Bilan

La vente crypto d’objets design fait ses premiers pas en Suisse

Cette année, rares sont ceux à passer à côté des œuvres d’art digitales vendues plusieurs millions grâce aux NFT (jetons cryptographiques). Les designers suisses ne font pas exception et s’y essaient à leur tour.

«Côtes Mécaniques», la première horloge murale NFT.

Crédits: Studio Raphaël Lutz

Il y a d’abord eu la vidéo artistique représentant Donald Trump couché nu sur l’herbe, cédée en février à 6,6 millions de dollars, puis, dans la lignée, un collage de 5’000 images numériques signé par l’artiste américain Beeple et acquis pour 69,3 millions de dollars lors d’une vente aux enchères Christie’s le 11 mars dernier. Plus récemment, ce sont les chips Pringles dans une animation web baptisée «CryptoCrisp» qui ont fait valser les prix.

Des prix qui atteignent désormais des sommets pour des œuvres numériques vendues...en ligne. Un phénomène nouveau et mondial qui doit son succès à une technologie stockée sur la blockchain: les NFT (non-fungible token). Autrement dit, des jetons cryptos qui ouvrent une nouvelle voie sur le marché de l’art en rendant toute œuvre unique via un certificat d’authenticité numérique. Tout le monde peut alors copier ou télécharger la création d’un artiste mais seul le propriétaire de l’objet détient la clé NFT, c'est-à-dire la version originale.

NFT

Bien que les ventes d’art numérique via NFT ne datent pas d’hier (2017), leur essor s’est pourtant accéléré l’an dernier avec une augmentation de 2’800%. Dans une étude récente, l’agrégateur de données NonFungible.com a relevé un total de 983 millions de dollars de transactions en NFT rien que sur les deux premiers mois de l’année, soit près de cinq fois plus que sur l’ensemble de l’année passée. Une tendance qui ne risque pas de retomber de sitôt, si bien qu’une galerie physique entièrement dédiée à des œuvres numériques dites «NFT» s’est ouverte à New York ce jeudi.

NFT chiffres

De l’e-horlogerie aux enchères

Conscients de l’opportunité qu’offre cette technologie, le designer vaudois Raphaël Lutz, accompagné du créatif Salvatore Mandrà et de leur équipe de 5 personnes se sont décidés à tenter le coup. Démarrée samedi soir, une vente aux enchères sur la plateforme Ribble donne la possibilité à tout à chacun de se procurer l’unique version de «Côtes Mécaniques», la première horloge murale NFT.

Horloge murale

Avant-gardiste tout en respectant la tradition suisse de l’horlogerie, le bureau de design basé à Ecublens a mis cinq années à développer cet objet design numérique qui sera d’abord vendu en NFT à un unique détenteur afin de financer le développement du produit physique. «Cette horloge murale est une animation de 30 secondes à projeter sur un écran TV qui représente le dialogue entre les secondes, les minutes et les heures dans trois cercles concentriques. Chacun court l’un après l’autre et les effets visuels obtenus sont hypnotisant», décrit le designer Raphaël Lutz.

Premier bureau de design de Suisse à vendre ses créations sur une plateforme de NFT, Studio Raphaël Lutz compte d’ores et déjà renouveler l'expérience. «Plus qu’une variante crypto démocratisée sur laquelle surfer, ces NFT sont un réel outil pour nous, créateurs. Grâce au caractère sécuritaire que procure cette transaction, nous pouvons enfin protéger notre créativité et la propriété intellectuelle des artistes», témoigne le Vaudois.

Avant d’ajouter: «Depuis quelques mois, les acheteurs potentiels ne peuvent plus se déplacer et visiter nos galeries. C’est également un moyen d’explorer un nouveau pan du design, celui 2.0.» Ainsi, dans un monde de plus en plus dématérialisé et globalisé, se dessine en Suisse les contours d’une nouvelle expérience dans la vente d’art et de design, destinée tant aux passionnés, aux collectionneurs qu’aux spéculateurs.

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Julie Müller

Journaliste à Bilan

Lui écrire

Du Chili à la Corée du Sud, en passant par Neuchâtel pour effectuer ses deux ans de Master en journalisme, Julie Müller dépose à présent ses valises à Genève pour travailler auprès de Bilan. Quand cette férue de voyages ne parcourait pas le monde, elle décrochait des stages dans les rédactions de Suisse romande. Tribune de Genève, 24 Heures, L'Agefi, 20minutes ou encore Le Temps lui ont ainsi ouvert leurs portes. Formée à tous types de médias elle se spécialise actuellement dans la presse écrite économique.

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