Bilan

La fièvre des livraisons s’empare des Suisses

Tandis que l’économie du pays est ébranlée par le coronavirus, les plateformes de livraison de repas font face quant à elles à une demande inouïe.

Le nombre de livreurs a augmenté lui aussi.

Crédits: UberEats

Avec le Covid-19, les personnes âgées, les profils fragilisés, les individus présentant des symptômes, les moins téméraires et enfin ceux qui suivent tout simplement les préconisations fédérales sont confinés pour une période indéterminée.

Autrement dit, une bonne partie de la population helvétique, qui, depuis lundi, a été contrainte de trouver des modes de consommation alternatifs. En particulier à l’heure des repas. Au fil de la semaine, on a alors pu observer les allées de nos supermarchés se vider de leurs clients et les rues de nos villes se peupler de livreurs en tout genre.

Le boom du service à domicile

Parmi les nombreuses plateformes présentes sur le marché de la livraison de repas, la dernière arrivée, Menu Casa, a profité de cette tendance. «Nous produisons nos plats sur notre site d’Ecublens. Pour le moment, nous suivons la cadence mais le nombre de commandes a tout de même doublé cette semaine», commente sa porte-parole, Corinne Harder.

Même constat chez Takeaway.com, qui a dû s’adapter elle aussi, mais davantage vis-à-vis de ses partenaires, les restaurateurs. «Certains d’entre eux ont choisi de fermer leurs portes le temps de la crise. En parallèle, de nouveaux établissements se sont tournés vers nous ces derniers jours pour maintenir un certain niveau d’activité», précise leur communicante, Ania Bielecka.

A son tour, Smood.ch, le leader genevois, témoigne d’une activité dopée depuis lundi. «Nos services sont nécessaires pour aider les habitants mais également pour soutenir les restaurants dans cette période difficile. Pour être efficace face à cette demande, nous avons dû augmenter notre flotte de livreurs de 60%», indique Bastian Heer, chef marketing chez Smood.ch. La plateforme de livraison est allée plus loin encore que la restauration, puisqu’elle épaule Le Shop de la Migros qui est actuellement submergé d’achats en ligne (rien que pour les deux prochaines semaines, les créneaux de livraison sont d’ores et déjà complets). 

«Cette offre complémentaire a aussi été prise d’assaut depuis le début du confinement», ajoute Bastian Heer. Côté finances, Smood.ch a choisi d’inscrire ses nouveaux partenaires gratuitement et d’offrir aux commanditaires les frais de livraison jusqu’à nouvel ordre. Un élan de solidarité qui a été suivi par UberEats qui offrira la gratuité de ses services aux clients jusqu’à la fin du mois.

Livrer, un acte citoyen

Certes, les plateformes de livraison voient leurs bénéfices grimper en flèche grâce au coronavirus mais cela ne veut pas dire qu’elles ne donnent pas en retour. Hop delivery, qui a vu son chiffre d’affaires bondir de 70% en début de semaine, a par exemple réduit drastiquement sa commission imposée aux restaurateurs. Plus fort encore, la société a créé ce mardi Geneva Friends, un site sans but lucratif pour venir en aide aux personnes confinées. 

«Il suffit de remplir le formulaire de commande en ligne ou par téléphone, noter sa liste de courses, puis les cinq coursiers mis à disposition par Hop Delivery et la quinzaine de bénévoles s’activent pour vous», assure Vincent Moret, co-fondateur de Geneva Friends. Totalement gratuite, la livraison à domicile rencontre déjà un grand succès chez les personnes âgées.

L’Unique Livraison, quant à elle, continue ses courses éco-responsables. Notamment en livrant à vélo ses plats végétariens à base de produits locaux et servis dans des récipients en verre. «Avant l’épidémie, nous déposions déjà les repas dans les boîtes à lait des destinataires. Cela nous a permis d’éviter de repenser le format de la livraison», souligne Jules Charles, l’un des co-fondateurs. Effectivement, les plateformes ont du prendre des mesures sanitaires pour protéger leurs livreurs. La principale adoptée étant le dépôt «sans contact».


Autre acteur de la branche a s’être démarqué ses derniers jours: Le groupe m3. Afin de limiter le chômage technique, celui-ci a mis en place avec l’un de ses restaurants, la livraison gratuite de plats aux hôpitaux, pharmacies et toute entreprise encore en activité avec un menu à prix réduits durant la crise. Fabrice Eggly, porte-parole de m3 Groupe ajoute: «Nous avons décidé d’offrir au collectif d’hébergement d’urgence CausE, 150 repas par jour durant un mois.» Un geste envers la population démunie de toit qui pourra, de ce fait, profiter elle aussi de l’essor de la livraison.

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Julie Müller

Journaliste

Lui écrire

Du Chili à la Corée du Sud, en passant par Neuchâtel pour effectuer ses deux ans de Master en journalisme, Julie Müller dépose à présent ses valises à Genève pour travailler auprès de Bilan. Quand cette férue de voyages ne parcourait pas le monde, elle se débrouillait pour dégoter des stages dans les rédactions de Suisse romande. Tribune de Genève, 24 Heures, L'Agefi, 20minutes ou encore Le Temps lui ont ainsi ouvert leurs portes. Formée à tous types de médias elle tente peu à peu de se spécialiser dans la presse écrite économique.

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