Bilan

Le marché des drones en plein boom

Petits, légers, maniables et équipés d’une caméra performante, ces engins volants pourraient bientôt envahir notre quotidien. Même la police genevoise envisage d’en utiliser.
  • Les drones de la start-up vaudoise Flyability peuvent encaisser les chocs grâce à un grillage xen carbone.

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Ils ont fait leur apparition dans le domaine militaire il y a une quinzaine d’années. Désormais, les drones envahissent le monde civil. Cette nouvelle technologie comporte des applications professionnelles multiples. Selon nos informations, la police genevoise est en train d’évaluer la possibilité de s’équiper avec des drones pour des opérations de sécurité, par exemple lors de manifestations, d’accidents sur l’autoroute ou de noyade.

Un système rapide à déployer et qui permet d’économiser les heures de vol en hélicoptère. Le dossier (cahier des charges, budget) est en phase de préparation pour être soumis aux politiques. L’objectif est d’équiper des postes de police d’ici à un an. Les gardes-frontière se servent déjà de ces appareils pour contrôler le territoire. Des communes les utilisent pour vérifier l’état de la toiture des bâtiments. Les pompiers et la protection civile sont aussi des clients potentiels.

Des drones sont actifs dans l’agriculture pour cartographier les sols ou observer la croissance des plantes. En volant à 50 mètres d’altitude, ils offrent une précision de l’ordre du centimètre. Dans l’industrie, ces appareils permettent de surveiller des installations (pipelines, voies ferrées). Déployés pour la première fois aux Jeux olympiques de Sotchi, ils ont délivré des images époustouflantes.

Bref, les drones sont désormais un outil de travail. Un business est en train de naître autour de ces machines volantes. La société française Parrot, qui figure parmi les pionnières du secteur, a écoulé plus d’un million de pièces. Dans le commerce, le prix d’un drone va de quelques centaines de francs pour des jouets à plusieurs dizaines de milliers de francs pour les modèles professionnels.

Des drones montés à Genève

En Suisse romande, des sociétés ont décidé de se lancer sur ce marché. Fondé en 2009 d’un spin-off de l’EPFL, senseFly est aujourd’hui le leader mondial de la cartographie avec ses drones en forme d’aile d’avion. Depuis 2012, l’entreprise fait partie du groupe Parrot. La start-up vaudoise Flyability développe des drones capables d’encaisser les chocs grâce à un grillage en carbone.

Spécialisée depuis quarante-six ans dans les batteries et les modèles réduits, la société genevoise Neidhart a ouvert une section drone. «Après deux ans de tests, nous avons élaboré un système électronique fiable. Notre Xaircraft X650 Pro est équipé du meilleur contrôleur de vol du marché», affirme Philippe Neidhart, patron de la société. Depuis février, l’entreprise vend des engins high-tech, clés en main, prêts à voler pour réaliser des vidéos de qualité professionnelle.

Plus de 20 exemplaires ont déjà trouvé preneur. Elle propose un cours de formation complet pour maîtriser son appareil. «Il est aisé de piloter un drone, comme il bénéficie d’une assistance électronique. Il suffit de vingt minutes pour acquérir les bases pour voler», précise Philippe Neidhart.

Les composants sont fabriqués en Asie, mais le montage et le paramétrage des drones sont réalisés à Genève par Neidhart. Une boîte noire enregistre tous les paramètres des dernières quarante minutes en l’air. «C’est une garantie pour l’acheteur et pour nous. En cas de problème, cela permet de savoir si l’erreur provient du pilote ou d’un défaut de l’électronique», explique le responsable technique.

Le drone est doté d’un module GPS qui assure sa stabilité pour les prises de vues. Il permet aussi de paramétrer des coordonnées pour déterminer une trajectoire. L’équipement comprend en plus une boussole, un baromètre de précision, des accéléromètres et des gyroscopes. En cas de perte de contrôle, il suffit de lâcher les commandes et, grâce à la fonction «auto return», le drone reviendra automatiquement à son point de départ au sol.

Ces drones valent entre 3500 et 5000 francs selon les versions. Le cours privé optionnel d’une journée (théorie et pratique) coûte 1500 francs. A cela s’ajoute l’achat d’une caméra de qualité, d’un prix de 300 à 500 francs. La principale limitation de ces appareils est leur autonomie. Après environ vingt minutes de vol, une recharge ou un remplacement de la batterie est indispensable. 

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Luigino Canal

Journaliste

Lui écrire

Licencié en économie (Université de Genève), journaliste indépendant spécialisé en télécommunications, économie et investigation notamment avec des enquêtes sur le blanchiment d’argent et les escroqueries financières, Luigino Canal a été pendant 15 ans le correspondant en Suisse pour le quotidien économique français «Les Echos». Il a collaboré avec de nombreux médias suisses et italiens (Corriere della Sera, l’Espresso). Il se concentre désormais sur les grandes fortunes. Il participe depuis 15 ans à l’élaboration du classement de Bilan des 300 plus riches de Suisse.

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