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LakeDiamond: la startup qui réinvente à la fois le diamant et la blockchain

Ce spin-off de l’EPFL a attiré l’attention de Wired et Forbes grâce à un laser qui recharge les drones et un ICO en forme de première mondiale.

La startup née sur le campus de l'EPFL utilise au maximum les potentiels des diamants.

Crédits: LakeDiamond

C’est actuellement la startup dont tout le monde parle. Spinoff de l’EPFL, LakeDiamond a fait l’objet ces dernières semaines d’articles dans Forbes, Wired ou encore Le Monde. Ce qui sidère la presse internationale, c’est une technologie qui permet de recharger en énergie électrique les drones alors qu’ils sont en vol. La solution: un diamant de laboratoire de quelques millimètres couplé à un laser.

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CEO de LakeDiamond, Pascal Gallo explique: «Le diamant est le meilleur conducteur de chaleur. Il permet donc de refroidir les lasers qui peuvent fonctionner à des puissances record et produisent une lumière très intense. C’est cette lumière qui est transmise au drone alors qu’il vole. Fixé sur l’appareil, un dispositif fonctionnant comme un mini-panneau solaire transforme la lumière en électricité qui va alimenter les moteurs. Cet équipement est bien plus léger qu’une batterie.» Ce procédé de recharge à distance a déjà permis de faire voler un drone dépourvu de batterie. Cette innovation convient particulièrement bien aux drones de surveillance statique. Plusieurs producteurs de drones ont déjà fait part de leur intérêt.

Dix ans de recherche à l'EPFL

Les recherches en relation avec cette technologie ont débuté il y a 10 ans à l’EPFL. Ce résultat doit beaucoup aux compétences par Pascal Gallo à la fois dans les diamants synthétiques et les rayons laser. Les applications se déclinent dans différentes industries. Il y a tout d’abord des mises à jour pointues apportées à une technique baptisée «gravure ionique réactive» prisée par les fabricants de puces électroniques. La firme fournit aussi une grande entreprise horlogère suisse en minuscules mécanismes en diamants synthétiques qui présentent l’avantage de réduire les frictions. La réserve de marche des montres automatiques en est ainsi prolongée.

L’ensemble des développements repose sur la fabrication de diamants synthétiques par les deux réacteurs prototypes de LakeDiamond. A terme, la compagnie envisage d’exploiter une cinquantaine de machines similaires. Pour atteindre ses ambitions, la firme qui emploie déjà une vingtaine de personnes doit lever quelque 60 millions de francs. L’ambition est d’occuper une position de leader sur un marché qui devrait dépasser les 20 milliards de francs dans les années qui viennent. Dans cet objectif, la société a lancé une ICO (Initial Coins Offering) dont la forme constitue elle aussi une première mondiale.

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Premier acteur de la banque en ligne helvétique, Swissquote s’est associée au projet. Cette ICO est considérée comme un nouveau mode de financement pour les sociétés, basé sur le crowdfunding et la technologie blockchain. LakeDiamond va émettre des jetons, des «tokens» qui permettront aux participants d’acquérir du temps de travail sur les machines de la société qui fabrique les diamants synthétiques. Baptisés LKD, les tokens permettront à leurs acquéreurs d’acheter du temps de production et pour l’échanger contre une rémunération. Pascal Gallo précise: «Les acquéreurs de tokens recevront 70% du chiffre d’affaires dégagé par le temps de travail de nos réacteurs. LakeDiamond sera rétribuée pour le travail de transformation des pièces.»

Le projet d'une usine à diamants en Suisse

Fondateur de LakeDiamond, Pascal Gallo a découvert l’univers des cristaux grâce à son grand-père qui a travaillé comme prospecteur de mine au Maroc. Titulaire d’un doctorat en physique quantique et croissance des cristaux, le scientifique a obtenu ce titre à Toulouse en collaboration avec le Nobel de physique de cette année-là, 2007, le Français Albert Fert. S’en est suivi un post-doctorat de six ans à l’EPFL, au cours duquel il élabore les technologies qui ont permis de créer LakeDiamond, en 2015. Aujourd’hui installé dans l’arc lémanique, marié et père de deux enfants, ce Français naturalisé suisse affirme: «La qualité de vie autant que les possibilités d’entreprendre sont incomparables en Suisse.» Le trentenaire projette d’ouvrir une usine qui doit déboucher sur la création d’une centaine d’emplois dans la région.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan et community manager pour le site bilan.ch, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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