Bilan

Le savoir-faire helvétique à l’assaut du réchauffement climatique

Alors que le climat est au cœur des préoccupations planétaires depuis quelques années, des sociétés suisses œuvrent pour en mesurer son évolution via l'espace.

A Neuchâtel, le CSEM a développé un instrument de mesure unique au monde.

Crédits: CSEM

En cette période de COP25, la 25ème réunion annuelle des Nations Unies sur le climat, qui se déroule cette fois-ci à Madrid du 2 au 13 décembre, tous les regards se portent sur le réchauffement climatique. L’occasion de souligner le rôle décisif que jouent les sociétés suisses dans la mesure de ce phénomène.

La pointe de la technologie envoyée dans l’espace

Départ de la mission MetOp

C’est notamment lors de la mission MetOp qui a débuté en 2006, visant à placer trois satellites météorologiques en orbite, que les helvètes ont su se montrer indispensables. En effet, grâce à la recherche technologique suisse, des instruments de mesure ultra-performants ont pu être installés à bord de ces satellites sous l’égide de l’Agence spatiale européenne (ESA) et de l’organisation européenne EUMETSAT à plusieurs reprises. Capables de fournir des données d’observation essentielles sur l’évolution du climat ces dernières années, ces dispositifs de haute précision baptisés «Corner Cubes» ont été mis au point par le Centre suisse d'électronique et de microtechnique (CSEM), à Neuchâtel, en étroite collaboration avec diverses PME suisses.

«Le mécanisme que nous avons conçu permet d’observer en temps réel la quantité d’humidité et les températures présentes dans l’atmosphère mais surtout l'influence qu'exerce le changement climatique sur celles-ci», précise Fabien Droz, chef du département des instrumentations au CSEM. A partir de 2021, trois paires de nouveaux satellites d’observation météorologiques, de seconde génération cette fois-ci, seront à nouveau envoyés dans l’espace. Permettant ainsi d’obtenir des données toujours plus précises sur la pollution atmosphérique et les microparticules présentes dans la couche d'ozone.

Le CSEM et ses partenaires suisses, tels que Syderal, Almatech, Thales, Ruag et de nombreux sous-traitants de la région romande participent à nouveau à sa réussite. «Nos mécanismes de mesure perdurent dans le temps, et ce malgré les frottements, les déplacements et l’usure de l’espace. C'est un point primordial sur lequel nous n’avons pas le droit à l’erreur, le moindre défaut peut coûter cher», ajoute Fabien Droz.

Des données météorologiques incontestables

Aujourd’hui, après plus de 13 ans de récolte de données depuis l’espace, les résultats sont de plus en plus précis. «On ne peut plus contester le réchauffement climatique à présent, les mesures le prouvent et elles ne sont plus du domaine prédictif comme elles ont pu l’être au début mais relèvent du factuel», constate Fabien Droz. Les satellites ne servent donc pas seulement à prévenir les catastrophes naturelles et à transmettre des informations météorologiques mais permettent selon l'ingénieur, de «déjouer le déni global face au phénomène actuel de réchauffement de la couche d’ozone».

Ces missions auxquelles la Suisse participe activement ont également un apport économique. Ainsi, en ayant contribué à hauteur de 3% au programme de satellite MetOP de seconde génération de l’ESA et de l’EUMETSAT, la Suisse peut estimer qu’au cours des 20 prochaines années, l’utilité́ globale de ces satellites météorologiques sera entre 15 et 60 fois la valeur des 3 milliards d'euros investis dans le programme, selon EUMETSAT.

Un retour sur investissement qui se vérifie puisqu'au cours des dix dernières années, la contribution du pays à l’ESA, qui était d’environ 150 millions de francs par année, a servi de tremplin à la recherche et au développement pour pas moins de 80 entreprises suisses. Sans compter le secteur des transports du territoire dont le bénéfice économique de ces prévisions météorologiques serait d’environ 86 à 100 millions de francs par an. 

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Julie Müller

Journaliste

Lui écrire

Du Chili à la Corée du Sud, en passant par Neuchâtel pour effectuer ses deux ans de Master en journalisme, Julie Müller dépose à présent ses valises à Genève pour travailler auprès de Bilan. Quand cette férue de voyages ne parcourait pas le monde, elle se débrouillait pour dégoter des stages dans les rédactions de Suisse romande. Tribune de Genève, 24 Heures, L'Agefi, 20minutes ou encore Le Temps lui ont ainsi ouvert leurs portes. Formée à tous types de médias elle tente peu à peu de se spécialiser dans la presse écrite économique.

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