Bilan

La fondation Schwab sacre l'inventeur de la seringue «intelligente»

Marc Koska figure parmi les 30 entrepreneurs sociaux nommés par la Fondation Schwab en 2015. L’OMS a approuvé en février dernier l’utilisation, partout dans le monde et d’ici à 2020, de sa seringue «intelligente» K1.

Ces nouvelles seringues « intelligentes » pourraient sauver des millions de vies. 

Crédits: TED

La fondation Schwab dévoile ce lundi ses 30 entrepreneurs sociaux pour l’année 2015. Des hommes et des femmes, sélectionnés partout dans le monde, qui partagent tous un même objectif: améliorer le sort de millions d’autres. Parmi eux figure Marc Koska, l’inventeur britannique de la seringue à injection unique K1, dont l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) vient en février 2015 de préconiser l’utilisation partout dans le monde d’ici à 2020, afin de lutter contre la propagation des maladies infectieuses mortelles.

Ces nouvelles seringues « intelligentes », pourvues de dispositifs qui empêchent leur réutilisation, pourraient sauver des millions de vies. Une étude parrainée en 2014 par l’OMS a en effet révélé que pas moins de 1,7 million de personnes avaient été contaminées par le virus de l’hépatite B, 315'000 par le virus de l’hépatite C et 33'800 par le VIH à la suite d’une injection à risque.

«Le monde a cinq ans pour changer la situation (et mettre en pratique la nouvelle politique de l’OMS, ndlr)», explique Marc Koska, contacté à ce sujet. Le prix de la Fondation Schwab pour l’entrepreneuriat social permettra à ce dernier non seulement de participer aux conférences du World Economic Forum, avec lequel la Fondation travaille étroitement, mais aussi de présenter la prochaine phase de son travail, en lien avec l’annonce de l’OMS.

L’histoire de cet entrepreneur social, auteur d’un TED talk l’année dernière visionné un demi-million de fois, est particulière. En 1984, il tombe à l’âge de 23 ans sur un article qui prévoit la transmission du VIH à cause de la réutilisation des aiguilles et des seringues. Fasciné par ce problème, celui qui se décrit comme «n’ayant jamais eu de but dans la vie auparavant» se promet de s’y attaquer.

Après s'être penché sur l’usage des seringues chez les drogués en Angleterre, il se rend à Genève pour étudier la politique de santé publique. Il visite par la suite des usines, découvre les techniques de moulage par injection de matière plastique, et conclut que la production des seringues constitue la clé du problème. C’est ainsi qu’est née la seringue K1, produite avec les équipements existants, à partir des mêmes matériaux et avec le même fonctionnement qu’une seringue normale pour que les professionnels de la santé n’aient pas à être reformés. Mais avec une toute petite modification qui rend sa réutilisation impossible grâce à un système de verrouillage et de rupture.

Un générique pour les injections sûres

L’homme, père de 3 enfants, a aujourd’hui fait fortune grâce à son invention. Mais il n’en travaille et voyage pas moins. «Les deux premiers mois de cette année ont été terribles. J’ai été au Cambodge, en Afrique du sud, au Kenya, en Inde, en Suisse trois ou quatre fois, en Allemagne... J’ai maintenant un mois à la maison et je recommencerai en avril avec les États-Unis et l’Inde.» Son équilibre travail et vie personnelle? «Je n’en ai pas et je n’essaierai même pas d’en avoir », dit-il en riant. «C’est impossible. On doit simplement faire ce que l’on doit faire.»

Fondateur de l’organisation caritative Safepoint, qui travaille principalement dans les pays en développement pour informer le public du danger des injections à risque, il promeut «LifeSaver», la marque de ses seringues, en espérant qu’elle deviendra à l’avenir un générique pour les injections sûres.

Ses conseils aux jeunes entrepreneurs sociaux pour réussir? «Numéro un: ne vous attendez pas à avoir une Ferrari! Non, je ne sais pas, c’est une question très difficile.»

Après réflexion, il relève trois éléments: être fidèle à sa propre vision, avoir une bonne dose de persistance et être innovant pour trouver des solutions. «J’ai parlé aux meilleurs spécialistes dans le monde en propriété intellectuelle, en finance, technologie, machines, publicité, marketing, distribution...» Sans devenir expert dans tous ces domaines, avoir la capacité de les comprendre et d’aligner tous ces intérêts différents le long d’une même histoire accroît les chances de succès, pense notre interlocuteur.

 

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