Bilan

Le lausannois Heliot rachète le réseau allemand Sigfox

La technologie de la start-up lausannoise Heliot permet de faire transiter de petits paquets de données sur un réseau à ultra-bas débit. L'entreprise suisse vient de racheter la société allemande Sigfox.

Thomas Scheibel, CEO d'Heliot.

Crédits: DR

La société lausannoise Heliot ne connaît pas la crise. Elle a annoncé le rachat du réseau Internet of Things (IoT) de Sigfox en Allemagne et l’entrée dans son capital du fonds d’investissement européen Cube Infrastructure Fund II. Ce dernier détient désormais 86% du capital de la start-up Heliot. Le prix d’acquisition n’a pas été communiqué.

«Notre technologie va à l’encontre de la 5G. Nous fournissons un réseau 0G à ultra-bas débit à très faible rayonnement. En Suisse, nous couvrons plus de 70% du territoire», explique Thomas Scheibel, directeur d’Heliot qui chapeautera désormais les réseaux de Sigfox en Allemagne, Autriche, Suisse et Liechtenstein.

Se passer de la téléphonie

La technologie de la start-up lausannoise permet de faire transiter de petits paquets de données, comme des mesures prises par un capteur de température, d'humidité, ou encore de pression. Un compteur d'eau ou d'électricité peut, par exemple, envoyer une fois par jour un bilan de consommation, notamment pour permettre de réaliser des économies d'énergie. «Pas besoin de 4G ou de 5G pour envoyer ce type d’information, explique Thomas Scheibel. Nous possédons désormais un réseau de près de 2000 antennes, soit le plus grand réseau d’Europe.»

Ces petites antennes de 50 centimètres sont principalement installées sur les mats de Sunrise en Suisse mais également sur des immeubles en Allemagne et en Autriche. Elles sont fabriquées par Sigfox et ont déjà convaincu plusieurs clients, à l’exemple de DHL, Airbus ou Versisure Securitas. Un acteur de la grande distribution utilise des senseurs sur ses palettes qui font appel à cette technologie. Celle-ci permet ainsi d’en connaître le positionnement mais aussi de vérifier que la chaîne du froid n’a pas été rompue.

«Le réseau 0G permet de transmettre l’état ou la position d’un objet par Internet, sans l’utilisation de la téléphonie mobile coûteuse. Les compteurs d’eau, les alarmes incendies, les palettes ou même les ruches ou les boîtes aux lettres peuvent envoyer des données à très faible coût et pendant plusieurs années sur une seule charge de batterie», explique Alexandre de Senger, cofondateur d’Heliot.

La croissance de l’IoT

L'Internet of Things (IoT) connaît une expansion rapide depuis plusieurs années. Environ 80 millions d'objets connectés sont attendus pour 2020, alors qu'ils n'étaient que 15 millions en 2012.

Heliot Europe n’est cependant pas seule. Outre Sigfox, il existe d’autres réseaux permettant aux objets connectés d’échanger de petits paquets de données. On trouve LoRa, déployé notamment par Bouygues et Orange en France. Un objet connecté en LoRa peut envoyer un message à une borne située à une distance d'environ 1 kilomètre en zone urbaine et à 20 kilomètres dans une zone rurale plane. La géolocalisation sans GPS en LoRa serait plus précise (de 20 à 100 mètres en fonction du nombre d'antennes) que celle de Sigfox (de 10 à moins de 1 kilomètre), mais elle est plus gourmande en énergie.

Autre concurrent: Amazon qui veut lancer le protocole Sidewalk pour stimuler le développement de dispositifs IoT à bas prix qui ne dépendent pas d'une connexion cellulaire. L'objectif de Sidewalk est d'étendre la portée des appareils qui utilisent une faible bande passante, permettant une connectivité hors ligne limitée pour des utilisations telles que les alertes de mouvement des caméras de sécurité. Avec ce projet, le géant américain vient concurrencer le Wi-Fi et les protocoles de communication dédiés à la domotique et étend la portée sur 1,6 km, contre 300 mètres environ pour le Wi-Fi.

Bloch Ghislaine NB
Ghislaine Bloch

Journaliste

Lui écrire

Ghislaine Bloch a découvert le monde de la vidéo et du reportage dès son adolescence. Après l'obtention d'un master à la Faculté des Hautes Etudes Commerciales de l'Université de Lausanne, elle démarre sa carrière à L'Agefi où elle effectue son stage de journaliste. Puis elle rejoint le quotidien Le Temps en 2004 où elle se spécialise dans les sujets liés aux start-up, à l'innovation, aux PME et à la technologie. Des thématiques qu'elle continue de traiter chez Bilan depuis 2019.

Du même auteur:

ADC Therapeutics va entrer en Bourse
Andrea Pfeifer: AC Immune «mise surtout sur la prévention face à Alzheimer»

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."