Bilan

La start-up lausannoise Urturn sème son appli et récolte des fonds

Urturn entre dans la cour des grands en lançant une application mobile pour personnaliser des contenus sur le web. Dans le même temps, la start-up lausannoise prend du muscle en levant 12,5 millions de francs auprès de deux fonds d'investissements suisse et britannique.

A l'heure où les adolescents désertent Facebook, les réseaux sociaux sont à réinventer. Plus que jamais, l'heure est à la personnalisation des contenus.

Surfant sur cette vague, Urturn lance son application Smartphone aujourd'hui: contrairement aux réseaux sociaux traditionnels qui permettent de partager des contenus sans y toucher, Urturn offre à chaque utilisateur de customiser images et contenus en quelques clics.

Interaction et personnalisation

« Nous nous sommes concentrés sur l’interaction elle‐même, en proposant des moyens d’expression toujours plus nombreux, plus ludiques et plus créatifs », analyse Stelio Tzonis, CEO de Urturn. Via le réseau Urturn ou sur Facebook, Instagram ou Viméo, les personnes inscrites peuvent partager des contenus du web à leur sauce : organiser un duel, demander un avis à leurs amis ou exprimer une préférence,… autant de solutions proposées en quelques clics. Et désormais en quelques pressions du doigt, grâce à l’application lancée sur l’iPhone.

Bubbles, Pix, Tags, Magnifier, Versus, Doodle et Music Postcard (en français: bulles, photos, tags, loupe, versus, dessin et carte musicale) constituent autant d’outils ergonomiques et simples pour ajouter sa touche à un contenu image, son ou vidéo déniché sur le web ou croqué dans le quotidien avec son Smartphone.

Pléiade de stars abonnées

Une façon de se réapproprier les contenus du net et de créer un dialogue plus riche entre ses acteurs. Le concept a déjà séduit de nombreux internautes. Parmi eux, des artistes ont deviné les potentiels de Urturn en matière d’interaction avec leurs fans : Alicia Keys, David Bowie, One Direction, Green Day, UNIONJ, Ellie Goulding, The Gossip, Carly Rae Jepsen ou Kendrick Lamar ont un compte Urturn.

Avec 25 collaborateurs, Urturn a déjà bien grandi depuis son lancement officiel en début d’année. « Nous avons une vingtaine de personnes à Lausanne, des développeurs et designers essentiellement, cinq à Londres et une personne dans la Silicon Valley, pour jouer les interfaces avec nos utilisateurs », détaille Mathieu Fivaz, co-créateur de la start-up avec Stelio et Alexandre Tzonis et Vincent Borel.

12,5 millions de francs d'augmentation de capital

Car, si la start-up est vaudoise, les trois marchés essentiels de Urturn se situent outre-mer : les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le Brésil. Cette envergure internationale ainsi que le caractère innovant, interactif et personnalisable ont séduit deux importants partenaires : Urturn a annoncé mercredi une levée de fonds de 12,5 millions de francs, dont 2,5 millions en provenance de Debiopharm et 10 millions du fonds londonien Balderton Capital.

«Dès notre première rencontre avec l’équipe de Urturn, nous avons compris que leurs idées révolutionneraient la façon dont les gens s’expriment au travers des médias sociaux et nous avons voulu faire partie de l’aventure», dit Barry Maloney, cofondateur de Balderton Capital. Ce fonds a notamment soutenu plusieurs start-up dans le domaine des réseaux sociaux et facilité l'entrée de sociétés européennes sur le marché américain.

Une version Androïd suivra

«Ce service ouvre de nouvelles perspectives de communication faisant la part belle à l’efficacité des images et à la spontanéité de l’expression», explique pour sa part Thierry Mauvernay, administrateur délégué de Debiopharm Group. Le groupe spécialisé dans la pharma cherchait à investir dans d'autres créneaux porteurs d'avenir. Leur choix s'est porté sur leurs «compatriotes romands» de Urturn.

«La priorité désormais reste d’agrandir notre communauté. Par quel moyen : notre service internet et notre appli sont plus ludiques, plus riches et plus visuels que les réseaux traditionnels. Et dans le même temps, nous continuerons à innover. Car dans ce domaine, celui qui n’innove pas recule», avertit Mathieu Fivaz. Et l'une des prochaines étapes pourrait être le développement de l'appli Androïd. «Priorité a été donnée à l'iPhone car c'est sur ces matériels que les plus grands succès des applications sont nés... mais la version Androïd suivra», prévient Mathieu Fivaz.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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