Bilan

La finance ne doit pas craindre les start-up

La montée en puissance des start-up fait craindre à certains une bulle spéculative préalable à un éclatement boursier similaire à celui de 2000. Pour la Harvard Business Revue, une analyse comparée des deux phénomènes contredit cette hypothèse.
  • La croissance des start-up fait craindre une bulle spéculative à certains.

    Crédits: Image: Reuters
  • Pourtant, le risque d'éclatement d'une nouvelle bulle spéculative est très limité, selon la Harvard Business Revue.

    Crédits: Image: Reuters
  • Le nombre de start-up dont la valeur nominale dépasse le milliard de dollars semble plus important en 2014 qu'en 1999, mais il est comparable quand on tient compte de l'inflation.

    Crédits: Image: Wall Street Journal

Récemment, le Wall Street Journal et Dow Jones VentureSource estimaient que 37 start-up ont déjà atteint une valorisation d'un milliard de dollars (dont 25 pour les USA). Le Nasdaq a également enregistré des hausses majeures ces derniers mois. Ce qui fait craindre à certains analystes que la Dotcom bubble ne se reproduise. Mais peut-on vraiment comparer cette première bulle spéculative sur les valeurs du web des années 1990 et l'émergence de nouveaux géants de la net-économie aujourd'hui?

Pour la Harvard Business Revue, les deux situations ne sont pas comparables. Certes, la valeur nominale 2014 dépasse largement celle de 1999: 18 entreprises avaient atteint cette valeur en 1999, et 25 en 2014. Mais l'auteur de l'étude met immédiatement en perspective cette valeur faciale avec une valeur corrigée de l'inflation qui ramène la valeur 2014 en deçà de celle de 1999: elles ne sont plus que 15 début 2014, en dollars de 1999, qui équivaut à 1,35 dollar aujourd'hui pour 1 dollar de 1999.

Certes, si le volume de start-up valorisées à un milliard de dollars ou plus n'est plus largement supérieur, il reste comparable. Mais l'auteur fait intervenir un autre critère pour rassurer les investisseurs: le rapport entre valorisation et chiffre d'affaires. Le professeur Jay Ritter, de l'Université de Floride, a comparé ces données pour les start-up valorisées à un milliard de dollars ou plus, et établi un distingo avec la situation de 1999.

A l'époque, les 18 entreprises de cette catégorie avaient une valorisation cumulée 26,5 fois supérieure à leur chiffre d'affaires cumulé. Aujourd'hui, le ratio est de 5,6 fois le chiffre d'affaires. La valorisation est donc davantage en rapport avec la réalité des ventes aujourd'hui qu'à la fin du XXe siècle.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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