Bilan

La vidéo s’empare des codes du web

Montreux accueillera en septembre le tout premier Swiss Web Program Festival. Son président, Bertrand Saillen, entend susciter les créations tout en étudiant le business model.

Bertrand Saillen: Aujourd’hui, «c’est l’internaute qui devient directeur des programmes».

Crédits: Zony Kunz

Rachat de Dailymotion, arrivée de Netflix, lancement de web séries: ces derniers mois, les contenus vidéo ont rejoint les réseaux sociaux parmi les trends du web. Tant du côté des diffuseurs que des grands groupes industriels, plus question de passer à côté du potentiel d’internet dans ce domaine. Pour autant, l’offre vidéo sur le web ne se construit pas de la même façon que les contenus traditionnels de la télévision ou du cinéma.

«Avec les développements technologiques, notamment les applis et la vidéo sur mobile, c’est l’internaute qui devient directeur des programmes. Il suffit de regarder autour de soi: à chaque temps mort, on saisit son smartphone et on va visionner des vidéos», constate Bertrand Saillen, CEO de Mediaprofil à Vevey. C’est sur ce constat, assorti de la problématique de la construction des contenus vidéo web pour les marques, que ce Valaisan installé sur la Riviera a imaginé le Swiss Web Program Festival.

L’événement, programmé pour les 11, 12 et 13 septembre au 2m2c à Montreux, est dérivé du Web Program Festival qui se tient depuis 2010 à La Rochelle. «Mais le paysage n’est pas le même en France et en Suisse: chez nos voisins, les contenus vidéo web bénéficient très largement des aides étatiques directes ou indirectes. En Suisse, c’est l’inverse. Il y a donc ici une vraie démarche pour monétiser ces créations et définir un ou plusieurs business models», analyse Bertrand Saillen.

Alors que son «grand frère» français est très orienté sur les créateurs, les artistes et les réalisateurs, le festival suisse va accorder une large part aux aspects économiques. Pendant trois jours, groupes industriels et marques (Fly, Veuve Cliquot, QoQa), diffuseurs (RTS, RTBF, Arte, 20 minutes, Bilan) et spécialistes des contenus (Montreux Jazz Festival, Montreux Comedy, Paléo) vont échanger et débattre sur les grandes questions qui agitent le secteur.

Mais qui dit festival dit palmarès: Bertrand Saillen et son équipe ont défini neuf catégories dans lesquelles les candidats pourront proposer des vidéos dès aujourd’hui et jusqu’au 8 août. A cette date, les contenus seront mis en ligne sur le site du festival et le public pourra voter pour ses préférés.

Parallèlement, un jury de cinq professionnels étudiera ces vidéos selon un cahier des charges très précis et livrera son verdict. Le palmarès sera dévoilé le samedi soir au 2m2c au cours d’une cérémonie de clôture qui devrait être riche en surprises.

Enfin, pendant les trois jours du festival, des invités devraient proposer une série d’événements marquants dont le retentissement pourrait être explosif. Pas question cependant de tout dévoiler tout de suite pour Bertrand Saillen, qui garde ses munitions en réserve jusqu’à cet été. Mais cette deuxième salve devrait faire du bruit.

Augmentation exponentielle

Alors que les grands groupes industriels s’emparent des vidéos web pour communiquer, au détriment parfois des médias traditionnels, les enjeux du premier SWPF sont cruciaux.

«Le téléviseur reste un objet central du salon, mais le téléspectateur change ses habitudes de consommation: il exige de l’interactivité. Alors que les premiers contenus spécifiques web ont dix ans, le phénomène s’accélère: les web TV ne sont plus, en 2014, des excroissances de la télévision traditionnelle mais ont acquis une vie propre et ont trouvé une audience qui augmente de façon exponentielle», assure  le président du SWPF.  

A voir sur www.bilan.ch: l’interview vidéo de Bertrand Saillen.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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