Bilan

Le magicien suisse de Disney aura un Oscar

Professeur d’informatique à l’EPFZ, Markus Gross dirige le laboratoire Disney à Zurich. Il est honoré pour un logiciel qui rend la fumée et les explosions particulièrement réalistes.
  • Les recherches du DRZ portent notamment sur l’animation par ordinateur. Crédits: Dr
  • Suisse d’origine allemande, Markus Gross a pris la tête du Disney Research Zurich (DRZ) en 2008. Crédits: Dr

Lors de la prochaine cérémonie des Oscars de la technique, un Suisse se saisira d’une des distinctions distribuées à Los Angeles. Il s’agit d’un professeur d’informatique de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ). Markus Gross, 49 ans, travaille depuis vingt-cinq ans en tant que chercheur dans le domaine du graphisme sur ordinateur. 

Le scientifique est aujourd’hui connu bien au-delà des cercles scientifiques pour ses compétences dans les effets spéciaux, l’animation et les attractions pour parcs à thèmes. Markus Gross et ses anciens collaborateurs recevront le 24 février le Technical Achievement Award 2013 pour un logiciel qui rend la fumée et les explosions particulièrement réalistes. Développé il y a cinq ans par l’institut du Visual Computing que Markus Gross dirige toujours, le programme a été utilisé pour Avatar et Sherlock Holmes ainsi que pour une vingtaine d’autres films. «Des extraits où l’on voit les effets de notre logiciel seront diffusés lors de la cérémonie des Oscars», annonce Markus Gross.

Depuis 2008, ce Suisse d’origine allemande s’est engagé dans une nouvelle aventure en prenant la tête du Disney Research Zurich (DRZ) tout en continuant à enseigner à l’EPFZ. Fort d’une soixantaine de collaborateurs, le DRZ mène de front une centaine de projets de recherche qui portent notamment sur l’animation par ordinateur et la technologie vidéo.

«Cendrillon» en reproduction géante

Situé dans le centre de la ville de Zurich, le laboratoire Disney a été conçu par des designers de Los Angeles. Chaque pièce reprend le thème d’un dessin animé: Cendrillon, Le livre de la jungle… Sur une des parois, une reproduction géante des personnages de film. Le bureau de Markus Gross est dédié à son film préféré, La belle et la bête.

La création de cette antenne Disney à Zurich est due à une décision stratégique de la Walt Disney Company de renforcer les recherches en technologie. Appréciant les compétences de l’EPFZ, le géant américain sollicite Markus Gross lorsqu’il décide de monter un centre extérieur. Le DRZ est ainsi le seul labo universitaire de Disney en Europe et le second dans le monde, après celui de la Carnegie Mellon University à Pittsburgh (Etats-Unis).

Le Disney Research Zurich vit une success story sur tous les plans. En trois ans et demi d’existence, il a produit une cinquantaine de travaux de master EPFZ, 92 brevets et 97 publications dans des revues scientifiques. L’EPFZ et Disney se partagent le brevet des inventions, qui peuvent trouver des applications dans d’autres domaines.

Pour le dessin animé Raiponce (2010), le laboratoire a créé un effet spécial pour diffuser la lumière sur les personnages. Et au Disney World d’Orlando, l’équipe a développé un scanner 3D pour le visage qui permet au visiteur de créer un personnage Disney à son image. En trois clics, les petites filles se transforment en princesses et les garçons deviennent Tarzan ou Aladdin. Ce scanner intéresse aussi beaucoup la médecine.

Markus Gross est tourné vers l’avenir. «Cet Oscar doit amener de la visibilité pour le laboratoire Disney et l’EPFZ. En tout juste quelques années, nous avons mis au point une quantité réjouissante de nouvelles technologies. Elles seront dans les films tournés ces prochaines années.» 

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

Du même auteur:

CFF: Comment éviter le scénario catastrophe
L’omerta sur le harcèlement sexuel existe aussi en suisse

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."