Bilan

La réalité virtuelle au service du marketing

Le casque Oculus Rift se révèle un outil marketing prometteur, que teste notamment le luxe. Etape suivante: la 3D dans les points de vente.
  • Oculus Rift, un casque à réalité virtuelle de plus en plus utilisé par les start-up.

    Crédits: Benjamin Torode/Getty
  • La Voie lactée virtuelle que les visiteurs ont pu découvrir au stand Jaeger-LeCoultre.

    Crédits: Dr

Lors du récent Salon international de la haute horlogerie (SIHH), le stand de Jaeger-LeCoultre projetait les visiteurs dans la Voie lactée. Virtuellement, il va sans dire. Dans l’œil d’un télescope conçu pour l’événement, le public évoluait dans un planétarium interactif qui, au gré des astres, présentait la nouvelle gamme de l’horloger suisse.

«L’objectif était de proposer une véritable expérience immersive en relief, pour représenter la relation entre l’infiniment petit des calibres horlogers et l’infiniment grand des phénomènes astraux», explique Arnaud Grobet, managing partner d’Emakina, l’agence en charge du projet qui a développé pour l’occasion une application intégrant la technologie de simulation interactive Google Cardboard.

Si le jeu en 3D Second Life avait piqué la curiosité des marques au début des années 2000, l’intérêt s’était vite émoussé. Ces dernières années, la réalité virtuelle fait cependant son retour, notamment dans le luxe, pour des opérations marketing de grande envergure, comme les salons professionnels.Un essor stimulé par les nouvelles applications de jeux vidéo en 3D, mais aussi par l’émergence de dispositifs tels qu’Oculus Rift. 

En Suisse, des start-up innovantes emploient ce casque à réalité virtuelle. C’est le cas du studio de production numérique genevois Apelab, ou encore du projet Birdly, le simulateur de vol d’oiseau conçu au sein de la Haute Ecole d’art de Zurich. «Emakina a intégré l’ensemble des compétences nécessaires pour concevoir des installations interactives mêlant expériences Oculus Rift, mapping 3D et interactions gestuelles et multitactiles», indique Arnaud Grobet. 

C’est via les fameuses lunettes Oculus Rift que l’horloger Roger Dubuis a proposé, au SIHH, une immersion en 3D dans l’univers de la marque et de ses nouveaux produits. «Nous adaptons la technologie à notre thématique annuelle, explique son directeur de création Alvaro Maggini. En 2015, il nous fallait développer un monde virtuel qui reflète notre «année du squelette astral». Dans ce type de projets innovants, il est important de savoir exactement ce que l’on veut obtenir.»

«Depuis son rachat par Facebook (en 2014 pour 2 milliards de dollars, ndlr), la société Oculus VR bénéficie d’une belle visibilité, constate David Sadigh, fondateur de Digital Luxury Group, une agence spécialisée dans le conseil en marketing digital pour les enseignes haut de gamme. La tendance prend de l’ampleur. Certains de nos clients ont recours à la réalité virtuelle pour développer des projets internes.»

Opportunités dans les points de vente

Si de nombreuses entreprises testent les opportunités promotionnelles qu’offrent ces univers virtuels, peu parmi elles parviennent à créer un réel engagement avec l’utilisateur, au-delà du pur divertissement. Seules les marques qui, comme la pionnière Burberry, privilégient la stratégie digitale, voire le commerce en ligne, tirent leur épingle du jeu et transforment ce type d’opération marketing en acte d’achat.

Le point de vente physique conserve cependant toute sa pertinence et, d’après nos interlocuteurs, présenterait de belles opportunités pour la réalité virtuelle. «Le client pourrait commander des articles sur place, avec son propre casque Oculus Rift ou un dispositif de réalité augmentée, ce qui intensifierait l’expérience d’achat», projette David Sadigh.

Acheter des biens réels, des lunettes à réalité virtuelle scotchées aux yeux? Ce n’est que le commencement. Il n’empêche que des dispositifs comme Oculus Rift bousculent rapidement les frontières entre l’e-commerce et les points de vente traditionnels.

Dino Auciello

ANCIEN RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

Lui écrire

Dino Auciello a été rédacteur en chef adjoint à Bilan, responsable de bilan.ch, de novembre 2014 à juillet 2017. Il a rejoint Bilan en 2010, après avoir terminé ses études à l’Académie du Journalisme et des Médias de Neuchâtel.

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