Bilan

Le jet d'eau de Genève fait sa star sur Instagram

Acteur de la pop culture à part entière, le jet d'eau de Genève a sa communauté de fans et son hashtag dédiés sur Instagram. Des milliers des millenials du monde l'immortalisent à longueur d'année lors de leur passage dans la Cité de Calvin. Retour sur une saga.
  • Sur Instagram, le hashtag #lejetdeau réunit une communauté forte de 1000 followers.

  • Le jet d'eau pulvérise 500 litres d’eau par seconde à la vitesse de 200 km/h à 140 mètres de haut.

  • La blogueuse Florence Jacquinot apprécie de se faire photographier devant le Jet d'eau.

  • Un nouveau système d’éclairage aux LED permet maintenant d’utiliser 65 000 teintes différentes.

  • Les doigts de pied en éventail devant le Jet d'eau constitue un thème très populaire.

  • Les visiteurs rivalisent d'imagination.

  • Les mises en scène amusante sont nombreuses.

  • Le Bain des Pâquis est un lieu de prédilection pour se faire photographier avec le Jet d'eau.

  • Le Bol d'Or donne lieu à une rubrique entière.
  • L'opération des pianos en libre accès obtient beaucoup de succès.

« Sur les réseaux sociaux, la Tour Eiffel est représentée par une adresse officielle et répertoriée par de nombreux hashtags. Pourquoi n’en va-t-il pas de même pour le Jet d’eau de Genève, qui jouit comme le monument parisien d’une énorme cote de popularité ? » A peine Matthias Lüfkens s’était-il posé la question, qu’il avait déjà décidé d’agir. Directeur digital chez l’agence Burston-Marsteller, il a lancé ce début d’année les comptes @LeJetdeau qui réunit déjà une communauté de 1000 followers sur Instagram et de quelques centaines sur Twitter.

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« A Genève, le Jet d’eau constitue une photo souvenir incontournable pour tous les visiteurs. Les millenials fans de réseaux sociaux font des selfies, des mise-en-scène où ils coiffent d’une main le sommet du jet. Et d’autres figures parfois plus triviales aussi. Les clichés des influenceurs les plus connus en visite suscitent des millions de vues », poursuit Matthias Lüfkens. Les publications quotidiennes de #Lejetdeau sont réunies autour de thèmes – paddle, piano, doigts de pied en éventail – et aussi d’événements comme le récent Bol d’Or.

Pulvérisant 500 litres d’eau par seconde à la vitesse de 200 km/h à 140 mètres de haut, le jet d’eau de Genève est un héritage de l’ère industrielle. A la fin du 19e siècle, la ville décide la construction d'une usine hydraulique à la Coulouvrenière, mise en service en 1886, pour distribuer la force motrice du Rhône aux artisans genevois, rappelle Wikipedia.

Le soir, quand les travailleurs arrêtent leurs machines, il se produit des surpressions dans les conduites. Afin d’éviter ce désagrément, les ingénieurs installent une vanne de sécurité, qui permet de contrôler la pression en laissant s'échapper l’eau vers le ciel. Le premier jet d'eau, d'une hauteur de 30 mètres, vient de naître. Il est situé à l'extrémité de l'usine de la Coulouvrenière.

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En juillet 1891, à l’occasion des 600 ans de la Confédération, le Conseil administratif de Genève décide de recréer cette attraction au bout de la jetée des Eaux-Vives.  Le nouveau jet d'eau culmine alors à 90 mètres et ne fonctionne que le dimanche. En 1906 sont installés deux groupes de moto-pompes à l’Usine des Forces motrices qui permettent d'alimenter en eau toute la semaine le jet d'eau. Les plans détaillés de l'actuel jet d'eau furent établis en 1947 et acceptés en 1948.

L'inauguration eut lieu le 3 mai 1951. Une station de pompage autonome, partiellement immergée et utilisant l'eau du lac Léman lui permet de fonctionner toute l'année. La masse d'eau suspendue dans l'air est d'environ 7 tonnes. Une goutte d'eau met 16 secondes à sa sortie de la buse pour retomber dans le lac. L'ingénieur responsable du projet (conception et réalisation) est Oscar Herzog, le grand-père de l'alpiniste  Maurice Herzog.

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Propriétaire de ce monument d’eau, SIG (Services industriels de Genève) assure son fonctionnement et son entretien tout au long de l’année. Un nouveau système d’éclairage aux LED permet maintenant d’utiliser 65 000 teintes différentes et d’en changer en quelques secondes. Cinq retraités volontaires de SIG veillent sur le Jet d’eau de Genève. L’oeil humain et l’expérience sont en effet irremplaçables pour en garantir le bon fonctionnement : une température autour de zéro degré, un vent un peu turbulent et il faut le stopper.

Depuis l’année dernière, le site est équipé d’une webcam qui permet notamment de vérifier qu’il est en action. On ferme en effet le Jet d’eau dès que le vent souffle trop fort et dans la mauvaise direction, pour éviter de déverser des trombes d’eau sur les quais, sur le Jardin anglais ou sur les bateaux de plaisance amarrés dans le port. Le froid peut aussi priver Genève de son emblème, puisqu’en dessous de 2 degrés, les embruns risquent de geler et de faire pleuvoir des glaçons. 

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Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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