Bilan

Le grand public adopte la technologie de plus en plus vite

Au fil du temps, les nouvelles solutions technologiques sont adoptées de plus en plus vite par le grand public. Du téléphone aux apps sur smartphone, les rangs des utilisateurs grossissent de façon exponentielle.
  • Au fil des années, les solutions technologiques innovantes sont adoptées de plus en plus vite par le grand public.

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  • En quinze mois, Candy Crush a touché autant de personnes à travers le monde que le téléphone fixe en 75 ans.

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  • Entre le téléphone fixe né en 1878 et l'app Candy Crush en 2012, la diffusion grand public de l'innovation se fait de plus en plus vite.

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Né en 1878, le téléphone a mis 75 ans avant d'atteindre la barre des 100 millions d'utilisateurs à travers le monde. Lancé en 2012, le jeu sur smartphone a atteint cette barre en un an et trois mois. Plus de 900 mois contre 15 mois: soit 60 fois plus vite. Certes, la population mondiale a augmenté. Mais cette comparaison issue d'une récente étude du cabinet Boston Consulting Group révèle à quel point il est devenu crucial d'être le premier sur un créneau et de réussir son lancement.

Certains rétorqueront que Candy Crush est un jeu, tandis que le téléphone (au moins les appareils fixes) est un moyen de communication utile, voire rapidement devenu indispensable à une époque où la transmission de la voix en direct était la solution la plus rapide pour transmettre une information. Mais justement, la prouesse est d'autant plus remarquable: arriver à convertir 100 millions de personnes à un jeu en 15 mois alors qu'il a fallu 192 mois pour arriver à un tel chiffre avec le téléphone mobile (apparu en 1979) et 84 mois pour le world wide web.

Les startups attaquent les leaders de l'économie

L'étude du Boston Consulting Group donne quelques exemples d'adoption de solutions technologiques. Et entre le téléphone fixe en 1878 et Candy Crush en 2012, les analystes remarquent que les nouvelles offres séduisent le grand public toujours plus vite: 900 mois pour le téléphone fixe, 192 mois pour le mobile, 84 mois pour internet, 54 mois pour Facebook, 40 mois pour WhatsApp, 28 mois pour Instagram et donc 15 mois pour Candy Crush. Dans le domaine des appareils, des systèmes, des apps, des réseaux sociaux,... le phénomène est comparable: il devient crucial d'être le premier sur un créneau et de performer immédiatement.

Le point commun de (presque) toutes ces solutions innovantes est d'avoir vu le jour non dans les laboratoires des grands groupes dominants du moment, mais de startups (Facebook, Instagram, WhatsApp) ou d'inventeurs isolés (comme le téléphone fixe par Graham Bell). Et parmi les sociétés déjà solidement installées (Motorola pour le téléphone mobile, Apple pour iTunes et l'Apple App Store), c'est quand elles sont dirigées par des leaders très portés sur les nouvelles solutions.

Pour les analystes du BCG, cette vitesse accrue dans l'adoption des nouvelles solutions n'est pas sans impact sur l'économie. «Les sociétés qui dominent sur le long terme sont soumises de façon de plus en plus importante à des attaques de la part de startups qui réinventent les business en répondant aux besoins des consommateurs par des nouveaux moyens», expliquent-ils. Et de citer les exemples qui pourraient demain rejoindre les solutions déjà évoquées: Uber ou encore AirBnB.

Solutions pour rester innovant

Mais cette accélération de l'adoption des solutions nouvelles remet aussi en cause ceux qui l'apportent. «Les disrupteurs de l'économie digitale sont eux-mêmes attaqués rapidement et sans arrêt par de nouveaux acteurs, comme Facebook qui fut un disrupteur voici peu de temps encore», ajoutent les analystes de BCG. D'où le besoin selon eux de se remettre en cause sans arrêt et de replacer l'expérience client au centre de la réflexion de l'entreprise pour anticiper au mieux les changements à venir.

Ils conseillent donc trois stratégies complémentaires aux compagnies: digitaliser le core-business, créer de la valeur sur la base des datas collectées et placer son activité au coeur d'un écosystème plus vaste, afin de rester en phase avec les nouvelles solutions voire d'en être un des acteurs.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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