Bilan

La patte helvétique dans les mesures sportives

La Fédération Internationale de Football (FIFA) permet l’utilisation de technologies portables depuis 2015. De nombreux fabricants - y compris des Suisses - proposent leur capteurs aux sportifs.

Utilisée par des joueurs de football comme par des skieurs, la technologie FieldWiz permet de recueillir plusieurs données.

Crédits: DR

Moins de blessures, meilleur ciblage des points forts ou faibles du joueur Le port des capteurs connectés est désormais généralisé, même s’il faut compter au moins 300 euros par joueur. Les données récoltées permettent d’adapter les entraînements et de cibler des secteurs dans lesquels les sportifs peinent. Les Suisses ont aussi leur mot à dire dans ce domaine.

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Toujours plus petits et précis, les capteurs rassurent. Si le football utilise ces appareils, des grands clubs aux structures locales, le sport est loin d’être le seul. L’un des problèmes inhérents à ces technologies de pointe est qu’elles nécessitent souvent des experts, pour l’utiliser ou même l’expliquer. «Il ne faut pas qu’il y ait un staff dédié» avertit Lionel Yersin, CEO d’Advanced Sports Instruments (ASI).

Selon le site startupticker.ch, le capteur FieldWiz devient le premier appareil de mesure qui correspond aux attentes de la FIFA, en terme de performance électronique et de système de tracking. Avec son dernier capteur sorti cet automne, les Lausannois ne visent pas seulement les professionnels, puisque pour eux l’utilisation doit rester simple. Certains logiciels présentent des possibilités quasi infinies, la limite étant le temps et le niveau de connaissance des personnes en charge.

Un avertissement également lancé par Marco Cardinale et Matthew C. Varley dans une étude publiée dans Human Kinetics: «Même si un grand nombre de mesures sont disponibles, les utilisateurs doivent limiter leur usage à celles qu’ils comprennent et qui affectent leur programme d’entraînement».

Le diable se cache dans les détails

La fiabilité des données devient une clé de victoire. Même les phases de jeu qui pouvaient être anodines il y a quelques années deviennent une arme de choix dans un match. L’exemple le plus marquant est celui de l’entraîneur des touches Thomas Gronnemark. Le Danois a rejoint l’équipe technique de Liverpool pour transmettre son savoir bien spécifique sur le jeu de touches. Dans un entretien avec la BBC, il confie utiliser un système d’analyse vidéo pour ensuite réfléchir à des améliorations. «Ce qui permet d’augmenter la distance de quatre à huit mètres et de doubler l’aire de lancement».

La plupart des études discutent de la fiabilité de tous ces objets, qui pour certains ne sont pas reconnus médicalement. Les scientifiques s’accordent toutefois à admettre qu’une bonne application et compréhension de ces données peut se révéler vital. La fenêtre de risque de blessure a notamment été conceptualisée par Tim J. Gabbett et Peter Blanch.

Graph-blessure

Le risque de blessure croît à mesure que la charge d’entraînement augmente. L’objectif est pour les athlètes de rester dans la zone verte, synonyme de risque amoindri.

De la simplicité aux complications

Après les mesures «classiques», comme l’accélération, la position sur le terrain ou le rythme cardiaque, viennent des mesures davantage spécifiques. C’est pourquoi des capteurs comme ceux de Catapult existent. Ils visent à tout connaître des plongeons des gardiens, avec l’intensité ou encore la direction des sauts. Toutes ces données, qui étaient jusqu’ici traitées et analysées par des spécialistes ou des intelligence artificielles tendent de plus en plus à être affichées en direct.

«Pour le trail, nous pouvons par exemple voir la position géographique grâce à la connexion au GSM ou au satellite» explique Lionel Yersin. Commercialement, cela devient encore plus intéressant puisque certaines compétitions peuvent gagner en popularité. Le CEO prend l’exemple des courses de parapentes, que n’importe quel curieux peut suivre. 

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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