Bilan

La blockchain tient la vedette à Palexpo

La deuxième édition du Geneva Blockchain Congress a lieu le 20 janvier. L’occasion de débattre de l’avenir de cette technologie et surtout de lui offrir un cadre.

L’événement (ici en 2019) réunira une centaine d’intervenants.

Crédits: Violaine Martin

Plusieurs villes cherchent à être la capitale de la blockchain. Zoug a déployé des efforts, tout comme Neuchâtel et Genève. Cette dernière marquera des points lundi 20 janvier en abritant le Geneva Blockchain Congress. Un événement, dont Bilan est partenaire, qui voit se réunir une centaine d’intervenants, en plus du public. Les thèmes principaux? «La santé, puisque beaucoup de choses
se font dans ce domaine. Sans oublier les questions éthiques qui vont avec», affirme Adeline Beaux, directrice du congrès.

Autre question centrale cette année: les monnaies numériques stables (stablecoins). Ces cryptomonnaies sont créées de manière à limiter leur volatilité, et donc à éviter les fluctuations qu’a pu connaître par exemple le bitcoin. L’une d’elles, particulièrement controversée, a d’ailleurs vu le jour à Genève en octobre 2019: il s’agit de la libra, de Facebook. Le directeur opérationnel de l’association Libra, Bertrand Perez, sera présent au congrès pour parler des stablecoins et de leur régulation. Lui qui avait déclaré lors d’une conférence: «Le but est de faire aux systèmes de paiement ce qu’internet a fait aux télécommunications.»

Une révolution en matière d’envoi d’argent à l’étranger se prépare donc. Mais elle est confrontée à de nombreuses barrières, dont les défis de sa régulation ou encore la frilosité du secteur bancaire. «L’an dernier, il était difficile de faire venir des banques», confie la directrice du congrès. Pour cette seconde édition, banques nationales (Suisse, France et Lituanie – un pays très avancé sur ces questions) et privées font cette fois le déplacement. Parmi les intervenants, Katie Richards, head digital custody and training auprès de Falcon Private Bank, voit la blockchain comme une technologie intéressante car «elle crée naturellement des processus efficients qui bénéficient à plusieurs fonctions au sein d’une organisation». L’experte cite de multiples cas dans lesquels elle facilite la vie des banques, améliore la sécurité des transactions et la qualité des données, ou permet d’optimiser le capital.

Et les arnaques?

Si un bon nombre d’entreprises utilisant la blockchain ont été fondées entre 2017 et aujourd’hui, 47% d’entre elles avaient déclaré faillite au milieu de l’année 2018. Une purge bienvenue dans un milieu nouveau, qui a aussi connu son lot d’arnaques. Pour le Geneva Blockchain Congress, cette particularité du secteur nécessite une attention redoublée afin de dénicher les entrepreneurs fiables. «C’est très dur de les identifier», tranche Adeline Beaux. Le comité éditorial s’est réuni deux fois par mois. «Evidemment, nous avons dû écarter des personnes ou des sociétés» admet Adeline Beaux.

Environ 10% des entreprises auraient aujourd’hui investi dans la blockchain. Vincent Pignon, fondateur
du Wecan Group, estime que la technologie fera sa place. «Comme internet, la blockchain va s’imposer d’elle-même et sera bientôt utilisée dans toutes les industries.» Reste à convaincre sur plusieurs plans. Pour Katie Richards, de Falcon Private Bank, ce sont aujourd’hui les défis légaux, d’infrastructures, opérationnels et régulatoires qui doivent être relevés. Elle précise que «les banques, institutions et la fintech travaillent en ce moment séparément avec la nouvelle technologie, ou en collaboration, sur ce qui semble une course à être le premier à arriver à un cas pratique.» Autrement dit, il n’existe pas de cahier des charges clair et approuvé par tous pour l’inclusion de la blockchain dans le secteur. D’où l’intérêt de multiplier les discussions avec les partenaires et concurrents. L’envie de créer des standards est bien présente au sein du comité d’organisation de l’événement, mais aussi au niveau du public. «Le Geneva Blockchain Congress offre une excellente occasion de faire un bilan collectif des progrès accomplis dans le transfert des applications de la blockchain «from lab to field» (du laboratoire au terrain, ndlr) et des enjeux pour accélérer l’adoption en 2020, afin de tirer pleinement parti de son potentiel», affirme Jessica Camus, cheffe des partenariats et de l’impact au sein de la plateforme de services numériques et de blockchain Diginex.

Katie Richards, head digital custody and training auprès de Falcon Private Bank. (Crédits: Dr)

Qu’apporte Genève?

A la question «Pourquoi Genève?», Adeline Beaux trouve rapidement une réponse: «Pierre Maudet a la volonté de placer Genève sur le plan international en matière de blockchain.» La directrice du congrès estime que la Cité de Calvin peut s’appuyer sur la présence d’organisations internationales, un écosystème dynamique et un cadre légal novateur. L’Organisation mondiale de la santé, par exemple, sera représentée au Geneva Blockchain Congress. «Le but est vraiment de mettre en relation les acteurs de trois mondes, l’économie privée, le légal et les gouvernements et Nations Unies.» D’autant que la blockchain genevoise est davantage axée sur les applications de la technologie, plus que sur les cryptomonnaies comme à Zoug. «Nous avons autant d’intervenants de Zurich que de Genève», précise Adeline Beaux. «J’ai connaissance d’organisations qui ont développé ces derniers mois des solutions d’entreprise et semblent maintenant prêtes à parler de leur projet en public et ce sera donc un sujet d’intérêt particulier pour moi», confie Jessica Camus.

* Geneva Blockchain Congress, lundi 20 janvier, Palexpo, de 8 h 30 à 18 h.
Rens.: genevablockchaincongress.com
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* Un webdoc en anglais, consacré à la blockchain, a été réalisé par Bilan à l’occasion de cet événement.
Découvrez-le à l’adresse webdoc.bilan.ch/blockchain-revolution/

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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