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La Chine fustige les attaques «immorales» contre Huawei

De passage à Bruxelles, le chef de la diplomatie chinoise en a profité pour répondre aux attaques de l'UE contre Huawei. Il juge ces accusations d'espionnage «anormales et immorales» et en appelle à une «concurrence juste et équitable pour les entreprises».

Huawei nie les allégations selon lesquelles ses équipements pourraient être utilisés à des fins d'espionnage.

Crédits: AFP

Le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi a fustigé lundi à Bruxelles les attaques «anormales et immorales» contre le groupe Huawei, dénoncé par les Etats-Unis comme un risque pour la sécurité des communications de l'Occident. Wang Yi a exigé un «environnement de concurrence juste et équitable» pour les entreprises chinoises lors d'une rencontre avec les ministres des Affaires étrangères de l'UE.

Son appel intervient alors que Washington intensifie la pression sur ses alliés, en particulier en Europe, pour qu'il ne lance pas d'appels d'offres pour des réseaux de télécommunications rapides de cinquième génération, ou 5G, en raison des liens de l'entreprise avec le gouvernement chinois. «La Chine espère que tous les pays créeront un environnement de concurrence juste et équitable pour les entreprises de tous les pays» , a déclaré M. Wang à la presse. «Ce à quoi nous nous opposons, ce sont des accusations infondées à des fins politiques et des tentatives de faire tomber une entreprise étrangère. Nous pensons que de telles pratiques sont anormales, immorales et n'ont pas le soutien d'autres pays», a-t-il précisé.

Menace pour l'Europe

Huawei nie les allégations selon lesquelles ses équipements pourraient être utilisés à des fins d'espionnage et le Premier ministre chinois Li Keqiang a insisté vendredi sur le fait que Pékin ne demanderait «jamais» à ses entreprises d'espionner d'autres nations. Une loi récemment promulguée par Pékin obligeant les entreprises chinoises à aider le gouvernement sur la sécurité nationale a renforcé les inquiétudes concernant Huawei au moment même où les pays européens commencent à planifier les infrastructures de la 5G.

Les Etats-Unis ont déclaré que l'entreprise représentait une «menace» pour l'Europe et la semaine dernière, le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a dit que l'Alliance prenait ces préoccupations au sérieux. Plusieurs pays occidentaux ont interdit à Huawei de soumissionner pour des appels d'offres 5G. Le chef de la diplomatie chinoise a exhorté l'Europe à ne pas se laisser influencer par la pression américaine. «Nous espérons et nous croyons que les pays européens et d'autres pays feront leur propre choix de façon indépendante et auront leur propre jugement», a-t-il dit. 

Un plan en dix points

M. Wang a également réagi à la publication, la semaine dernière, d'un nouveau document politique de l'UE qui plaide pour des relations plus affirmées avec Pékin. Le plan en dix points préconise des liens plus équilibrés et avertit que la Chine, principal partenaire commercial de l'UE, est aussi un «rival». La Chine et l'UE sont des «partenaires stratégiques globaux», a insisté M. Wang en présentant son propre plan en dix points pour une coopération accrue. La cheffe de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini, a souligné les points communs entre les deux parties et a insisté sur le fait que le document politique présenté la semaine dernière visait principalement à informer les Etats de l'UE.

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