meilleure sur des surfaces blanches. Cela dit, les technologies de contraste de nos prochains produits permettront de projeter sur n'importe quel type de surface.

 

 

 

Fabrice Delaye
Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Lui écrire

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

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