Bilan

Le japonais Midokura s’ancre à Lausanne

Active dans le cloud computing, la start-up a été cofondée par un ancien étudiant de l’EPFL. Elle vient d’obtenir 16,4 millions de francs lors de son premier tour de financement.
Dan Dumitriu, directeur et cofondateur de Midokura. Crédits: Dr

Une jeune pousse japonaise a récemment établi son siège à Lausanne. Créée en 2009, Midokura, active dans le cloud computing – la gestion des données via des réseaux informatiques à distance – compte y employer prochainement cinq collaborateurs, soit 20% de ses effectifs.

Rencontré à Tokyo, Dan Dumitriu, directeur et cofondateur de Midokura, se félicite de cette implantation: «Le régime des stock-options est plus favorable en Suisse qu’au Japon. En choisissant Lausanne, nous nous trouvons au centre de l’Europe. Par ailleurs, notre objectif est d’engager des ingénieurs de l’EPFL et de l’EPFZ, même si cela ne sera pas aisé. Nos salaires restent raisonnables comparés à ceux pratiqués par les banques, qui attirent souvent les ingénieurs.»

Ce choix va en réalité au-delà des simples avantages financiers et géographiques. Entre son travail chez Amazon et la création de Midokura, Dan Dumitriu a fait des recherches sur l’informatique en réseau à l’EPFL en 2003-2004 et 2009-2010. «L’environnement d’étudiants dans lequel j’ai évolué et la collaboration avec Willy Zwaenepoel, professeur spécialisé dans les systèmes d’exploitation et des réseaux à l’EPFL, ont été les déclencheurs de la création de Midokura. Ce dernier continue de nous conseiller au niveau stratégique», explique l’entrepreneur.

Le déménagement à Lausanne s’est accompagné d’une récolte de fonds sans précédent pour Midokura. La start-up vient de recevoir 16,4 millions de francs lors d’un premier tour de financement. Le fonds souverain Innovation Network Corporation of Japan, Docomo Innovations et NEC Venture Funds ont investi dans la start-up. 

Effectifs bientôt doublés

«Ces fonds nous permettront d’engager des ingénieurs, des vendeurs et des spécialistes en marketing. Nos effectifs doubleront d’ici à la fin de l’année à 50 collaborateurs. L’internationalisation de notre entreprise est primordiale dans notre stratégie», estime le patron de Midokura qui compte des bureaux à Barcelone, San Francisco, Tokyo et Lausanne.

Aujourd’hui, alors que beaucoup d’entreprises se concentrent sur le cloud, comment une jeune start-up peut-elle se battre contre les géants Oracle ou SAP? «Nous nous sommes concentrés dès le départ sur les logiciels qui permettent la gestion des données sur des réseaux à distance. SAP et Oracle offrent quant à eux des services d’informatique à distance, ce qui est totalement différent de nos activités», estime Dan Dumitriu. Pour ce dernier, le plus gros concurrent est VMware.

L’entreprise américaine s’est emparée l’an dernier de Nicira, une jeune pousse de Stanford, pour 1,2 milliard de francs. «Notre avantage concurrentiel vient du fait que notre logiciel se base sur Linux et des plates-formes libres», affirme-t-il.

Après avoir signé un gros contrat avec une société américaine, Midokura vise les entreprises qui hébergent des sites internet. Selon le directeur, leur gestion nécessite beaucoup d’interventions manuelles. Par conséquent, leur infrastructure interne devrait migrer progressivement vers des solutions de clouds privés qui offrent un accès instantané. Par ailleurs, d’ici à deux ou trois ans, l’informatique à distance jouera un rôle majeur au sein des entreprises.

«C’est ce marché énorme que nous visons. Le secteur de la mise en réseau basée sur les logiciels (Software Defined Network) croît très fortement», estime-t-il. En 2016, ces derniers devraient représenter un marché de 3,7 milliards de dollars contre à peine 360 millions à fin 2013 selon les projections du cabinet de recherche IDC.

Daniel Eskenazi

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