Bilan

Le salaire du digital: vue d’ensemble selon les postes

Le groupe Morgan Philips décortique les métiers de la technologie et du numérique. Il en dresse les portraits dans une étude publiée durant le mois d’octobre. Un poste particulièrement demandé en 2020: le Growth Hacker.

Crédits: DR

Avec 14 professionnels de plus que l’an dernier en Suisse, le Growth Hacker est un profil aussi méconnu du grand public que recherché par les professionnels. Le rôle consiste à fidéliser le visiteur d’un site web, et le rendre actif. Il doit pour cela se servir des données à sa disposition et réaliser des études comportementales. Les entreprises sont intéressées, et la demande pour recruter ces experts a augmenté de 30% en une année. C’est ce qui ressort de l’étude Morgan Philips, spécialiste en recrutement, parue au mois d’octobre. 

L’étude (disponible à cette adresse, sur inscription) se concentre sur les métiers de la technologie et du numérique. Elle compte 23 fiches d’information autour de différents rôles, du directeur digital au data scientist en passant par le directeur des médias sociaux. Le salaire, la répartition entre hommes et femmes, la répartition géographique mais aussi l’ancienneté médiane et le nombre de changements de postes ont été passés au crible de manière à en dégager une moyenne.

Des tendances claires

Certains métiers sont très tendance, donc le Customer Experience Director (CX Director). Sa mission: s’assurer que le client ait une expérience pertinente lors de sa navigation sur un site ou un application. Il doit notamment veiller à respecter le budget et orienter les efforts pour satisfaire l’utilisateur. Ce dernier doit être satisfait et surtout fidèle. Le nombre de professionnels recensés a bondi de 30% en l’espace d’un an. Morgan Philips décrit un salaire moyen entre 140’000 francs et 170’000 francs par année pour les CX Director confirmés, et à plus de 170’000 francs pour ceux de niveau senior.

En chiffres, la plus grande augmentation provient des business analysts. Ces derniers ont pour but d’analyser les besoins du métier, de rédiger le cahier des charges et de faire le lien entre les équipes informatiques et le métier. Ils sont 5171 de plus qu’en 2019, ce qui représente une croissance d’environ 2%. Les postes junior prétendent en moyenne à un salaire allant de 80’000 francs à 110’000 francs annuels. La rémunération monte jusqu’à 150’000 francs à un niveau confirmé, et au-delà pour un poste senior. Dans le cas du Growth Hacker, le salaire débute à 50’000 francs et va jusqu’à 110’000 francs pour quelqu’un de confirmé. Difficile de trouver la main d’oeuvre en Suisse. C’est donc ailleurs que les recruteurs vont chercher les meilleurs profils.

Les femmes encore loin

Les milieux de la technologie et de l’informatique sont encore loin de présenter une parité homme et femmes. Seul 5% des IT architects sont des femmes, 9% des Head of IT ou encore 10% des Chief Data Officers. D’autres postes se rapprochent davantage des 50/50, dont les Digital Project Managers avec 42% de femmes et 58% d’hommes. Morgan Philips explique cet écart par la formation, elle-même prisée par des étudiants majoritairement masculins. De nombreuses initiatives visent toutefois à renverser la tendance et à encourager les femmes à se lancer dans ces milieux. C’est notamment le cas de Girls in Tech.

Signification du turnover

Davantage que simplement définir le salaire et l’ancienneté de différents postes, l’étude donne une indication importante sur l’évolution du marché du travail. Certains métiers attirent des profils jeunes. Ils sont prisés par des personnes sortant de formation et prêtes à y voir une porte d’entrée pour endosser par la suite d’autres responsabilités. Les experts de Morgan Philips citent par exemple les data analysts, qui comptent en moyenne moins d’une année d’ancienneté (0,8 an). Ces professionnels prétendront par la suite à un poste de data officer ou de chief data officer.

Enseignements

L’étude met en avant deux tendances du marché. D’abord, la nouvelle génération tend à imposer un travail flexible. Cela signifie que plutôt que d’être employés dans le département informatique d’une entreprise, les experts se placent en indépendants prêts à endosser les responsabilités le temps d’un ou de plusieurs projets. «De nombreuses sociétés privilégient ce modèle économique qui est parfaitement adapté à la période actuelle car elles recherchent toujours plus de flexibilité et des performances directement mesurables et quantifiables», affirme l’étude.

Autre tendance: le rééquilibrage entre savoir-faire et savoir-être. La notion - souvent discutée - est pertinente dans des entreprises orientées clients. Les sociétés doivent ainsi chercher des profils à l’écoute et capables de penser hors des cadres habituels, de manière à augmenter au maximum l’expériences qu’auront les utilisateurs sur un site, un application ou tout produit numérique.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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