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La voiture volante, réalité dès 2018?

Une voiture qui déploie ses ailes et s'envole puis se pose et roule sur les routes normales: c'est le pari lancé par la société américaine Terrafugia qui devrait tester son prototype en 2018 et envisage une production commerciale entre 2023 et 2027.
  • La Terrafugia TF-X pourrait devenir la première voiture volante produite en série dans la décennie 2020.

    Crédits: Image: Terrafugia
  • Nul besoin d'une place dans un hangar d'aéroport: la voiture volante se parque à domicile.

    Crédits: Image: Terrafugia
  • Pour décoller, les rotors sont orientés vers le haut, à la manière d'un hélicoptère.

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  • En vol, un dispositif de pilotage automatique décharge le conducteur/pilote de toute action.

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  • Une fois au sol, l'engin devient une automobile traditionnelle avec quatre places.

    Crédits: Image: Terrafugia
  • En 2012, Terrafugia avait déjà présenté un avion aux ailes rétractables capable de rouler sur la voie publique une fois ses ailes repliées.

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Ridley Scott pour Blade Runner, Luc Besson pour Le Cinquième Elément ou encore Guy Hamilton pour l'épisode de la saga James Bond L'Homme au pistolet d'or: nombreux sont les réalisateurs à avoir imaginé des automobiles volantes. Mais l'exemple le plus emblématique reste sans doute Robert Zemeckis pour sa trilogie Retour vers le futur: la DeLorean bricolée par Doc Brown pouvait aussi bien rouler dans les rues des années 1950 que voler dans l'avenir. Un concept imaginaire quand ces films sont sortis en salle. Mais peut-être une réalité avant la fin de cette décennie...

La société américaine Terrafugia, déjà à l'origine d'un petit monomoteur aux ailes repliables, le Transition, présenté en 2012, envisage de passer la vitesse supérieure avec une vraie voiture capable de voler (et non plus un avion pouvant rouler plusieurs kilomètres). Voici quelques semaines, elle a annoncé que le prototype de ce nouvel appareil, baptisé TF-X, pourrait voir le jour d'ici 2018. Les premiers essais en soufflerie de modèles réduits se sont déroulés avec succès cet hiver.

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Contrairement au modèle Transition, qui visait à résoudre le «last mile problem» (ou «problème du dernier kilomètre», soit la distance entre la piste d'atterrissage d'un avion privé et la destination finale du voyageur), le TF-X a été conçu autant comme une voiture capable de rouler sur plusieurs kilomètres pour des trajets urbains ou interurbains, que comme un aéronef apte à parcourir plusieurs dizaines à plusieurs centaines de kilomètres dans les airs. D'ailleurs, si le design du Transition était clairement celui d'un petit avion de tourisme, celui du TF-X rappelle bien davantage les lignes des automobiles traditionnelles.

Conduite et pilotage autonome

Pas de réacteurs qui expulsent des flammes comme dans la saga de Robert Zemeckis toutefois: à l'instar du Transition, le modèle TF-X déploie des ailes pour voler. Celles-ci sont collées à l'habitacle quand l'engin est au sol. Mais cette fois-ci, à l'extrémité des ailes, des rotors directionnels permettent de s'envoler à la verticale, puis de voler en basculant les hélices. A la manière des avions de chasse britanniques Hawker Siddeley Harrier, pionniers dans le domaine des avions à décollage vertical.

Au-delà du concept révolutionnaire d'une voiture volante pour quatre personnes, les ingénieurs de Terrafugia souhaitent aussi intégrer à l'appareil les dernières technologies en matière de motorisation mais aussi d'assistance à la conduite (ou pilotage). Ainsi, le TF-X serait un engin hybride avec un moteur thermique mais également des batteries électriques pour alimenter les moteurs faisant tourner les hélices. De plus, un dispositif d'aide électronique se chargerait du pilotage (y compris les phases délicates de décollage et atterrissage) de l'appareil avec le choix du meilleur site pour se poser. Le conducteur-pilote conservant toujours le choix de refuser l'atterrissage en un endroit pour en préférer un autre.

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Au niveau technique, Terrafugia annonce une puissance d'un megaWatt pour mouvoir les hélices et de deux moteurs de 300 CV pour alimenter la batterie, le tout permettant d'atteindre une vitesse de croisière de 200 miles par heure (322km/h). L'autonomie quant à elle est annoncée à 800km en vol. Une fois posé, l'engin aurait besoin de quelques secondes seulement pour arrêter les hélices, les replier, et ranger les ailes le long de l'habitacle avec les rotors dans un compartiment spécial au niveau du bas-de-caisse. L'aéronef redeviendrait ainsi une voiture, capable de rouler plusieurs kilomètres pour atteindre la destination finale choisie par le conducteur, qui pourrait en reprendre alors les commandes.

Recrutements et prix de vente

Si les premiers essais se sont faits sur des modèles réduits, la construction d'un premier prototype grandeur nature pourrait débuter prochainement. Et la FAA (Federal Aviation Administration) aurait accordé récemment son autorisation pour des tests en vol des premiers modèles. Terrafugia a notamment mis en avant le dispositif de pilotage automatique pour rassurer les autorités quant aux risques de collision en vol avec d'autres appareils.

Reste le prix de cet engin. Selon un responsable de Terrafugia, le prix de départ est actuellement estimé autour de 240'000$ l'unité pour une commercialisation envisagée entre 2023 et 2027. Mais la société basée près de Boston assure travailler à un prix le plus abordable possible. Et pour rendre ce rêve possible, la firme américaine recrute: plusieurs appels à candidature ont été lancés ces derniers mois sur les réseaux sociaux afin d'étoffer l'équipe.

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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