Bilan

Le Digital Lab facilite le virage numérique

Un nouvel espace au sein de l’Innovation Park de l’EPFL accueille des projets de Recherche et Développement et favorise le transfert des connaissances technologiques.

Des workshops et des événements sont régulièrement organisés au Digital Lab.

Crédits: Christian Brun/Photopress

Inauguré fin juin, le Digital Lab est le fruit d’un partenariat entre Swisscom et l’EPFL. Ce dernier prévoit un fonds pour financer des projets de recherche et développement communs de 7 millions de francs sur sept ans, ainsi qu’un espace de 400 m2 au sein de l’Innovation Park du campus. Cet espace accueille naturellement ces projets, mais ce n’est pas sa seule vocation.

Le Digital Lab a trois missions, explique Laurène Fleury, communication & community lead: «Il coordonne les projets de R&D financés par le fonds mais incube aussi le codéveloppement de prototypes avec nos entreprises clientes. Nous avons aussi un rôle dans l’animation des relations avec le campus, comme celui d’évangéliser les employés de notre maison mère sur les évolutions et les enjeux du numérique.»

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Ces projets de R&D visent d’abord à améliorer les produits de Swisscom. Par exemple, les équipes de big data de l’opérateur estiment déjà les flux de trafic de la ville de Pully à partir de données mobiles anonymisées et agrégées. Avec le support des chercheurs de l’EPFL, Swisscom veut maintenant utiliser ces métadonnées pour estimer les flux empruntant d’autres moyens de transport (vélo, voiture, etc.). Ces modèles de mobilité seront ensuite mis à la disposition d’urbanistes ou d’autorités municipales afin d’optimiser des infrastructures telles que places de parc, pistes cyclables… et améliorer la qualité de vie des habitants.

Le Digital Lab vient aussi de lancer un appel à collaborer aux laboratoires de l’EPFL pour le déploiement de la cinquième génération de téléphonie mobile dans le cadre du programme «5G for Switzerland» mené avec Ericsson.

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Dans ce cas, il va s’agir de prototyper et de tester de nouvelles applications business et grand public dans des domaines comme les voitures autonomes, les réseaux électriques intelligents ou l’internet des objets. Au-delà, d’autres projets sont envisagés, par exemple dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Les activités business du Digital Lab sont, elles, destinées avant tout à faciliter et accélérer la transition vers le numérique des entreprises clientes de Swisscom. Typiquement, des équipes mixtes de l’opérateur et de ses clients commencent à venir au labo pour travailler de six à huit semaines sur des projets destinés à déboucher sur des prototypes opérationnels.

De workshop en workshop sont ainsi définis les problèmes à adresser et les solutions technologiques à adopter, de la connectivité à l’interface utilisateur. C’est aussi l’occasion de mettre en œuvre des méthodes de travail «agiles», comme le design thinking, itération entre intuitions et analyses, ou le prototypage rapide. «Ce codéveloppement facilite aussi le transfert des connaissances technologiques chez les clients afin qu’ils aient ensuite tous les moyens de faire évoluer le produit», précise Laurène Fleury. Des formations, par exemple à la programmation en langage Scala, sont aussi organisées pour renforcer ces transferts.

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Piloté par trois personnes à plein temps sous la direction de Vlad Trifa, le Digital Lab peut accueillir plus d’une trentaine de «coworkers» issus de Swisscom, de l’EPFL et des entreprises clientes. Un chiffre qui grimpe bien au-delà à l’occasion des trois événements par semaine organisés par le lab au travers de son groupe Meetup. Cette communauté, allant des professeurs de l’EPFL aux accounts managers de Swisscom en passant par les étudiants, échange ainsi régulièrement sur des thèmes comme la blockchain, le big data ou les derniers projets de l’opérateur. Ce travail d’évangélisation sur la transformation numérique est aussi relayé en direction de l’ensemble des employés de Swisscom par une ENT Academy qui diffuse périodiquement sur l’intranet des courtes vidéos sur les effets concrets de la digitalisation.

Fabrice Delaye
Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Lui écrire

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

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