Bilan

La 3D s'invite dans la haute couture

L'impression 3D a quitté les fab labs depuis quelques mois pour s'inviter dans le quotidien. L'univers de la haute couture n'échappe pas au phénomène. Illustration avec Dita von Teese, Iris van Herpen et les Snow Angels de Victoria's Secret.

Reproduire des objets existants, c'est l'une des applications possibles des imprimantes 3D. Mais pour ceux qui ne veulent se contenter de copier, la création est également possible. Et l'un des domaines où les créateurs ont le plus de libertés reste sans doute la haute couture.

L'univers des créateurs de mode ne pouvait rester longtemps indifférent à l'impression 3D: liberté de création,facilité d'exécution, mesures personnalisées, rapidité de production,... Les avantages sont nombreux dans un univers qui s'est affranchi ces dernières années des codes traditionnels liés aux matériaux et aux contraintes que ceux-ci généraient.

Ainsi, les inspirations des designers se heurtaient souvent aux défis de la légèreté avec des robes défiant les lois de la gravité. Et quand il s'agissait de réaliser ces pièces uniques, la complexité technique freinait les ambitions. Avec l'impression 3D, les dessinateurs peuvent imaginer des structures parmi les plus hardies et les réaliser en quelques heures.

La première à avoir franchi le pas est la showgirl Dita von Teese. L'artiste américaine a défilé au printemps 2013 vêtue d'une robe imprimée via cette technique. Pour le créateur Michael Schmidt, qui a imaginé la robe, "la beauté de cette technologie, c'est que vous pouvez créer des formes qu'il est impossible de créer ou même d'imaginer par d'autres procédés. La main de l'homme ne peut tout faire et être relayé par les technologies et inventions permet de repousser les barrières. Ce procédé permet d'inventer et de réaliser des objets qui ne sont plus limités que par l'imagination de celui qui les conçoit".

Après Michael Schmidt, c'est la créatrice Iris van Herpen qui a pris le relais. Juste avant l'été, elle a fait défiler des mannequins vêtus de sa première collection complète de prêt-à-porter. Et la plupart de ses créations faisaient appel à l'impression 3D.

Pour la Néerlandaise, très inspirée par la science et les mathématiques dans ses créations, faire appel à l'impression 3D semblait couler de source. Depuis son petit atelier donnant sur le port d'Amsterdam, elle a don imaginé des formes audacieuses, collerettes de pics et vagues légères, puis à travaillé avec un architecte Philip Beesley, pour réaliser ses idées.

Pour elle, l'impression 3D n'a pas servi à gagner du temps (les robes faisant appel à cette technologie ont mis huit mois à être réalisées contre trois mois pour ses tenues traditionnelles), mais à repousser les limites techniques qui corsetaient jusque-là ses réalisations.

Haute couture avec Charles Schmidt, prêt-à-porter avec Iris van Herpen. Mais quid du grand public? L'impression 3D dans l'univers de la mode n'est-il encore limité qu'aux clientèles fortunées qui peuvent se payer des robes de créateurs? La marque de lingerie Victoria's Secret a balayé cette perception le 10 décembre avec son défilé des Snow Angels.

Pour l'occasion, les célèbres mannequins de la marque américaine avaient revêtu des ailes et des corsets créés via l'impression 3D. Le désigner Bradley Rothenberg a répondu positivement à l'invitation de Lori Greeley, patronne de Victoria's Secret, qui souhaitait innover pour sa présentation new-yorkaise.

Bradley Rothenberg a donc imaginé des structures formées de figures fractales impossibles à exécuter avec des matériaux traditionnels. L'impression 3D lui a permis de coller au plus près du corps des mannequins sans les emprisonner pour autant dans des cages rigides. Le résultat: des corsets blancs finement échancrés et épousant à merveille et en souplesse les lignes de celles qui les portent.

Et loin de la banalité des matériaux plastiques et autres polymères utilisés habituellement par l'impression 3D, ces créations ont fait appel à des milliers de cristaux Swarovski disséminés sur les tenues des modèles.

Swarovski n'en était pas là à son coup d'essai. Au printemps déjà, la création de Michael Schmidt s'était faite en coopération avec le géant autrichien des bijoux en cristal. Plus que toute autre marque, Swarovski semble avoir pris la mesure des potentiels de l'impression 3D dans cet univers.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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