Bilan

La deep tech suisse séduit les investisseurs

Le déplacement du capital-risque européen vers les technologies de rupture, deep tech, se confirme. En la matière, la Suisse arrive en troisième position des capitaux levés sur le continent ces cinq dernières années.
  • Au centre, le CEO de Roivant Vivek Ramaswamy. La biotech bâloise vient de lever plus d'un milliard en août.

    Crédits: DR
  • La Suisse se hisse au troisième rang européen pour l'investissement dans la deep tech.

    Crédits: Dealroom.co

Deep tech, le terme défraie la chronique technologique. Et pour cause: l’innovation se centre de manière croissante sur les technologies dites de rupture au détriment de l’innovation digitale (plateformes, applications, internet 2.0 notamment), qui exploitait avant tout l’infrastructure existante. Depuis 2016, le recentrage sur la recherche à forte intensité capitalistique s’accélère, porté par une convergence de technologies de pointe (big data, intelligence artificielle, biotech génétique, internet des objets ou encore blockchain). Enjeu: redessiner des secteurs clés de l’économie, tels que la mobilité, la santé, l’énergie, la finance en particulier.

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D’après un rapport récent de dealroom.co, plateforme et base de données sur le capital-risque européen, l’évolution de l’investissement en Europe confirme la tendance du déplacement de l’innovation depuis le web vers les centres de recherche. Alors que deep tech, fintech, healthtech et software entreprises avaient levé 1,9 milliard en Europe en 2012, le chiffre devrait atteindre 11,3 milliards en 2017. Un chiffre en hausse de 50% depuis 2015, porté par la deep tech qui devrait peser à elle seule 4,6 milliards cette année (deux fois plus qu’en 2016).

L'investissement dans les technologies de rupture prend le pas sur le web.

Dans le même temps, les technologies web (notamment des plateformes de distribution dans les secteurs de la mode, de la nourriture, des voyages…) sont passés de 1,1  à 3,67 milliards. Une croissance plus modeste, qui masque en réalité un plafonnement: depuis 2015, année record, l’investissement a baissé de près de 10%.

L’écosystème suisse est attractif, mais va devoir confirmer

Dans cette mutation de l’innovation, la Suisse semble tirer son épingle du jeu et convaincre les investisseurs, selon le rapport de dealroom.co. Entre 2012 et 2017, la deep tech suisse a levé 1,5 milliard, derrière Israël et le Royaume-Uni, mais devant la France et l’Allemagne.

La Suisse arrive en troisième position des levées de fond dans la deep tech depuis 2012.

Toutefois, le nombre de deals -132, élevé pour la taille du pays- reste trois fois inférieur à celui des deux grands voisins. La Suisse a pu s’appuyer sur la levée de fonds exceptionnelle de 1,1 milliard en août de cette année de la biotech bâloise Roivant, auprès d’un pool d’investisseurs dont SoftBank et Viking Global Investors. Une transaction classée par dealroom.co comme la plus conséquente de l’année sur le continent européen, et qui participe largement au très bon résultat de la Suisse.

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Joan Plancade
Joan Plancade

JOURNALISTE

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Diplômé du master en management de l’Ecole supérieure de Commerce de Nantes, Joan a exercé pendant sept ans dans le domaine du recrutement, auprès de plusieurs agences de placement en France et en Suisse romande. Collaborateur externe pour Bilan, Il travaille en particulier sur des sujets liés à l’entreprise, l’innovation et l’actualité économique.

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