Bilan

Le Genevois aux cinquante millions de vues sur YouTube

Avec sa chaîne Youtube « legrandjd », Julien Donzé est une star chez les moins de 25 ans grâce à ses clips déjantés qui totalisent une audience spectaculaire.

"Legrandjd", la chaîne YouTube de Julien Donzé réunit près de 360 000 abonnés.

Eh oui, on peut être à la fois Genevois et drôle (c’est une vanne). Julien Donzé est le comique romand qui affiche le chiffre record de cinquante millions de vues pour l'ensemble de sa production. Il a enregistré neuf millions de vues pour la seule séquence historique « Bref, j’ai joué à Call of Duty avec Diablox9 ».

Contacté par la chaîne française Canal+, qui l'invite à participer au dernier épisode de la série culte "Bref", il y interprète, avec le ton caractéristique du format, les combats du jeu vidéo comme s’ils avaient lieu dans la vraie vie, en compagnie du chroniqueur web de jeux vidéo, Diablox9.


La chaîne YouTube de Julien Donzé, « Legrandjd », réunit 400 000 abonnés, un record à l’échelle nationale. Curieusement, l’artiste est moins connu en Suisse qu’à l’étranger, avec un public à 80% français, 10% belge et 10% helvétique. 

Les séquences lancées au rythme de deux par mois se déclinent en différentes catégories : expériences scientifiques intrigantes (avoir une érection dans une baignoire pleine de glaçons, tester la résistance des strings tirés par des motos), musique avec des clips parodiques et parties détournées de jeux vidéo. C’est souvent grivois, parfois un peu lourd, mais toujours efficace.

Une dizaine de ses productions ont dépassé le million de vues. Gros succès (3 millions de vues) : « J’aime les licornes » (feat. Orelsan), une chanson inspirée de l’univers des Bisounours.


« On ne peut jamais savoir si un clip va prendre. Après le succès des Licornes, j’ai écrit un titre dans le même esprit sur les dauphins : Les dauphins, c’est des obsédés, etc... Ben, ça été un gros bide », s'étonne Julien Donzé. Un bide relatif : 200 000 vues quand même.


Annonçons d’abord la bonne nouvelle, Julien Donzé est heureux : « Cette vie me correspond. Je m’éclate avec ce que je fais. »

Puis la mauvaise : en dépit de leur succès, ses clips YouTube ne lui rapportent pratiquement rien. « Les neuf millions de vues enregistrées avec mon clip le plus célèbre l'ont été sur deux ans. Cela m’a rapporté des sommes de 20 francs, de manière épisodique. D’après des estimations, pour que YouTube vous rétribue de 1000 francs, il faut que le clip soit visionné, dans un court délai, un million de fois, avec la diffusion de la pub. Or, des logiciels comme AdBlock peuvent éliminer la publicité.»

Julien Donzé assume en outre seul les frais de production de ses courts-métrages, qui approchent les 1000 francs par épisode (costumes, équipe technique, divers). Il s’assure un revenu en travaillant comme freelance dans son métier de base, caméraman-preneur de son-monteur.

A l’instar des Cyprien et autres Norman, Julien Donzé est une star chez les plus jeunes. Pour les marques, les YouTubers s’avèrent le moyen idéal pour toucher les nouvelles générations. En 2012, le Genevois a ainsi collaboré avec le leader suisse de l’optique Visilab. Cette année, le Canton de Vaud l’a sollicité pour un clip en faveur de recyclage des déchets.

De son côté, le Français Norman a effectué un tour de monde sponsorisé par Nestlé pour le compte de la marque Crunch. Ses voyages donnaient lieu à des clips YouTube envoyés aux 5 millions d’abonnés de la chaîne « Norman fait des vidéos ». Les films totalisent entre un et deux millions de vues par séquence.

« Ce genre de choses ne m’est jamais arrivé, commente Julien Donzé. Je n’ai pas la même notoriété que Norman ou Cyprien, et le marché romand reste sans doute aussi trop étroit pour justifier le lancement de telles opérations. De mon côté, je ne sollicite pas non plus les sponsors. L’argent n’est pas ma motivation », affirme Julien Donzé.

Il révèle: « Beaucoup de jeunes me demandent des conseils. Ils rêvent de connaître la gloire grâce au web. Mais ça reste un métier de saltimbanque où l’on bricole avec des bouts de ficelle. Il faut surtout aimer ça. »

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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